CPI : les audiences des 1, 2 et 3 octobre 2018

Interventions de la Défense reportées au 12 novembre

 

 

 

 

 

 
L'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 
regroupe des personnes de toutes origines et sensibilités
souhaitant faire connaître la personnalité et l'oeuvre de Laurent GBAGBO
 

 

L'onde de choc qui a fait suite au dénouement violent de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire et le transfèrement tout aussi inattendu du Président Laurent GBAGBO à la Haye ont suscité une vague d'émotion qui s'est exprimée à travers de vives protestations en Côte d'Ivoire, en Afrique et quasiment partout dans le monde. Cela a donné lieu à des initiatives nombreuses et variées d'amis et d'associations patriotiques ou panafricaines.

Tous ceux qui se reconnaissent dans les idées et l'action de Laurent GBAGBO se sont organisés pour réclamer sa mise en liberté. Scandalisés par l'image sordide et volontairement haineuse véhiculée à son encontre, mais aussi par la négation éhontée et caricaturale des efforts inlassables qu'il a déployés pour maintenir la paix dans son pays dix années durant, ils ont décidé de mutualiser leur volonté d'agir pour faire découvrir ou redécouvrir l'homme, l'intellectuel et le dirigeant politique.

Cette volonté a donné naissance à l'Association des amis de Laurent GBAGBO. Elle se propose de sensibiliser l'opinion publique partout dans le monde sur le caractère injuste et infamant des accusations portées contre sa personne et de rétablir la réalité des faits sur son oeuvre, mais aussi sur son rôle, pour aboutir à sa réhabilitation par-delà sa libération.

Un examen, même rapide, de son action politique montre que rien n'a jamais été assez cher pour Laurent GBAGBO lorsqu'il s'est agi de faire triompher par la voie démocratique le respect de la pluralité des opinions dans son pays. De la même façon, rien n'a été trop cher à cet humaniste de conviction quand il s'est agi d'associer les Ivoiriens de toutes origines à la construction d'un destin national commun. Visionnaire dans une Afrique qu'il souhaite ne plus être, pour le monde, une simple variable d'ajustement politique et économique, il a proposé une intense coopération à l'échelle du continent pour intégrer les économies et accélérer l'émergence d'une identité africaine qui manque aujourd'hui.

L'Association, par la voix de son bureau, de son comité d'honneur et de l'ensemble de ses adhérents, agit pour que soit rétablie la vérité sur la personnalité et sur l'oeuvre de Laurent GBAGBO, fort éloignée de l'image qu'on a désespérément tenté d'imposer.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la place de Laurent GBAGBO n'est pas à la Cour Pénale Internationale. Le maintenir en détention comme c'est actuellement le cas demeure le plus sûr moyen de faire obstacle à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut en effet se construire que sur la confiance mutuelle.

Laurent GBAGBO est sans doute la chance de la Côte d'Ivoire actuelle, mais aussi de l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'à l'évidence il semble être le seul anticonformiste qui croit à un apport typiquement africain dans ce monde qui s'interroge sur son futur.

Dès lors, atteindre nos objectifs, à savoir sa libération et sa réhabilitation, contribuera à défendre les idéaux de dignité humaine et de vérité.

 

Raphaël DAGBO
Président de l'Association des amis de Laurent GBAGBO

 

 
 

Adhérer à l'Association des Amis de Laurent Gbagbo

 
 
 
La MACA, destination finale pour l’opposition en Côte d’Ivoire ?
 
Monsieur KANON Blé Serge incarcéré depuis 2011 à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) par le régime en place en Côte d’Ivoire est mort en détention. Son décès qui vient s’ajouter à d’autres pose la question de savoir si cette prison n’est pas devenue à sa manière « une solution finale » réservée à ceux qui se réclament des idées du Président Laurent Gbagbo.
 
D’abord le chef d’accusation et la condamnation, après avoir été raflé aux encablures du Palais de justice de Yopougon pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » qui lui vaudra dix ans de prison.
Rappelons que la justice ivoirienne, depuis 2011, use et abuse de ce chef d’accusation brumeux et fourre-tout pour se débarrasser en réalité d’opposants au régime et faire peur en les mettant ainsi hors d’état de contester sa gestion. L’imprécision des accusations, le contexte des interpellations, les idées politiques dont se réclament tous ces prisonniers…, tout cela montre qu’il s’agit bien de détenus d’opinion. Beaucoup sont ainsi morts en détention sans que personne ne s’en émeuve dans les cercles du pouvoir installé à Abidjan en 2011 pas plus que ceux qui, à l’international, ont guerroyé pour imposer ce régime aux ivoiriens.
 
Ensuite les conditions inhumaines de la détention de ces opposants.
Ils sont jetés en prison parce qu’ils contestent la répression, le fonctionnement de la justice, la répartition des richesses du pays aux mains d’un petit cercle de privilégiés autour du chef de l’Etat imposé et de sa famille, des consultations électorales verrouillées, des endettements colossaux du pays qui sont en train de compromettre l’avenir, des conditions de vie des citoyens au quotidien, etc. Ces prisonniers politiques sont presque toujours extraits de leurs cellules - quand ils le sont - pour être présentés à un médecin au moment où celui-ci ne peut quasiment plus rien. Ce sont en réalité des ordres d’interventions médicales de pure forme dont l’utilité réside dans une communication politique cynique à l’évidence. Si par miracle les praticiens arrivent à retarder l’échéance fatale, le prisonnier est laissé dans un état de soins palliatifs. Il est très important de souligner que Serge Kanon Blé est mort au final « d’une baisse sévère des constituants de son sang ». Une baisse est un processus qui peut de ce fait être endiguée si l’on s’en soucie à temps. Pour le respect de la mémoire des survivants que les tenants du pouvoir appellent ironiquement « les rescapés », nous ne citerons pas de nom. Chacun sait cependant que ces incarcérations qui touchent toujours les mêmes sont clairement utilisées comme un triste moyen de régulation de la population des opposants.
 
Face à cela, nous sommes toujours surpris que l’on cherche à la Haye des preuves introuvables de crimes contre l’Humanité alors qu’elles foisonnent à la MACA, à la DST et autres lieux de détention et de tortures en Côte d’Ivoire.
 
Monsieur Kanon Serge Blé, comme bien d’autres avant lui, vient de mourir en détention dans une choquante indifférence pourtant si tonitruante en même temps ! N’est-ce pas là l’illustration d’un système politico-judiciaire basé sur l'élimination de l'opposition allant jusqu'à une condamnation à mort certaine ?
 
L’Association des Amis de Laurent Gbagbo appelle encore une fois les Africains et le monde à ouvrir les yeux sur ce que l’on tente de dissimuler vainement derrière des chiffres pour le moins contestables d’une croissance sans développement mais que montre bien une violence ouvertement et volontairement ciblée. Nous nous associons à la douleur de la famille de tous ces morts qui se multiplient en détention auxquels s’ajoute hélas aujourd’hui monsieur Kanon Blé Serge. Paix à son âme !
 
Raphaël Dagbo
Président de l’association des Amis de Laurent Gbagbo.
 

 

 

 

Serge Kanon Blé

 

 


A l'occasion de la Journée internationale de la Femme africaine, une marche sera organisée le mardi 31 juillet à Bruxelles autour du mot d'ordre de Solidarité avec Simone Gbagbo maintenue en prison depuis le 11 avril 2011, alors que la Cour d'Assises d'Abidjan l'a acquittée le 28 mars 2017.
 
Une conférence de préparation s'est tenue à Bruxelles le 23 juin, avec la participation de :
- Marie-Louise Eteki-Otabela (Coordination des Forces Alternatives au Cameroun ; militante féministe) : Madame Eteki-Otabela a replacé le rôle politique de Simone Gbagbo dans le cadre du combat contre le système postcolonial mis en place après les indépendances de 1960.
- Tony Brusselen (INTAL Belgique) : son exposé fut consacré principalement à la nature et au fonctionnement de la Cour Pénale Internationale qui détient le Président Laurent Gbagbo (depuis 7 ans), ainsi que le ministre Charles Blé Goudé, sans preuves, uniquement pour des raisons politiques.
- Georgette Nekalo (FPI ; membre du Bureau des Amis de Laurent Gbagbo) : Madame Nekalo a retracé le parcours de Simone Gbagbo en tant qu'enseignante, militante syndicale, députée d'Abobo, mais aussi épouse et mère de famille.
- Jacques Sah Bi (représentant COJEP Belgique), organisateur de la conférence.
- Moïse Essoh (UPC-Madinem), animateur de la conférence.
 

Contact informations :

E-mail : liberezsimonegbagbo@gmail.com

 

 

 

Vidéo mise en ligne le 6 juillet 2018 par "Libérez Simone Gbagbo" - Durée : 1:53:26.

 

 

 


Communiqué de EDS (Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté)
 
Le mercredi 27 juin 2018, de 13h à 16h45, à sa demande, le professeur Georges-Armand Ouegnin, président de EDS, a été reçu en audience, pour la deuxième fois, par le président Laurent Gbagbo au pénitencier de la Cour Pénale internationale, à La Haye. Le Président Ouegnin qui était accompagné de son Directeur de cabinet adjoint, M. Franck Anderson Kouassi, a exprimé au référent politique de la plate forme EDS, le soutien et la solidarité de ses militants et sympathisants. Il a aussi partagé avec le président Gbagbo des nouvelles relatives à l'actualité récente de la Côte d'Ivoire, notamment les dernières inondations qui ont endeuillé le pays. En réaction, le président Gbagbo s'est d'abord réjoui de cette seconde visite de son ex-collaborateur qu'il a chargé d'exprimer au peuple ivoirien et aux victimes des inondations en particulier, toute sa compassion, ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées, ses vœux de prompt rétablissement aux blessés et sa solidarité aux familles qui ont connu des dégâts matériels importants. Le Président Gbagbo a surtout recommandé au pr Ouegnin de toujours oeuvrer, dans le sens du rassemblement du peuple de Côte d'Ivoire et l'a aussi exhorté à ne ménager aucun effort pour la paix, le pardon et la réconciliation en Côte d'Ivoire.

Fait à La Haye, Scheveningen,
Le 27 juin 2018.
Franck Anderson KOUASSI
Directeur de cabinet adjoint du président
 
 
 
Georges-Armand Ouegnin, Président de EDS, devant la prison de Scheveningen
 
Voir (ou revoir) :
 
 

 

 


Deux interviews sur Radio Galère Posté le 28/06/2018 - Par Admin 1 Information

Sur Radio Galère, en marge de la Conférence du 16 juin 2018 à Paris sur le thème "Qui a peur de Laurent Gbagbo ?", Bernard Genêt s'est entretenu avec le journaliste François Mattéi (sur les lieux de la conférence) et avec Maître Habiba Touré (par téléphone).
 
[Dans l'entretien avec Me Habiba Touré, le bruit de fond présent au début disparaît au bout d'un certain temps].
 
Lecteur mp3

 

 

Vous pouvez également écouter la totalité de l'émission directement sur le site de Radio Galère.
Elle s'intitule "2018-06-19-Emission-Comaguer".
La première partie est consacrée à plusieurs sujets de politique internationale, la seconde partie à la Côte d'Ivoire et aux deux interviews.
 
 

Qui a peur de Laurent Gbagbo ?

Conférence du 16 juin 2018 (Paris)

COMPTE RENDU

 
Dans ses mots d'introduction, Raphaël Dagbo, président de l'Association des Amis de Laurent Gbagbo, a rappelé :
- L'apport que représentent les adhésions à notre association, non seulement pour le bon fonctionnement de celle-ci, mais aussi à titre symbolique, car cela contribue à lui donner davantage de poids.
- A quelle étape en est le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé : après le passage des témoins de l'Accusation, il fut interrompu, suscitant de nombreuses questions sur lesquelles nous attendons un éclairage de la part des deux personnalités que nous recevons aujourd'hui, Maître Habiba Touré et François Mattéi.
- Le contexte historique : Laurent Gbagbo, après avoir gagné les élections de 2010, a été empêché d'accéder au pouvoir et déporté à la CPI où, malgré l'absence de preuves, il n'est toujours pas relâché.
D'où la question : Qui a peur de Laurent Gbagbo ?
 
1) Intervention de Maître Habiba Touré
Conseil et porte-parole (au plan juridique) de Laurent Gbagbo
 
Le déroulement du procès :
- Le transfert de Laurent Gbagbo devant la CPI s'est fait dans la précipitation : arrestation le 11 avril 2011, autorisation d'enquêter donnée à la CPI en octobre 2011, transfert à La Haye un mois après !
- Aucun lien n'apparaissant, au cours des témoignages produits par l'Accusation, entre les preuves avancées et les motifs d'accusation formulés à l'encontre de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, la Chambre a demandé à l'Accusation d'expliquer dans un mémoire la pertinence de ses témoignages. Cela a suspendu de fait le passage éventuel de témoins de la Défense.
- Mais devant la vacuité des éléments apportés par l'Accusation, les deux équipes de la Défense ont demandé à pouvoir plaider directement le non-lieu, sans présenter au préalable leurs propres témoins. La Chambre a donné son accord, ce qui, naturellement, ne préjuge pas de la décision finale qu'elle prendra. On n'est jamais à l'abri d'une décision surprenante, telle que son refus réitéré d'accorder la mise en liberté provisoire à Laurent Gbagbo sous le prétexte qu'il était populaire !
- Le cas de Jean-Pierre Bemba, acquitté dernièrement en appel, est très différent.
Nous avons une bataille juridique à mener, mais le volet politique est également important.
- Pour rappel : un "acquittement" a lieu à l'issue d'un procès, alors qu'un "non-lieu" est prononcé avant.
 
La dimension politique :
- Aucun mandat d'arrêt n'a été délivré par la CPI contre les auteurs des nombreux massacres de masse qui ont entraîné des milliers de victimes depuis l'année 2002 à Bouaké jusqu'aux plus récents tels que ceux de Duékoué (plus de 1000 morts en un seul jour) ou de Nahibly, tous impliquant les partisans d'Alassane Ouattara. Dans le même temps, le procès mené à l'encontre de Laurent Gbagbo est censé concerner 300 victimes.
D'ailleurs on devrait parler de la "crise ivoirienne", pas seulement de la "crise postélectorale".
- Les nombreux réfugiés suite à la prise du pouvoir par Ouattara n'ont jamais reçu la visite de la Procureure Fatou Bensouda.
Le Bureau du Procureur aura une lourde responsabilité et devra un jour ou l'autre justifier ses choix.
- Du côté de certaines ONG, on peut noter le fait suivant : alors qu'elles parlent, à propos des crimes commis pendant la crise postélectorale, de la responsabilité de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé..., d'un autre côté elles emploient le terme de "Forces proOuattara", ne citent pas nommément Alassane Ouattara ou Guillaume Soro. Elles n'ont été réactives que contre Laurent Gbagbo.
 
 
2) Intervention de François Mattéi
Journaliste d'investigation, François Mattéi a été Grand reporter au Journal du Dimanche, il a collaboré au Nouvel Observateur, au Point, à VSD et, en tant que Directeur de la Rédaction, à France Soir.
Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Pour la Vérité et la Justice" (fruit de ses entretiens avec Laurent Gbagbo) qui sera prochainement réédité chez un nouvel éditeur dans une version augmentée. Son livre sur le Franc CFA sera publié prochainement.
Sa première rencontre avec Laurent Gbagbo eut lieu en 2005, mais il s'était penché dès 2004 sur l'affaire du bombardement de Bouaké, sans s'être encore rendu en Côte d'Ivoire.
Comme il le rapporte lui-même, lorsqu'il rencontra le Président Laurent Gbagbo, il fut conforté dans l'idée qu'on avait voulu rendre celui-ci "invisible".
 
La personnalité de Laurent Gbagbo :
- Laurent Gbagbo a dérangé dès qu'il est apparu sur une scène marquée alors par le triomphe de la "Françafrique", où tout se décidait à Paris. Lui parlait de souveraineté, d'indépendance, voulait des choix purement ivoiriens. Il n'était pas issu d'un parti politique français. Opposant au régime du Président Houphouët Boigny, il a connu la prison. En France, hormis chez quelques personnalités, l'héritage de la pensée coloniale perdure, au moins dans le subconscient. Il suffit d'observer l'attitude des présidents français à l'égard de leurs homologues africains.
Un exemple : la France sous Sarkozy a refusé de reconnaître la légitimité du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire pour proclamer les résultats définitifs de l'élection présidentielle.
Pourtant la France aurait pu bâtir quelque chose de solide avec ses anciennes colonies. Laurent Gbagbo lui-même est francophile...
- La pensée de Laurent Gbagbo est cohérente : il l'a écrite, et tout le monde peut en prendre connaissance.
- Il participa à de nombreuses conférences pour la paix et veilla à toujours préserver la sécurité de ses adversaires. Parce qu'il voulait la paix dans son pays, il a accepté de travailler avec des criminels.
- Laurent Gbagbo n'a jamais été acheté.
- Laurent Gbagbo n'est dangereux que pour le système de la Françafrique.
 
Laurent Gbagbo et les élections :
Au lieu d'être une porte de sortie de la crise, les élections furent pour Laurent Gbagbo une "embuscade". Face à lui, il y avait non seulement la France, mais aussi les USA qui avaient des visées sur le Golfe de Guinée devenu un enjeu important (pétrole offshore, cacao) dans un contexte de concurrence avec la Chine. Ce sont les Français et les Américains qui ont présidé à ces élections où tout fut illégal.
Le recours à la Justice est un mauvais maquillage destiné à l'éloigner du pouvoir.
 
Laurent Gbagbo à la CPI :
Laurent Gbagbo a intégré la prison dans son combat politique. Etant sûr de son bon droit, il a décidé d'accepter la Justice internationale. C'est très dur, mais nous devons le soutenir jusqu'au bout. Politiquement il a gagné, mais il faut "faire sauter le verrou". La Côte d'Ivoire renaîtra quand Laurent Gbagbo sera dehors.
 
 
3) Questions-Réponses et contributions
 
La majorité des questions et des compléments d'informations a porté sur le déroulement du procès, les actions en faveur de la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, et le contexte politique. En voici les principaux éléments :
- La partie "Annexes" du mémoire de la Procureure n'est pas disponible sur le site de la CPI, car elle a un statut de confidentialité.
- Après l'audience prévue initialement le 10 septembre [reportée entre-temps au 1er octobre] au cours de laquelle se déroulera le plaidoyer des équipes de la Défense, la Chambre se réunira pour délibérer à une date qui pourra être ou ne pas être communiquée. Elle décidera soit le non-lieu, soit la continuation du procès.
- La date de cette audience peut être un jalon dans l'agenda des actions en faveur de la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Selon F. Mattéi, les multiples actions entreprises depuis 2011 (marches, voyages à La Haye... ) manquent de visibilité, d'effet direct sur l'opinion ; il serait plutôt favorable à l'organisation d'un "gros coup", d'une action très visible.
Il fait remarquer, entre parenthèses, que nombre d'artistes français assistent aux diverses cérémonies organisées par Mme Ouattara.
- L'accroissement important du nombre d'immigrants Ivoiriens en Europe est symptomatique de la situation déplorable sous le régime de Ouattara. Il y a actuellement en France plus d'immigrants Ivoiriens que Syriens.
- A propos du type de défense assuré par l'équipe dirigée par Maître Altit, Maître Habiba Touré précise qu'elle n'est pas la porte-parole de Me Altit et que c'est à lui qu'il faudrait s'adresser. Elle ajoute cependant qu'exprimer devant la Cour son désaccord avec l'institution qu'est la CPI - selon une stratégie dite "défense de rupture" - n'arrêterait pas le procès. En outre, ce procès dessert maintenant Alassane Ouattara et fait apparaître de plus en plus clairement la vraie nature de la CPI. C'est la preuve par l'exemple. Ainsi, lorsque l'Accusation parle d'un "plan commun" qui fait 300 victimes, alors que l'on connaît le nombre extrêmement élevé des victimes des massacres cités plus haut, on voit l'absence de sérieux de cette institution.
Maître Habiba Touré elle-même a déposé auprès de la CPI les dossiers de plus de 4000 victimes que la CPI a dû enregistrer, et là on pourrait parler de "Plan commun".
- Selon F. Mattéi, même si l'issue de la délibération sur le non-lieu n'est pas positive, Laurent Gbagbo voudra aller jusqu'au bout. Il y aura un "après-procès".
Certains pensent que Laurent Gbagbo aurait dû porter plainte contre la France. Mais l'on ne choisit pas ses interlocuteurs, et la Côte d'Ivoire est un petit pays. Laurent Gbagbo joue sa partition avec les moyens dont il dispose, même si le prix en est terrible.
- A une question sur la différence entre la colonisation et l'indépendance d'aujourd'hui, F. Mattéi répond : les mots, parce qu'en Afrique francophone il n'y a pas eu de rupture radicale.
En complément, Habiba Touré souligne qu'à l'époque coloniale, la France avait les richesses, mais aussi des charges (routes par exemple), alors qu'actuellement elle a les richesses, tandis que les charges sont supportées par les anciennes colonies.
- Plusieurs participants engagés politiquement pour le changement en Côte d'Ivoire ont exprimé le souhait que les Ivoiriens prennent en charge la libération de leur pays, dont la libération du Président Gbagbo et de Charles Blé Goudé est un élément clé.
- Le positionnement de Laurent Gbagbo sur la question de la nation : Laurent Gbagbo ne revendique pas de pouvoir s'exprimer à la CPI en langue Bétée, parce qu'il a été élu en tant que Président de tous les Ivoiriens.
- Sur les relations avec les autres pays : la Côte d'Ivoire a parfois manqué d'alliés. Sans tomber dans le travers de se demander sans arrêt ce que pensent les gouvernements et les opinions à l'extérieur, il serait cependant bien utile de les informer davantage.