Communiqué de presse de Michel GBAGBO

A propos des attaques inqualifiables dont son père,

le Président Gbagbo, fait l'objet

 

 

 

 

 

 
L'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 
regroupe des personnes de toutes origines et sensibilités
souhaitant faire connaître la personnalité et l'oeuvre de Laurent GBAGBO
 

 

L'onde de choc qui a fait suite au dénouement violent de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire et le transfèrement tout aussi inattendu du Président Laurent GBAGBO à la Haye ont suscité une vague d'émotion qui s'est exprimée à travers de vives protestations en Côte d'Ivoire, en Afrique et quasiment partout dans le monde. Cela a donné lieu à des initiatives nombreuses et variées d'amis et d'associations patriotiques ou panafricaines.

Tous ceux qui se reconnaissent dans les idées et l'action de Laurent GBAGBO se sont organisés pour réclamer sa mise en liberté. Scandalisés par l'image sordide et volontairement haineuse véhiculée à son encontre, mais aussi par la négation éhontée et caricaturale des efforts inlassables qu'il a déployés pour maintenir la paix dans son pays dix années durant, ils ont décidé de mutualiser leur volonté d'agir pour faire découvrir ou redécouvrir l'homme, l'intellectuel et le dirigeant politique.

Cette volonté a donné naissance à l'Association des amis de Laurent GBAGBO. Elle se propose de sensibiliser l'opinion publique partout dans le monde sur le caractère injuste et infamant des accusations portées contre sa personne et de rétablir la réalité des faits sur son oeuvre, mais aussi sur son rôle, pour aboutir à sa réhabilitation par-delà sa libération.

Un examen, même rapide, de son action politique montre que rien n'a jamais été assez cher pour Laurent GBAGBO lorsqu'il s'est agi de faire triompher par la voie démocratique le respect de la pluralité des opinions dans son pays. De la même façon, rien n'a été trop cher à cet humaniste de conviction quand il s'est agi d'associer les Ivoiriens de toutes origines à la construction d'un destin national commun. Visionnaire dans une Afrique qu'il souhaite ne plus être, pour le monde, une simple variable d'ajustement politique et économique, il a proposé une intense coopération à l'échelle du continent pour intégrer les économies et accélérer l'émergence d'une identité africaine qui manque aujourd'hui.

L'Association, par la voix de son bureau, de son comité d'honneur et de l'ensemble de ses adhérents, agit pour que soit rétablie la vérité sur la personnalité et sur l'oeuvre de Laurent GBAGBO, fort éloignée de l'image qu'on a désespérément tenté d'imposer.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la place de Laurent GBAGBO n'est pas à la Cour Pénale Internationale. Le maintenir en détention comme c'est actuellement le cas demeure le plus sûr moyen de faire obstacle à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut en effet se construire que sur la confiance mutuelle.

Laurent GBAGBO est sans doute la chance de la Côte d'Ivoire actuelle, mais aussi de l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'à l'évidence il semble être le seul anticonformiste qui croit à un apport typiquement africain dans ce monde qui s'interroge sur son futur.

Dès lors, atteindre nos objectifs, à savoir sa libération et sa réhabilitation, contribuera à défendre les idéaux de dignité humaine et de vérité.

 

Raphaël DAGBO
Président de l'Association des amis de Laurent GBAGBO

 

 
 

Adhérer à l'Association des Amis de Laurent Gbagbo

 
 
 
"Notre seule arme, c'était notre parole !"
 
En faisant la jonction des deux procès, celui de Laurent Gbagbo et celui de Charles Blé Goudé, la CPI espérait sans doute pouvoir opposer les deux personnalités. Mais une nouvelle fois, un témoin cité par l'accusation a démontré combien Charles Blé Goudé donnait, lui aussi, la priorité au dialogue sur la force des armes.
Le contre-interrogatoire du témoin Franck Golehi par Maître Ndri Claver (après celui de Maître Gbougnon), porte sur cette question, ainsi que sur d'autres en rapport avec la notion de cohésion sociale : à partir de 13:30 mn.

 

 

 

 

 

Vidéo mise en ligne le 25 mai 2017 par Mon Hibou TV ; durée : 30:37 mn

 

 

 


La Côte d'Ivoire face à ses démons
(Extrait)
 
Par Leslie Varenne
 
IVERIS (Institut de Veille et d'Etude des Relations Internationales et Stratégiques)
Note d'analyse, 19 mai 2017
 
Pour la quatrième fois en six ans, des mutins ont tenu la Côte d’Ivoire au bout de leurs kalachnikovs. Pendant quatre jours, une grande partie d’Abidjan et presque toutes les villes de l’intérieur ont été sous leur contrôle. Ce dernier accès de fièvre, n’est en réalité rien d’autre que le énième soubresaut de la guerre de 2011 qui n’en finit pas de livrer ses spasmes. Si cette guerre n’a pas produit des effets aussi visibles et délétères que celle qui a eu lieu en Libye, elle a néanmoins engendré une crise systémique qui secoue le pays à intervalles réguliers. Le Président Alassane Ouattara est un des premiers responsables de cette situation, mais il en est aussi le prisonnier. Comme en Irak en 2003, l’armée républicaine de Côte d’Ivoire a été totalement déstructurée par cette guerre. Depuis son accession au pouvoir, il est un chef sans armée, dépendant des commandants de l’ex-rébellion qui l’ont aidé à s’installer. En six ans d’exercice, il n’a pas su, pas pu ou pas voulu remédier à cette situation. Il n’a donc pas eu d’autre solution que de plier, de satisfaire les exigences des soldats insoumis et de payer les 7 millions de CFA réclamés par chacun des 8400 insurgés, quitte à sortir de cette séquence très affaibli (1). De toute évidence, il n’y avait pas d’alternative, puisque l’armée « loyaliste » ne montrait aucune velléité d’aller mater les mutins.
 
Les supplétifs de 2011 au coeur de la crise
 
Qui sont les hommes qui se sont soulevés ? Pendant la crise postélectorale, une époque où les deux Présidents se disputaient le pouvoir, le clan d’Alassane Ouattara a multiplié les appels envers les militaires pour que ces derniers rejoignent son camp. Mais, il y a eu très peu de désertions. Lorsqu’en janvier 2011, il a été décidé par les US, la France, l’ONU et Alassane Ouattara de déloger Laurent Gbagbo de la présidence par la force, Il a fallu créer une armée de toutes pièces pour combattre l’armée républicaine. Le camp Ouattara disposait déjà des soldats rebelles des Forces Nouvelles (FAFN) qui occupaient le Nord du pays depuis 2002 mais le compte n’y était pas, à peine 9000 hommes en intégrant tous les corps, armée, police, gendarmerie. Ils ont alors recruté environ 30 000 jeunes désœuvrés, quelques-uns étaient des Ivoiriens du Nord du pays mais la majorité était composée de ressortissants des Etats de la sous-région, tous musulmans. Ces recrues ont bénéficié d’une formation très sommaire de deux mois, de la fin janvier à la fin mars 2011. Cet entraînement a eu lieu à Bouaké deuxième ville du pays contrôlée, à l’époque, par les Forces Nouvelles dirigées par Guillaume Soro. Le 17 mars 2011, Alassane Ouattara signait une ordonnance et créait les FRCI (Forces Armées de Côte d’Ivoire) pour officialiser cette armée de bric et de broc composée des anciens rebelles, des nouvelles recrues et des quelques déserteurs de l’armée de Laurent Gbagbo. Pour participer à ce conflit des promesses de dons, 12 millions de CFA plus une maison, ont été faites à ces jeunes gens. A la fin de la guerre, certains ont bénéficié du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR). D’autres ont été intégrés dans l’armée. Ce sont ces derniers qui ont manifesté, kalachnikov à la main. Lors de leur dernière mutinerie en janvier 2017, ils avaient obtenu un premier versement de 5 millions de CFA, le solde devant être mensualisé sur sept mois. Mais aucun argent n’était arrivé sur leur compte. Maintenant que le paiement a été effectué, il serait logique de penser que la guerre de 2011 est enfin soldée. Il n’en est rien. D’une part, il reste la maison promise ; d’autre part, tous les démobilisés à qui Alassane Ouattara avait également promis monts et merveilles pourraient également réclamer ce qu’ils pensent être leur dû. A ce groupe, il faut ajouter également les anciens rebelles des FAFN qui n’ont pas eu le privilège d’être intégrés dans l’armée. En tout, combien sont-ils exactement ? Lors d’une table ronde sur le DDR à l’Institut Français de Relations Internationales (IFRI), où intervenait le général Bruno Clément-Bollé, le nombre de 69 506 ex-combattants a été avancé (2). Ce chiffre paraît très élevé, s’il s’avérait réel, compte tenu, en prime, des quantités d’armes en circulation dans ce pays, la Côte d’Ivoire n’est pas au bout de ses peines (3)…
 
Le Far-West
 
D’autant que ce ne sont pas les seuls à pouvoir demander des primes. Après la mutinerie de janvier, les Forces spéciales avaient, elles aussi, revendiqué bruyamment et elles avaient obtenu un bonus de 17 millions CFA (4). Puis les doléances s’étaient étendues aux gendarmes, à la pénitentiaire etc. Les ex-FDS, ceux qui étaient en poste sous Laurent Gbagbo, avaient également fait valoir leur cause, mais il leur avait été répondu qu’aucune prime ne leur avait été promise, et que par conséquent, aucun montant ne leur serait versé ! Les Dozos, chasseurs traditionnels qui ont également participé au conflit dans le camp Ouattara pourraient revendiquer à leur tour...
 
Avant-guerre, l’armée ivoirienne, restructurée sous le Général Gueï, (1999-2000), composée d’environ 60 000 hommes, gendarmerie comprise, était républicaine, bien formée et intégrait toutes les ethnies qui composent ce pays. A la fin de la guerre, de nombreux soldats loyaux à Laurent Gbagbo ont déserté par crainte de représailles. Ceux qui sont restés ont été souvent méprisés, ils ont été placés sous les ordres des anciens commandants de zone de la rébellion qui avaient des méthodes peu orthodoxes et assez éloignées de la rigueur militaire. Ils se sont retrouvés dans des situations où des analphabètes donnaient des ordres aux Saint-Cyriens. En outre, pour ces soldats comme pour la majorité de la population, il est difficile d’admettre que ces recrues de 2011 soient récompensées sur le budget de l’Etat alors qu’ils se sont livrés à des massacres, notamment dans l’Ouest du pays, à des pillages et à de multiples exactions. Pour autant ces ex-FDS n’ont pas envie d’aller risquer leur vie pour éviter au Président Alassane Ouattara de payer une promesse qu’ils considèrent comme une dette privée. Les ex-soldats des FAFN reversés dans l’armée ne se montrent pas plus enthousiastes pour aller frapper « leurs frères du Nord ». Les ex- commandants de zone de la rébellion, devenus milliardaires, aspirent à profiter de leur vie luxueuse et n’ont pas plus envie de retourner au charbon. Quant à Guillaume Soro, l’ex-chef rebelle devenu honorable Président de l’Assemblée Nationale, il joue ses propres cartes et son avenir politique. Le camp Ouattara le surveille et le soupçonne d’avoir été plus pyromane que pompier dans l’affaire de la mutinerie. Des armes auraient été retrouvées dans la maison de la mère de son porte-parole à Bouaké. Vrai ou faux ? Que Guillaume Soro détienne des armes n’est pas un scoop. En avril 2016, le groupe d’experts de l’ONU l’avait accusé de disposer d’un arsenal impressionnant acquis en violation de l’embargo sur les armes (5). Au passage, avec cette déclaration les Nations Unies s’étaient ridiculisées, puisque ce sont elles qui étaient chargées de faire respecter cet embargo en place depuis 2002. Par ailleurs, personne ne sait ce qu’est devenu cet arsenal.
(...)
 
 
 
(1) Le budget de la Côte d’Ivoire est dans le rouge, suite à la gestion désastreuse de la filière café-cacao et à la chute des cours. La Lettre du Continent affirme que le Maroc aurait aidé à résoudre cette crise en apportant son aide financière. Le porte-parole du gouvernement Bruno Koné, dément et déclare « l’Etat avait la capacité de payer » https://www.eventnewstv.tv/c-i-le-gouvernement-a-propos-du-paiement-des-mutins-on-sait-trouve-les-moyens
(4) http://www.afrique-sur7.fr/40694/cote-divoire-mutinerie-les-forces-speciales-obtiennent-17-millions-chacun/
 
(Source : IVERIS, 19 mai 2017 ; Surtitre de la Rédaction)
 
 
 

 


A paraître prochainement :
 
Asseyons-nous et discutons !
Par Feumba Samen
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Extrait du texte de Justine Okimi sur la Conférence du 22 avril 2017 qui s'est tenue à Paris, sous la forme d'une Commission d'enquête
 
Il y a 6 ans, Laurent Gbagbo était envoyé à la Haye par le pouvoir actuel de Côte d’Ivoire avec la complicité de la France. Charles Blé Goudé, son ministre de la jeunesse, l’a ensuite rejoint en mars 2014. Pourquoi l’ancien pays colonisateur s’est-il retrouvé au cœur d’une histoire qui ne le regardait, a priori, pas ? Quelle logique a poussé la France à vouloir déporter des dirigeants d’un pays si éloigné géographiquement ? Imagine-ton Laurent Gbagbo s’immiscer dans l’élection présidentielle française et sommer le vainqueur annoncé de se retirer ?
 
Le procès pour crimes contre l’humanité, entre autres chefs d’accusations, contre les deux hommes a débuté le 28 janvier 2016 si loin des terres d’Afrique, presque dans l’ombre comme pour cacher les raisons profondes d’une mise à l’écart nécessaire. A Paris, le 22 avril, une conférence intitulée « Gbagbo contre la Françafrique », menée sur la base d’une commission d’enquête, a mis à jour cette logique de descente aux enfers. Pendant plus de quatre heures, le conférencier Michel Collon, journaliste à Investig'Action et spécialiste des media mensonges, a détricoté avec seize témoins majeurs les mensonges inhérents à l’éviction d’un président dérangeant.
 
Il a mis en exergue l’incroyable communication qui a accompagné la mise sur orbite d’Alassane Dramane Ouattara, le poulain de la France, pays où la peur de voir Gbagbo changer le rapport de force a tétanisé les opérateurs économiques. Il n’y avait qu’une solution pour se débarrasser de l’intrus : pointer la dérive d’un pouvoir autocratique, dictatorial, capable de tuer ses enfants sur des bases ethniques notamment. Sans aucune preuve, jamais. Mais sur la foi de témoignages relayés à l’envi, souvent en off, par des diplomates via la presse internationale.
Le message inoculé dans les médias devait donner aux actions déstabilisatrices le poids de la légitimité. C’était le rôle d’acteurs clés de la Françafrique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michelle Alliot Marie et leurs relais africains qui, dès l’élection de Laurent Gabgbo en 2000, ont tenté de casser le pouvoir né des urnes, de le salir pour ensuite le réduire au silence. L’opération s’est déroulée sans grande difficulté dans un silence assourdissant.
 
Michel Collon est ainsi revenu à la source et a mis en évidence les déviances des discours et des actes, le long cheminement vers les bombardements de la résidence présidentielle en avril 2010, ce clap de fin si longtemps attendu à Paris.
Collon a interrogé des acteurs de cette guerre de la France contre le régime Gbagbo qui ne dit pas son nom. Il a tenté de cerner les responsabilités, d’entrer dans les interstices de la propagande pour comprendre au mieux les raisons d’une telle mise en abîme de la Côte d’Ivoire. Certains étaient proches de Gbagbo comme son ancienne ministre de la santé Clothilde Ohouochi, d’autres, à première vue, très éloignés à l’image de Georges Peillon, le chef de presse de la force Licorne (nom des troupes françaises basées en Côte d'Ivoire). Son témoignage, édifiant, a révélé en creux le rôle de la France depuis l’arrivée de la rébellion en septembre 2002. Bernard Houdin, premier intervenant de l’après-midi, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, est parti d’un constat simple basé sur les chiffres officiels donnés par l’ONU et la commission indépendante électorale aux mains de l’opposition politique ivoirienne : 600000 voix ont été ajoutées entre le lundi et le jeudi pour permettre un hold-up électoral en 2010 et assurer un succès facile.
 
Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement avec la demande express de Nicolas Sarkozy de laisser quelques jours à Gbagbo pour quitter le pouvoir. Le président français a d’abord mis en place un embargo, notamment sur les médicaments, fermé les banques liées à l’hexagone, comme le rappellent des intervenants, et, enfin, bombardé pour en terminer avec cet homme africain qui ose défier les autorités de l'ancienne colonie.
 
Les dépositions se sont accumulées pour expliquer le rôle de la France dans cette déstabilisation, comme celle de Clothilde Ohouochi qui a expliqué comment l’ambassadeur de France a tenté à plusieurs reprises d’empêcher la mise en place de l’assurance maladie universelle au début des années 2 000, cette sécurité sociale espérée depuis ses années de lutte dans l’opposition par Laurent Gbagbo. « Plusieurs fois, il est venu me voir pour me décourager de le faire car ça mettait en péril les sociétés françaises d'assurances sur place », explique celle qui est aujourd’hui contrainte à l’exil.
Gbagbo faisait peur à l’establishment français local convaincu que son leadership se traduirait par une remise en cause des avantages coloniaux.
 
Il était évidemment impossible de mettre en place un tel plan sur le long terme sans posséder l’information, outil essentiel de la propagande. C’est ainsi que Théophile Kouamouo a raconté comment le Monde, journal pour lequel il était le correspondant en Côte d’Ivoire, avait décidé de changer le sens de ses articles dès septembre 2002 quand la rébellion a tenté de prendre le pouvoir en coupant le pays en deux, un Nord aux mains de rebelles et un Sud tenu par le président élu. Ce jeune journaliste, qui rêvait de ce poste depuis sa sortie de la prestigieuse école de Lille, a dû démissionner pour ne pas voir sa plume trahie par des metteurs en scène parisiens dont Stephen Smith, son chef, alors considéré comme le spécialiste des affaires africaines en Europe. D’où provenaient ces informations déformées de Stephen Smith ?
 
Tel était le point de départ d’un long processus d’étouffement de la réalité, de la vérité. Il a fallu ensuite huit années et une élection pour sceller le sort d’un leader politique isolé à l’extérieur mais renforcé à l’intérieur. Georges Peillon dit lui-même que la force Licorne avait donné aux « politiques » des plans d’attaque des bases des rebelles. « En quelques jours, c’était réglé », dit-il en substance mais Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a refusé de l’actionner. Pourquoi ? Peillon laisse l’auditoire se faire une idée mais il a préféré depuis démissionner de son poste…
 
Le point d’orgue aura été le bombardement de Bouaké en 2004 imputé à Laurent Gbagbo qui est aujourd’hui disculpé par les mêmes sources militaires. La lumière a jailli au fil de cette commission d’enquête qui a su rassembler d’éminentes personnalités allant de Ahoua Don Mello ancien ministre de Laurent Gbagbo, exilé politique au Ghana, à Guy Labertit, l’ami lors de l’exil de Gbagbo en France et adjoint au maire de Vitry, Bernard Genet, Bernard Houdin, Balou Bi, Professeur de l’Université d’Abidjan aujourd’hui exilé, Habiba Touré, avocat de Simone Gbagbo, Seed Zehe, avocat à la cour d'Auxerre, François Mattei, ancien journaliste à France-Soir, Albert Bourgi, professeur de droit international, Zokou Séri, avocat membre du conseil de défense à la CPI dans l'affaire Gbagbo/Blé Goudé contre le procureur, Mathilde Thépault professeur de français présidente de l'association Halte aux Génocides Mémoire et justice (HGMJ), Robert Charvin, professeur émérite de droit international.
(...)
 

Lire l'article complet sur le Gri-Gri International du 14 mai 2017
 

[Sous le titre « Je suis la preuve concrète que l’impérialisme, ça existe encore » / Laurent Gbagbo contre la Françafrique (#MichelCollon Conférence du 22 avril)]
 

 

 

 

 

 

 

 


Côte d'Ivoire : et si l'image ne reflétait pas la réalité ?
 
Compte rendu
Par l'association "Côte d'Ivoire : Rechercher et Dire la Vérité" (CI-RDV)
 
POURQUOI, MOI, FRANÇAIS, SUIS-JE CONCERNÉ ?
Concernés ? Nous l’étions tous fortement en quittant la Maison des Passages, à Lyon, au soir de ce jeudi 11 mai 2017.
 
Initiée et animée par Michel Dubois, cette réunion fut riche et dense d’informations et d’échanges entre la trentaine de personnes, organisateurs, intervenants et des participants qui, pour certains, découvraient avec stupéfaction la responsabilité de la France dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, depuis l’élection à la présidence, en 2000, de Laurent Gbagbo, jusqu’à l’installation, en 2011, d’un régime politique qui emprisonne et torture.
 
André Prochasson, président de « Côte d’Ivoire-Rechercher et Dire la Vérité » (CI-RDV), partant de son parcours personnel, a expliqué pourquoi et comment, en tant que citoyen français, il a tardivement pris conscience du rôle néfaste joué par les autorités françaises en Côte d’Ivoire. Puis, après une première phase de sidération, cherchant à savoir et à comprendre, mesurant chaque jour davantage combien était grande l’ignorance de nos compatriotes, combien était partielle et partiale l’information par les medias, et combien était vide le dossier d’accusation à l’encontre de Laurent Gbagbo à La Haye, la recherche de la vérité va l’amener, avec des amis, à créer, l’association CI-RDV. Cette association (Loi 1901) s’adresse donc en priorité aux Français qui, comme lui, sont désireux de connaître la Vérité, de savoir et faire savoir « ce que la France a fait en notre nom ! ». Indépendante de tout parti politique, CI-RDV est néanmoins très attentive à la politique africaine de la France, passée, actuelle et future, car un autre paradigme est possible…
 
Jean-Jacques Guigon, ancien conseiller confédéral de la CGT, chargé des relations avec des syndicats de l’Afrique subsaharienne, a expliqué pourquoi sa confédération syndicale participait à cette table ronde. Il a exprimé toute l’importance qu’il accorde à rechercher et à dire la vérité, puis a évoqué la réalité économique et syndicale vécue par les milieux populaires de Côte d’Ivoire, réalité dont il a pu se rendre compte au cours de ses nombreuses missions dans ce pays.
Son témoignage sur le drame vécu par Basile Mahan Gahé, ex-Secrétaire Général de la confédération syndicale Dignité, emprisonné, torturé, et mort à sa sortie de prison des suites des mauvais traitements, fut particulièrement émouvant. Tout comme le soutien qu’il apporte aujourd’hui à David Samba, jeune leader de la société civile, président de l’association des consommateurs, « Les Indignés de Côte d’Ivoire ». Il a également attiré l’attention de l’auditoire sur le sort de Assoa Adou, ex-Secrétaire Général du Syndicat National des Cadres Supérieurs de la Santé de Côte d’Ivoire (Synacasci), Ancien ministre, qui, revenu d’exil, est emprisonné pour motif politique. Transféré à Bouaké, M. Assoa Adou subit une «torture blanche» dans une cellule en permanence éclairée.
 
Clotilde Ohouochi, Ancienne ministre de Côte d’Ivoire et conseillère spéciale du Président Laurent Gbagbo, réfugiée politique en France, a, dans un exposé dense et argumenté, analysé la situation actuelle en Côte d’Ivoire, en la restituant dans le contexte historique et politique des relations de la France avec son ancienne colonie.
Partie de la Conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885) qui a consacré le partage de l’Afrique, elle a démontré comment la décolonisation de l’Afrique francophone, notamment, s’est déroulée de façon imparfaite et inaboutie, l’indépendance ayant été octroyée, après négociations et dans le cadre d’accords, ressemblant fort à un marché de dupes.
Ensuite, l’ancienne ministre a décrit le Président Laurent Gbagbo comme un chef d’État atypique dans le système françafricain. La diversification des partenaires commerciaux, les réformes structurelles, politiques, économiques et sociales entreprises indépendamment des injonctions françaises en sont quelques éléments d’illustration. Ce qui lui a valu les «foudres» de Paris qui lui a préféré Alassane Ouattara, le président ciselé selon les critères françafricains.
Sous Ouattara, malgré le taux de croissance estimé à plus de 7,5 %, la pauvreté règne.
La Côte d’Ivoire est en tête des pays africains pourvoyeurs de migrants avec 839 migrants via la Méditerranée, de janvier à février 2017, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).
Elle occupe également le 14ème rang mondial des nationalités comptant le plus de réfugiés, avec 809.312 réfugiés, sur un total mondial établi à 52,9 millions. À l’échelle du continent, elle est à la 7ème place. En mai 2016, le nombre résiduel total de réfugiés ivoiriens dans la sous-région s’établit à 44.894 personnes. Ces réfugiés ivoiriens se trouvent pour la plupart au Libéria (21.235), au Ghana (11.423), en Guinée (7.389), au Togo (2.512), au Mali (1.022), au Cameroun (313), en Mauritanie (272), en Gambie (250), au Maroc (218), au Benin (180), au Niger (55) et au Burkina (10).
Mais aussi en Occident, notamment en France.
Mme Ohouochi a terminé sa communication sur la justice des vainqueurs, qui prévaut, tant en Côte d’Ivoire (300 prisonniers d’opinion) qu’à la CPI, mettant « en panne » le processus de réconciliation.
 
Quant à Mohamed Amara, sociologue malien, chercheur au Centre Max Weber à Lyon, il a élargi la réflexion à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et subsaharienne. Dans son exposé académique de haut niveau, il a souligné, notamment, la responsabilité des Africains eux-mêmes dans les problèmes de développement qu’ils rencontrent.
 
La synthèse est revenue à Alain Longomozino qui, avec maestria, tout en soulignant sa méconnaissance des problématiques abordées, a relevé les points saillants des exposés. A la grande satisfaction des intervenants et des organisateurs.
 
Alors, des Français concernés ?
Assurément !

 

 


Hommage à Basile Mahan Gahé


 

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