L'arrêt des poursuites contre Laurent Gbagbo,

la seule alternative

par Abou Drahamane Sangaré

 

 

 

 

 

 
L'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 
regroupe des personnes de toutes origines et sensibilités
souhaitant faire connaître la personnalité et l'oeuvre de Laurent GBAGBO
 

 

L'onde de choc qui a fait suite au dénouement violent de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire et le transfèrement tout aussi inattendu du Président Laurent GBAGBO à la Haye ont suscité une vague d'émotion qui s'est exprimée à travers de vives protestations en Côte d'Ivoire, en Afrique et quasiment partout dans le monde. Cela a donné lieu à des initiatives nombreuses et variées d'amis et d'associations patriotiques ou panafricaines.

Tous ceux qui se reconnaissent dans les idées et l'action de Laurent GBAGBO se sont organisés pour réclamer sa mise en liberté. Scandalisés par l'image sordide et volontairement haineuse véhiculée à son encontre, mais aussi par la négation éhontée et caricaturale des efforts inlassables qu'il a déployés pour maintenir la paix dans son pays dix années durant, ils ont décidé de mutualiser leur volonté d'agir pour faire découvrir ou redécouvrir l'homme, l'intellectuel et le dirigeant politique.

Cette volonté a donné naissance à l'Association des amis de Laurent GBAGBO. Elle se propose de sensibiliser l'opinion publique partout dans le monde sur le caractère injuste et infamant des accusations portées contre sa personne et de rétablir la réalité des faits sur son oeuvre, mais aussi sur son rôle, pour aboutir à sa réhabilitation par-delà sa libération.

Un examen, même rapide, de son action politique montre que rien n'a jamais été assez cher pour Laurent GBAGBO lorsqu'il s'est agi de faire triompher par la voie démocratique le respect de la pluralité des opinions dans son pays. De la même façon, rien n'a été trop cher à cet humaniste de conviction quand il s'est agi d'associer les Ivoiriens de toutes origines à la construction d'un destin national commun. Visionnaire dans une Afrique qu'il souhaite ne plus être, pour le monde, une simple variable d'ajustement politique et économique, il a proposé une intense coopération à l'échelle du continent pour intégrer les économies et accélérer l'émergence d'une identité africaine qui manque aujourd'hui.

L'Association, par la voix de son bureau, de son comité d'honneur et de l'ensemble de ses adhérents, agit pour que soit rétablie la vérité sur la personnalité et sur l'oeuvre de Laurent GBAGBO, fort éloignée de l'image qu'on a désespérément tenté d'imposer.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la place de Laurent GBAGBO n'est pas à la Cour Pénale Internationale. Le maintenir en détention comme c'est actuellement le cas demeure le plus sûr moyen de faire obstacle à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut en effet se construire que sur la confiance mutuelle.

Laurent GBAGBO est sans doute la chance de la Côte d'Ivoire actuelle, mais aussi de l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'à l'évidence il semble être le seul anticonformiste qui croit à un apport typiquement africain dans ce monde qui s'interroge sur son futur.

Dès lors, atteindre nos objectifs, à savoir sa libération et sa réhabilitation, contribuera à défendre les idéaux de dignité humaine et de vérité.

 

Raphaël DAGBO
Président de l'Association des amis de Laurent GBAGBO

 

 
 

Adhérer à l'Association des Amis de Laurent Gbagbo

 
 
 

Justice doit être rendue à toutes les victimes Posté le 25/10/2017 - Par Toure Habiba, Dadje Rodrigue Actualité judiciaire

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Paris, le 25 octobre 2017Le site d’information Mediapart a récemment révélé des manœuvres de l’ancien Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno OCAMPO, qui auraient eu pour objectif tantôt la neutralisation d’adversaires politiques africains, tantôt d’assurer l’impunité à des personnes suspectées de graves crimes contre l’Humanité.
Dans une récente interview accordée au Journal ivoirien Fraternité Matin, Madame la Procureure BENSOUDA, ancienne adjointe du Procureur OCAMPO, et en réponse à Mediapart, a indiqué que la mission du Bureau du Procureur « est guidée par les principes fondamentaux d’objectivité, d’impartialité et d’indépendance. Ce faisant, le Bureau espère contribuer à faire jaillir la vérité au sujet des crimes et des actes de violence innommables commis après les élections en Côte d’ivoire, ainsi qu’à rendre une forme de justice aux milliers de victimes en cause ».
Tout en se drapant dans ces belles paroles, jusqu’à présent non suivies d’effet, Madame BENSOUDA omet de dire que la situation de la Côte d’Ivoire a été ouverte par le Procureur OCAMPO qui fait aujourd’hui l’objet de graves accusations.
Or nous constatons que le Bureau du Procureur, de manière manifestement discrétionnaire a décidé de ne poursuivre qu’un camp, sans tenir compte de l’antériorité, de la gravité, et du volume des crimes intervenus en Côte d’Ivoire de sorte que des milliers de victimes, dont certaines vivent en exil dans des camps de réfugiés, continuent de subir les conséquences des exactions commises.
Cela est d’autant plus grave que Madame BENSOUDA sait pertinemment que la Chambre a autorisé l’ouverture d’une enquête en Côte d’Ivoire sur des crimes relevant de la compétence de la Cour, et qui ont été commis depuis le 19 septembre 2002.
Nous avons déjà déposé auprès de la Cour Pénale Internationale pour le compte de plus de 4000 de nos clients, des dossiers de dénonciation de crimes dont elles ont été victimes, et des milliers d’autres dénonciations sont en cours de traitement en vue de leur remise imminente à la Cour.
A la suite de nos dépôts, Madame BENSOUDA a indiqué que les enquêtes au sujet des forces pro-OUATTARA se sont intensifiées.
Cependant, si nous pouvons nous réjouir de cette intensification alléguée, il n’en demeure pas moins que le Bureau du Procureur apparait beaucoup plus fébrile, timide voire même partial en ce qui concerne les forces pro-OUATTARA suspectées de crimes.
Nos Clients attendent de Madame la Procureure BENSOUDA qui se dit soucieuse de rendre justice « aux milliers de victimes en cause », plus que de vaines promesses, afin que la Cour Pénale Internationale ne perde pas le peu de crédibilité qui lui reste encore.
Pour ce faire, seule la poursuite effective des auteurs des forces pro-Ouattara qui sont suspectés d’être responsables des milliers de crimes intervenus en Côte d’Ivoire depuis 2002, serait gage d’une réelle indépendance et impartialité du Bureau du Procureur, au profit des seules victimes, et cela sans aucune autre considération.
Les récents évènements intervenus dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire mettent encore en évidence le sentiment d’impunité des uns et la désespérance conduisant à un risque de vengeance des autres. Dans ces conditions, le pire est à craindre.
Nos Clients attendent de Madame la Procureure BENSOUDA que Justice leur soit rendue, et que la CPI n’apparaisse pas comme l’instrument de protection de leurs bourreaux.
Maître Habiba TOURE & Maitre Ange Rodrigue DADJE
Avocats de Victimes
 
 
 

 

 


Interview de Maître Habiba Touré
Par Donatien Kautcha, pour Koaci
23 octobre 2017
 
Extraits
 
Me Habiba Touré, membre de l’équipe de défense de Laurent Gbagbo, son épouse Simone et son fils Michel, dans un entretien qu’elle a voulu nous accorder via Internet, parle des révélations faites par la presse française sur la CPI, la santé de Simone Gbagbo qui est toujours réclamée à la Haye et sur le procès en cours de l’ex chef d’Etat ivoirien.
L’avocate à la cour de Paris revient aussi sur le témoignage de Philippe Mangou qui n’aurait pas mis en cause son client sur le cas des femmes tuées à Abobo en mars 2011.
 
(...)
 
KOACI.COM : En réaction à ces révélations Fatou Bensouda a indiqué que ces allégations qu’elle qualifie d’ailleurs de fâcheuses n’empêcheront pas son Bureau de poursuivre le procès. Qu’en dites-vous ?

Me HT : Je note tout d’abord que Madame BENSOUDA a surtout qualifié de « répréhensible » le comportement de l’ancien Procureur OCAMPO dont elle était tout de même l’adjointe.
Si elle-même note que ce comportement est répréhensible, elle doit en tirer toutes les conséquences et donner les gages d’une totale impartialité du Bureau du Procureur. Car en réalité, dans les révélations de MEDIAPART plus que l’institution CPI, c’est surtout l’attitude du Bureau du Procureur qui fait scandale.
Or, Monsieur OCAMPO n’a manifestement pas pu agir seul. Mais le plus étrange est cette manière de ne jamais vouloir reconnaitre ses torts ou ses erreurs, mais s’évertuer à toujours vouloir les justifier. C’est ce que semble vouloir faire le bureau du Procureur en énonçant que malgré tout, il y a des éléments permettant la poursuite des procédures engagées.
Quant à la Cour qui avait d’abord considéré dans un premier temps que les charges étaient insuffisantes, elle n’a cependant pas ordonné la remise en liberté du Président GBAGBO qui rappellons-le, est toujours présumé innocent.
Et le bureau du Procureur, qui ne pouvait ignorer toutes les irrégularités commises sur le dossier GBAGBO s’est toujours opposé, avec la toute dernière énergie, à toute demande [de] mise en liberté provisoire. Comment ne pas y voir là, au moins la suspicion d’un procès politique consistant à écarter durablement de son pays un président pour qu’un autre puisse exercer les mêmes fonctions à sa place – si des personnes avaient encore des doutes à cet égard, je pense qu’ils sont tous dissipés aujourd’hui.
 
KOACI.COM : Nous constatons que la défense de Laurent GBAGBO récuse la CPI alors que des voix soutiennent que c’est en tant que président de la République que ce dernier a ratifié le Statut de Rome. Ne pensez-vous pas que cela fait passer difficilement vos actions contre la même cour ?

Me HT : Il y a une confusion sur ce point. Nous disions la chose suivante : A l’issue des évènements de 2002, un ministre ivoirien avait demandé à la CPI d’enquêter uniquement sur ces évènements.
Rien ne sera fait. Le Procureur OCAMPO ne fera rien du tout. Il se limitera à dire qu’il n’avait pas obtenu de visas sans plus de précisions.
Lors de la crise postélectorale, Monsieur OUATTARA adressera un premier courrier en décembre 2010 pour demander au Procureur d’enquêter. Il réitérera ce courrier en mai 2011 en prenant le soin de restreindre la période des faits juste aux évènements qu’il voulait imputer au Président GBAGBO.
A ce stade, nous pouvons noter que sur les évènements de 2002, le Procureur OCAMPO n’a rien fait. Mais croira pouvoir faire état de ce document pour justifier par la suite son intervention, et ce alors même que la Côte d’Ivoire n’avait pas ratifié le Statut de Rome. Contrairement à ce qu’on a pu entendre, il n’y a jamais eu de reconnaissance de la CPI par le Président GBAGBO. Mais après la tentative de coup d’état de 2002, et pour éviter que l’on dise que la justice ivoirienne était instrumentalisée contre les pro-Ouattara, il avait été demandé au Procureur de la CPI d’enquêter sur les événements de 2002, ce que ce dernier ne fera pas.
Vous remarquerez que le Procureur qui prétend se soucier des victimes n’a accompli aucune enquête en 2002, alors qu’il avait été régulièrement saisi. Et en 2010-2011, alors qu’il n’est nullement saisi et qu’il n’y a eu aucune enquête, il s’est acharné à demander que le Président GBAGBO soit retenu jusqu’à ce qu’il puisse le transférer.
Et à qui demande-t-il ? A Monsieur OUATTARA qui n’avait aucune qualité pour le faire en décembre 2010, lequel d’ailleurs, après une prestation [de] serment ubuesque en 2011 se croira fondé à exécuter manifestement l’instruction donnée par Monsieur OCAMPO. La situation prêterait à sourire, s’il ne s’agissait pas de la vie d’un grand fils du continent africain, le Président GBAGBO. Ce n’est plus du droit. La motivation politique est claire.
 
KOACI.COM : Qu’attendez-vous désormais de la CPI si les informations de Mediapart étaient avérées ?

Me HT : Je n’attends rien en particulier. C’est à la CPI, et en particulier au Bureau du procureur de prendre ses responsabilités. Soit, il y a un nettoyage réel qui est opéré avec une réelle volonté de rendre justice sans aucune motivation politique, soit rien ne sera fait et la CPI n’en serait que davantage discréditée. La balle est dans leur camp.
Et cela pourrait même être la dernière grande affaire que la CPI aura à juger avant sa disparition de manière évanescente.
Qui pourra encore lui faire confiance !
 
(...)
 
KOACI.COM : Un commentaire sur le témoignage de l’ex chef d’Etat-major de Philippe Mangou à la Haye…

Me HT : Le témoignage de Monsieur MANGOU ne suscite de ma part aucune réaction particulière. Pas grand-chose sur le fond. Il a passé son temps à dire qu’il est fils de pasteur en oubliant qu’il fut Chef d’Etat-major des Armées. Tentative pathétique de se soustraire à ses responsabilités.
J’observe seulement que sur l’essentiel, notamment à propos de la marche sur la RTI, la tuerie des femmes d’ABOBO, et le bombardement du marché d’ABOBO, pas une seule fois il n’a mis en cause le Président GBAGBO, alors qu’il est le témoin principal de l’accusation !
 
(...)
 
KOACI.COM : Les nouvelles de Madame Simone Gbagbo ? Notamment sur son état de santé dont on dit préoccupant…

Me HT : Madame Simone GBAGBO a un état de santé qui nécessite un suivi régulier. Nous demeurons très vigilants sur cette question.
La santé de notre Cliente est notre priorité.
(...)
 
 
 
 

 


Publié par Le Nouveau Courrier

 

L'enquête de Victorine Wodié qui trouble le sommeil de Soro et ses anciens chefs de guerre

 
L’élargissement des enquêtes de la CPI à la période de 2002, au-delà des manigances de nageur en eaux troubles du procureur Ocampo, est une occasion pour exercer notre devoir de mémoire collectif. Notamment en ce qui concerne les populations de l’Ouest qui ont vécu les affres des crimes odieux commis par les hommes de Soro depuis 2002. Un rapport produit par la ministre des Droits de l’Homme le 12 décembre 2002, aujourd’hui présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (son maintien par Ouattara indique qu’il approuve son travail passé) fait la lumière sur les atrocités des rebelles en moins de trois mois de conflit. Au nom de la lutte contre l’impunité, et pour faire droit aux victimes de Soro, nous publions ce rapport, à verser à la CPI.

 


Dans un rapport publié le 12 décembre 2002, au nom du Gouvernement Ivoirien, le Ministre Délégué aux Droits de l’Homme a fait un bilan partiel de la situation des Droits de l’Homme depuis l’agression barbare perpétrée contre la Côte d’Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. De nombreux témoignages concordants, recueillis auprès de témoins ou rapportés par la presse, ont permis de se rendre compte de plusieurs cas de violations graves des Droits de la Personne Humaine commises par les rebelles du MPCI (Mouvement Populaire de Côte d’Ivoire) dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, à savoir :

• Les violations du droit à la vie (exécutions sommaires de populations civiles et militaires),
• Les tortures et traitements cruels inhumains et dégradants (viols, tortures et mauvais traitements, administration de substances nuisibles à la santé),
• Les violations du droit au respect de la vie privée (violation de domiciles),
• Les violations du droit à la libre circulation,
• Le travail forcé ou obligatoire (enrôlement forcé de nombreuses personnes dont les mineurs),
• Les disparitions,
• Les violations du droit à la non discrimination,
• Les violations du droit à la sécurité,
• Les violations du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (destruction de l’Etat civil).
 
Alors que ce rapport était en préparation, deux autres mouvements armés, le MPIGO (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest) et le MJP (Mouvement pour la Justice et la Paix), ont fait leur apparition dans l’Ouest du pays.

Le rapport du 12 décembre n’ayant pas pu prendre en compte la situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, le Ministre Délégué aux Droits de l’Homme a rassemblé des témoignages et des informations pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur la situation qui prévaut dans cette partie de la Côte d’Ivoire.
 
La rébellion armée MPIGO-MJP, outre ce qu’elle partage en commun avec la rébellion MPCI dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, a des caractéristiques propres. En effet, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, c’est la version caricaturale des violations hideuses des Droits de l’Homme du MPCI. Ces rebelles n’ont cure des Droits de la Personne Humaine qu’ils violent sans cesse à tel point qu’un journal a écrit « qu’ils ont fait de la violation des droit de l’Homme, leur programme de gouvernement ». Parlant de la même situation, un témoin européen la décrit ainsi : « Là-bas, ce n’est plus la guerre civile, c’est une sorte de carnaval sanglant ».

Dans les villes de Man, Danané, Touleupleu, Bangolo, Bloléquin, Tabou, viols, meurtres et pillages sont devenus les loisirs des rebelles du MPIGO et du MJP appuyés par les mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone !

Le Gouvernement français, par le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères, s’est en son temps dit « très préoccupé par la violation des Droits de l’Homme dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire» (propos rapportés par l’AFP).

 

Les populations de l'Ouest vivent une horreur sans nom.
 

I – Caractéristiques communes de la rébellion Mpigo-Mjp avec la rébellion Mpci

Ces différentes branches de la rébellion ont en commun :

1 – Les exécutions sommaires de civils et d’agents des forces de défense et de sécurité
 
– A TOULEPLEU :
400 personnes tuées depuis le 30/11/2002 dont 142 corps identifiés.
– 97 tués à PEHE.
– 01 femme égorgée dans le village de Méo,
– 15 personnes tuées à Sahiby.

– A FACOBLY :
101 personnes tuées
– 47 personnes tuées dont le chef du village de Soumahié, des femmes y ont été égorgées.
– 01 femme égorgée dans le village de Méo.

– A KOUIBLY :
– Environ 15 personnes tuées dans le village de Douague.
– 01 gendarme et 01 instituteur tués.

– A DANANE :
-03 gendarmes assassinés à Dongouiné
– 02 douaniers et le Commandant de brigade adjoint tués le 28/12/2002.

– A DUEKOUE :
– 261 personnes tuées 54 portées disparues selon l’association des Cadres WÊ.

– A BLOLEQUIN :
– 246 personnes tuées.

– A BANGOLO :
– 29 civils tués entre le 20 décembre 2002 et le 21 janvier 2003, témoignage rapporté par le comité départemental de gestion de la crise à Bangolo (Notre Voie du 21 janvier 2003),
Au total, 190 personnes tuées et 90 disparues selon les sources de l’Association des Cadres WÊ,

– A MAN : exécution de plusieurs civils dont le Directeur Régional de l’Education Nationale. Une liste de quelques victimes peut être consultée en annexe. Selon les sources de l’Association des Cadres WÊ, il y a environ 1.300 morts dont 896 ont été identifiés dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.
 
2 – Les viols
 
Dans les villes et villages notamment à Danané et Tabou, les rebelles se livrent à des viols, même sur des mineurs. Ainsi à Facobly, plusieurs femmes enlevées dans le village de Gbadrou, ont été violées pendant plus d’une semaine. Les témoignages concordants sur les viols sont légions. (…)
 
3 – Enrôlement de prisonniers
 
Dans toutes les villes occupées, les prisons ont été ouvertes et des prisonniers enrôlés dans les rangs des rebelles, ce qui accroît l’insécurité dans toute la région. C’est particulièrement le cas à Danané, Toulepleu, Bangolo, Man.
 
4 – Tortures et traitements inhumains et dégradants
 
Un vieillard de plus de 105 ans est mort après avoir été détenu sans nourriture pendant sept (7) jours à Dena (sous-préfecture de PEHE). Les chefs de village sont passés à tabac parce qu’accusés de complicité avec les loyalistes. Plusieurs personnes battues et exposées nues au soleil pendant des heures. Des Prêtres ont même subi ce sort, à Man et à Danané T. N° 3. Sévices sur une femme enceinte dont le bébé est mort après l’accouchement à Man. Le témoin N° 66, une femme décrit par exemple : « de mon lieu de cachette, j’aperçois la scène qui se passait. Ils ont déshabillé les hommes et les femmes en vue de chercher de l’argent».
 
5 – Pillages et destruction de biens
 
A Danané, Man, Bangolo, Toulepleu, Tabou, les rebelles se livrent à des pillages systématiques des domiciles aussi bien dans les villes que dans les villages. Ainsi, le domicile du Ministre BOMBET a été saccagé à Bangolo. Les cantines scolaires ont été pillées à Danané. Des plantations ont été incendiées à Bangolo, Toulepleu et Facobly privant ainsi, les paysans de leur seule source de revenu et de nourriture.
 
II – Caractéristiques spécifiques de la rébellion de l’Ouest
 
1 – Présence massive de mercenaires et étrangers libériens et sierra-leonais
 
La rébellion à l’Ouest, cela est désormais établi, est l’affaire des mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone, deux (02) pays qui ont connu plusieurs années de guerre civile ; un reporter du journal français LE FIGARO écrit, à ce propos, dans le numéro du 21 janvier 2003: «la route goudronnée ainsi que les pistes qui descendent de Man à Duekoué sont occupées par des hordes de combattants venus du Libéria et de la Sierra Léone, associés à des rebelles du MJP et Du MPIGO». Plusieurs témoignages concordants font état de la présence de nombreux soldats ne s’exprimant qu’en anglais. (Témoignages N° 42, 43, 62, 63).
 
2 – Développement du phénomène des enfants soldats
 
Dans le précédent rapport, le phénomène des enfants-soldats enrôlés de gré ou de force par les rebelles avait déjà été stigmatisé. A l’Ouest, ce phénomène semble s’être accentué : « les enfants-soldats sont rois à Man… Des enfants âgés de douze (12) ans foncent à travers les rues défoncées de la ville, au volant de MERCEDES dont ils ont arraché les portières pour mieux exhiber leur armement ». La plupart de ces enfants ont déjà à leur actif plusieurs années de combat au Libéria et en Sierra-Léone. T. N° 65.
 
3 – Des mercenaires incontrôlables
 
Les mercenaires recrutés par le MPIGO et le MJP, s’ils s’accordent avec leurs recruteurs pour tuer, détruire et piller, ils échappent totalement aux contrôles de leurs « employeurs » à en croire le Lieutenant Samuel TOUNKARA du MJP qui reconnaît dans le même numéro du FIGARO «Le problème c’est qu’il nous est impossible de contrôler totalement ces Libériens».
 
4 – Les mercenaires se paient en butin de guerre
 
Dans toutes les villes, les rebelles font systématiquement main basse sur tous les biens des populations y compris les récoltes des champs. Ils obéissent ainsi à ce slogan rapporté par plusieurs journaux et par plusieurs témoins « opération pay yourself » (paie-toi, toi-même sur la guerre). Ainsi, appareils électroménagers, véhicules, ustensiles de cuisines, etc., sont convoyés vers le Libéria à partir de Danané, Toulepleu, Bangolo, Blodéquin et Man.
 
5 – Profanation de tombes et de lieux sacrés
 
– Profanation de tombes et de forêts sacrées dont la tombe de feu Colonel OULAÏ.
– Des masques (objets sacrés de la région) ont été brûlés et des sites d’initiation saccagés.
 
6 – Travaux forcés et pillages de ressources naturelles
 
A I.T.Y., les rebelles ont contraint des ouvriers à extraire de l’or pour eux.
 
7 – Des mutilations d’otages
 
Un témoin interrogé dans les colonnes du journal Soir Info du 24 février, déclare ceci à propos des sévices faits sur les populations civiles à Toulepleu : « ceux qui ont été faits otages font l’objet de marquage distinctif qui consiste pour leurs ravisseurs soit à leur couper l’oreille, soit l’orteil ou tout simplement un doigt ». Face à ces atrocités sans nom et à la terreur semée dans la région, les paysans n’ont d’autres recours que de se réfugier dans les forêts.
 
8 – Une barbarie sans nom
 
Des villages sont incendiés (PEHE), des récoltes emportées, des plantations détruites, des personnes égorgées, des corps brûlés. Les villageois ne pouvant plus se rendre dans les champs sont exposés à la famine. Dans toutes les localités assiégées, l’administration n’existe plus, les écoles et les centres de santé sont fermés. La population court de graves risques d’épidémie à cause des corps en décomposition dans les villages désertés et dans les forêts.

Dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, la vie humaine n’a aucune valeur aux yeux des rebelles assoiffés de sang. A Bangolo, pour n’avoir pas pu payer la rançon de dix (10.000) mille francs CFA exigée, un paysan a été froidement abattu. Des personnes ont été exécutées à l’arme blanche (égorgées) et des corps brûlés notamment à Kouibly, Toulepleu. Après avoir égorgé leurs victimes, les rebelles en boivent le sang. Une rançon est parfois exigée pour la libération de ceux qui sont pris en otages. Ainsi, à Voumgbé (Facobly), les assaillants ont exigé bœufs, moutons et la somme de cent (100.000) mille francs CFA pour la libération des personnes détenues, qu’ils avaient enterrées debout ayant la terre jusqu’au cou. Malgré le paiement de la rançon, ces personnes ont été exécutées par balles. (…)
 
L’heure est venue d’y mettre fin faute de quoi, la Communauté internationale pourrait être un jour accusée de non assistance à personne en danger. Avec l’espoir suscité par les Accords de Marcoussis, le Gouvernement ivoirien en comptant sur le concours de la Communauté internationale, espère avoir les moyens de rétablir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire afin de pouvoir faire un bilan plus exhaustif des exactions commises par la rébellion armée depuis le 19 septembre 2002.

C’est pour ce faire qu’une commission d’enquête internationale de l’ONU a été demandée depuis le 05 novembre 2002. Cette commission est vivement attendue.
 
Fait à Abidjan, le 25 février 2003
Pour le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire

Victorine WODIE
Ministre délégué aux Droits de l’Homme

(Source: Le nouveau courrier, n° 1714, 20 oct. 2017, pp. 3-4)
 
 
 

Entretien avec Bernard Houdin (13 octobre 2017)

 

 
Vidéo mise en ligne par le Cercle des Volontaires le 17 octobre 2017 ; durée : 30:17 mn.

 


La CPI prend l'eau de toutes parts

 

Par Leslie Varenne

 
Outre les révélations de Mediapart, sur lesquelles l’IVERIS reviendra dans un prochain article, la Cour Pénale Internationale (CPI) continue de toucher le fond.

En effet, le 11 octobre, Eric Bacard, fonctionnaire de la Cour depuis 2004, ancien expert en médecine légale auprès du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie (TPIY), était entendu comme témoin lors du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Son audition était fort ennuyeuse en apparence, mais en apparence seulement. En réalité, elle a mis en lumière des faits essentiels à la manifestation de la vérité et a également permis de prendre la mesure de l’amateurisme de cette justice internationale en matière scientifique.
 
- Le fonctionnaire/témoin rédige un rapport d’expertise fondamental pour l’accusation en trois jours chrono et oublie de changer la date sur son ordinateur.
 
- L’expert en médecine légale ne vérifie pas s’il y a des scellés sur les sacs mortuaires, ni avant, ni après ses prélèvements ADN.
 
- L’expert ne peut pas procéder à l’exhumation du corps de Madame Bamba, l’une des femmes décédées ce jour-là, car la famille ne retrouve plus l’emplacement de la tombe dans le cimetière d’Abobo, la plaque identifiant la sépulture ayant mystérieusement disparu. Finalement, ce sont les autorités ivoiriennes qui procéderont à cette exhumation, mais l’expert est incapable de dire sur quelles bases ces autorités ont fini par identifier la tombe…
 
- Lors du contre interrogatoire très pertinent et très pointu du professeur Jacob, membre de l’équipe de défense de Laurent Gbagbo, Eric Bacard emploie des conditionnels, ignore les réponses, ne se rappelle plus, « il lui semble » …
 
Mais, sans aucun doute, ce 11 octobre marque d’une pierre blanche ce long procès. Depuis six ans, l’IVERIS enquête sur la tuerie des femmes d’Abobo et cherche où, comment et pourquoi les corps de ces victimes ont disparu ? (Lire le rapport sur ce sujet ici). Le fonctionnaire/témoin a enfin apporté une réponse hier. Les dépouilles ont été enterrées dans une fosse commune après qu’une panne d’électricité ait altéré le fonctionnement des chambres froides. Cette révélation laisse pantois. Pour mémoire, feu le général Guei est resté à la morgue d'Abidjan pendant sept ans avant d'être enterré dans son village de Kabacouma ; L’inhumation d’Ibrahim Coulibaly, dit IB, a eu lieu quatorze mois après son décès.
 
Question : pourquoi la chaîne de froid a-t-elle pu être maintenue pendant autant de temps dans ces deux cas sans problème ?
 
Réponse : parce que les morgues d’Abidjan disposent de groupes électrogènes !
 
Questions : Pourquoi cette panne ? Ni accusation ni défense ne semblent s’y intéresser. Quand a-t-elle eu lieu ? Cette interrogation paraît essentielle à une expertise médico-légale afin d’analyser l’état des corps, mais là encore, l’audience d’hier ne s’est pas enquise de ce point, pourtant crucial.
 
Reste une autre énigme fondamentale dans ce dossier : pourquoi les employés de la morgue ont-ils ôté les sacs mortuaires dans lesquels se trouvaient les victimes avant de les mettre dans la fosse commune avec des centaines d’autres victimes ?
 
Enfin, pour clôturer cette nouvelle séance surréaliste, une fois encore, le juge-président, Cuno Tarfusser a annoncé une suspension des audiences du procès Laurent Gbagbo-Charles Blé Goudé en raison du manque de moyens financiers de la CPI. C’est la deuxième fois que la Cour agit ainsi au mépris des accusés [2], qui, faut-il le rappeler, sont présumés innocents et à qui la liberté provisoire est systématiquement refusée.
 
Leslie Varenne
 
 
[2] https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/229-cpi__autopsie_dun_naufrage_judiciaire
 
In : IVERIS (Actualité et évènements), 13 octobre 2017