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Lia Bi Douayoua depuis son exil :
 
«Plus d’une centaine d’exilés sont morts au Ghana»
 
Interview réalisée pour "Le Temps" par Germain Séhoué
 
Lia Bi Douayoua, ancien ministre de la Communication et des nouvelles technologies de l’Information, vit de nouveau en exil au Ghana depuis février 2016. Il explique pourquoi il est retourné au Ghana, explique les conditions de vie des exilés ivoiriens dans ce pays, et donne son avis sur plusieurs questions, dont le procès du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé, les élections de 2020, la réconciliation et l’insécurité en Côte d’Ivoire.
 
Monsieur le ministre, depuis Février 2016, vous êtes retourné en exil. Que s’est-il passé pour que vous quittiez à nouveau la Côte d’Ivoire ?
 
Après trois ans et demi d’exil, j'étais rentré en Côte d'Ivoire le 10 novembre 2014. Soit un mois avant le congrès annoncé du FPI. Comme il fallait s'y attendre, j'ai aussitôt rejoint mes camarades pour continuer nos activités politiques. C'est ainsi qu’il m’a été demandé de conduire une délégation de la direction du parti auprès de nos camarades encore en exil au Ghana et au Bénin vers fin février 2016. A mon retour, une convocation du doyen du juge d'instruction du Tribunal d'Abidjan m'attendait. Elle était ainsi libellée : "...le doyen du juge d'instruction invite Mr Lia bi Douayoua pour être interrogé sur des faits qui lui sont imputés... Faute de comparution, il sera décerné contre lui un mandat de comparution, d'amener ou d'arrêt". Connaissant les pratiques du milieu, et après consultation, j'ai refusé de me livrer en pâture. J'ai donc repris le chemin de l'exil que je connais bien.
 
Que vous reprochiez-vous pour ne pas vous rendre à la convocation du juge ? Bien des gens ont dit alors que vous avez manqué de courage…
 
Je ne me reprochais rien. Toutefois j’avais des informations concordantes qui circulaient sur mon activisme politique qui n’allait pas dans un certain sens. J’avais été informé que [mon] nom figurait sur une liste de personnes qui se reunissaient souvent à la residence Presidentielle pendant la crise. J’étais donc pour eux potentiellement co-auteur du famaux Plan commun. Vous avez bien lu la convocation du juge ? Il veut m’interroger sur des faits qui me sont déjà « imputés ». Pas « reprochés ». A votre avis qu’est-ce qu’on reprochait à Assoa Adou, Hubert Oulaye, Danon Djedjé et les autres camarades ? Ayant déjà fait la prison, j’ai decidé cette fois-ci de conserver une relative liberté pour continuer la lutte. On ne peut pas choisir de faire la politique au niveau où je le fais depuis la clandestinité, du temps du parti unique triomphant en prenant tous les risques et manquer de courage.
 
Quel sens donnez-vous au patriotisme ?
 
Pour moi, le patriotisme se définit et se mesure par l'engagement qu'un individu prend pour se battre pour la défense des intérêts de son pays, de sa patrie. Depuis 1986, jeune cadre, je me suis engagé aux côtés de Laurent Gbagbo pour cette cause-là, qui, pour nous, doit déboucher, et ce n'est pas une illusion de l’esprit, sur l'avènement d'une Côte d’Ivoire libre, démocratique, prospère et solidaire. Tans pis si, comme Gbagbo, je continue d’en payer le prix.
 
Dans quelles conditions vivent les réfugiés ivoiriens au Ghana ?
 
Les exilés ivoiriens au Ghana, environ 11 000 selon le recensement officiel du HCR, mais bien plus, sont répartis, dans trois camps de refugiés, dans des villages et dans des villes. Ils sont dans des conditions déplorables puisque les aides humanitaires sont presque arrêtées. Ils survivent grâce aux appuis de parents et amis et de petits boulots. Pour eux, ils payent leur part du sacrifice comme ceux qui ont perdu la vie et ceux qui sont dans les fers comme Simone et Laurent Gbagbo.
 
Que pensez-vous de tous ces cercueils de réfugiés ivoiriens au Ghana et ailleurs qui rentrent en Côte d’Ivoire depuis 7 ans ?
 
 C’est bien evidement dans la douleur extrême qu’il nous arrive d’accompagner dans des cercueils jusqu'à la frontière, nos amis et camarades décédés. Mais il y a pire. Plus d’une centaine d’Ivoiriens en exil sont morts au Ghana depuis avril 2011. La grande majorité est enterrée sur le sol Ghanéen.
 
Que répondez-vous au Gouvernement ivoirien qui invite les exilés à rentrer au pays ?
 
Cette invitation n'a jamais été sincère. J'en suis la preuve. Rentré, j'ai dû reprendre le chemin de l'exil pour échapper à une arrestation. Ce fut le cas pour Mme Elisabeth Kapet, membre du secrétariat général du Fpi, de Mr Anoh Gilbert, Responsable dans l'ancienne filière Café-Cacao retourné in extremis à Dubai. La loi d'Amnistie réclamée par tous est toujours refuséee. Pourquoi ? La majorité des exilés encore dans les camps de réfugiés au Ghana sont des ressortissants de l'ouest de la Côte d'Ivoire. Leurs terres, plantations, sont à ce jour occupées de force par une horde de gens venus de la sous-région. Comment envisager dans ce cas un retour si cette question n'est pas réglée ? Que dire des cadres qui sont sous le coup des mandats d'arrêt internationaux toujours pendants ? quelle est la situation des responsables militaires et des soldats qui ont participé aux combats de la crise ? Voici autant de questions qui plombent le processus du retour. Les incantations politiciennes ne rassurent pas.
 
Le 7 août 2017, la Diaspora africaine s’est mobilisée à La Haye, a défilé comme si c’était devant le Président Laurent Gbagbo au Palais présidentiel, comment expliquez-vous cette détermination ? 
 
Je les soutiens et je les félicite. J'ai dit un jour à un journaliste américain qui interrogeait à Accra le ministre Assoa Adou sur la crise ivoirienne ceci : « Ce qui se passe en Côte d'ivoire avec Ouattara et Soro Guillaume sur le tapis rouge du Pouvoir et Gbagbo dans les profondeurs de la prison à la Haye, fait partie des plus grandes impostures de ce siècle qui commence". Aussi face à l’'imposture et la forfaiture il n'y a pas mille voies de sortie. Et c'est Martin Luther King qui indiquait la voie en ces termes : " celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui ". Eh bien, nos camarades en Côte d’Ivoire, nos Amis de la Dispora et nous autres contraints à l’exil avons justement choisi avec détermination de lutter pour dénoncer partout cette imposture. Honneur et gloire à eux.
 
Comment avez-vous vécu la décision de la Cour d’Appel de la Cpi ordonnant à la Chambre préliminaire 1 de reconsidérer sa décision sur la demande de liberté provisoire de Laurent Gbagbo ?
 
C'est toujours avec de la peine mais surtout avec beaucoup de gêne que je suis depuis plusieurs années le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Si cette cour avait été institutée pour dire le droit et rendre justice, les charges n'auraient jamais été confirmées contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et le procès, à travers ce que nous entendons des témoins dits à charge, aurait pris fin depuis. Les arguments développés chaque fois, et c’est la onzième fois, pour refuser la liberté provisoire à Gbagbo sont la preuve de l'imposture qui enveloppe ce procès. Comment Gbagbo qui en Mars-Avril 2011, sous les bombes meurtrières des forces internationales coalisées, avait refusé de quitter la résidence d’Etat alors que le risque d’y mourir était grand, peut-il être aujourd’hui soupçonné de fuir si la liberté provisoire, même assortie de conditions, dans un pays choisi par la Cpi elle-même, lui était accordée ? Où sont les soutiens plus puissants que les " puissants " du moment qui l'ont livré pieds et mains liés ? La cour d’appel demande de reconsidérer la décision. Il y a même eu une opinion dissidente d’un des juges. Nous attendons de voir... Dans l'attente, comme Gbagbo nous a enseigné, " chacun fait son travail ". Au Procureur d’apporter les preuves qui n’ont jamais existé, d’un Plan commun d’extermination des populations par Gbagbo. Aux avocats de démontrer l’évidence et aux juges d’avoir l’audace de se soustraire des influences pour rester en harmonie avec leur conscience et honorer ainsi le serment prêté pour être juges. Pour nous autres, nous avons constamment en tête cette image, « Tant que celui qui te poursuit ne s’arrête pas… tu n’as pas le droit de marquer le pas ».
 
Comment expliquez-vous les remous, les mutineries, les attaques répétés en Côte d’Ivoire, et même le braquage qui vient de se produire au Palais de justice d’Abidjan qui a libéré des détenus en plein jour ?
 
La Côte d’Ivoire souffre depuis 17 ans des métatarses du cancer de la rébellion Ouattara-Soro. C'est ce qui explique les mutineries, attaques, et autres braquages à répétition partout dans le pays.  On ne peut pas « ramasser » tous les mercenaires de la sous-région, distribuer des armes aux populations civiles pour s'emparer du pouvoir d'état et espérer gouverner tranquillement sans s’attendre à un retour de bâton. Le hic dans l’affaire est que toute la Côte d’Ivoire, à son corps défendant, est appelée à payer la rançon. 
 
Que pensez-vous de l’idée de la présence du camp Gbagbo aux élections présidentielles de 2020 ?
 
C’est de bon droit dès lors que nous avons écarté depuis toujours les armes comme moyen d’accession au Pouvoir. C’est un challenge de plus que le Fpi, parti de défis, prend avec la Côte d’Ivoire. Il invite de ce fait les Ivoiriens qui depuis six ans, avec confiance, respectent tous les mots d'ordre qu'il a lancés, à s'engager pour restaurer la Côte d’Ivoire. Ce qui se passe dans le pays en matière de destruction de la cohésion sociale, de recul des libertés primaires chèrement acquises, de bradage de l'économie nationale, des terres et du patrimoine forestier, de préférence ethnique est insoutenable. Il faut donc s’engager. Pour le FPI qui, dans cette grisaille, incarne tant d’espoirs, le moment est venu de se donner tous les moyens légaux pour y parvenir.
 
Voulez-vous aller aux élections sans conditions ? Qu’est-ce qui aura changé ?
 
Quand le Fpi déclare qu’il ira aux élections de 2020, c’est un objectif politique majeur. C’est un appel et une réponse aux attentes des populations avec lesquelles nous sommes régulièrement en contact. C’est avec cette population que nous devons nous donner les moyens d’exiger la satisfaction des conditions pour des élections justes, transparentes, libres et démocratiques. Pour ne pas revivre une autre crise. Dans ce noble combat, je constate que le FPI n’est plus seul puisque depuis quelque temps nous entendons le Pdci et d’autres alliés d’hier du RHDP, en parler avec clarté. Aussi selon DOM Helder « lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité ; l’utopie partagée, c’est le ressort de l’histoire ". Nous y sommes.
 
On voit Soro Guillaume en campagne de réconciliation. Il veut même rencontrer Laurent Gbagbo pour un pardon. Que vous inspire cette démarche du président de l’Assemblée nationale ?
 
La question de la réconciliation en Côte d'Ivoire est trop cruciale pour la distraire dans ce qui apparaît à mes yeux comme un cynique divertissement de mauvais goût de Guillaume Soro. Soro n'a pas un problème personnel et spécifique avec Gbagbo à régler dans sa cellule de prison à La Haye. Il a dirigé une rébellion qui est devenue un cancer dont souffre toute la Côte d'Ivoire. Il doit donc chercher à se réconcilier avec la Côte d’Ivoire.
Quand on veut la réconciliation - nous la voulons tous - et qu’on est sincère, il y a une posture, un regard, un pas, un geste, une démarche, un ton qu'on emprunte nécessairement. En d'autres termes comme l’indique par un subtil jeu de mots, l’auteur conférencier à succès Zig Ziglar : " C'est votre attitude, bien plus que votre aptitude qui détermine l'altitude".
 
Depuis quelque temps, le torchon brûle au RHDP entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, parce que l’alternance 2020 promise par l’Appel de Daoukro est compromise. Qu’en pensez-vous ? 
 
Je n'en pense rien. Chez nous, on indique cela par une image : " deux serpents du même trou se mordent les queues ". Lequel aura le venin mortel ? L’appel dit de Daoukro engage Ouattara et Bédié. Même pas leurs partis, encore moins la Côte d’ivoire. Peut-être qu’ils se retrouveront cette fois à Kong, Gbéléban ou ailleurs pour se lancer un nouvel appel !
 
Alassane Ouattara vient de déclarer dans son message à la nation du 6 Août 2017 que tout le monde peut être candidat en 2020. Serez-vous étonné de le voir sur la liste des candidats à sa succession en 2020 ? 
 
En plusieurs décennies d’engagement politique soutenu, je n'ai pas appris à m'étonner aussi platement. C'est bien pour être présent aux élections de 2020 que Ouattara a fait voter, dans les conditions que l’on sait, une nouvelle constitution en faisant sauter tous les verrous. Mais rassurez-vous. Le sort de la Côte d’Ivoire ne dépend pas de Ouattara. Mais du niveau de conscience et d'engagement des ivoiriens face aux enjeux. Souvenez-vous de ce qui s'est passé ces dernieres années au Burkina, au Bénin et au Gabon. Pourquoi Gilbert Diendjéré, Lionel Zinsou et Jean Ping n'ont pu être imposés aux populations ? Il y a eu dans ces pays respectifs le formatage de consciences nationales et patriotiques sur lesquelles se sont fracassées toutes les velléités de pratiques impérialistes que j’ai envie de qualifier de surannées.
 
Interview réalisée sur internet par Germain Séhoué
 
(IN Le temps N ° 4167 du mardi 29 août 2017 , Pages 5-6)

 

 

 

Lia Bi Douayoua

 

 

 

 

 


Georges-Armand Ouégnin, président de la plate-forme d'opposition EDS (Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté), a rencontré le Président Laurent Gbagbo le 4 août 2017, au centre de détention de Scheveningen.

 

 

 

Vidéo mise en ligne le 6 août 2017 par Ye News Video, sous le titre :
Georges-Armand Ouégnin, président EDS : "Ce que Gbagbo m'a dit à La Haye"
Durée : 4:45 mn
 
 

 

 

 

 


Evariste Méambly, député de Facobly, répond aux questions de Jean-Paul Oro et Blaise Bonsié, sur EventNews TV


Evariste Méambly dirige le groupe parlementaire "Agir pour le peuple" qui propose, pour apaiser les tensions en Côte d'Ivoire et contribuer à faire de l'objectif de la réconciliation une réalité, le vote d'une loi d'amnistie générale pour tous les prisonniers politiques de la crise postélectorale.

Pour plus de détails, voir notre article du 21 avril 2017 :
Rencontre entre le député de Facobly Evariste Méambly et des représentants de la CPI
 
Vidéo mise en ligne par Eventnewtv presse le 26 juillet 2017
Emission : "Les grandes questions d'actualité"
Durée : 36 mn


 





 

 


Abidjan, le 20 avril 2017, lors du lancement officiel de la nouvelle plateforme politique « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » (EDS), un message du Président Gbagbo a été lu par Philippe Henry Dacoury-Tabley.
 
"C’est avec beaucoup de joie que j’ai appris l’heureuse initiative que vous avez prise de regrouper au sein d’une plateforme politique active toutes celles et tous ceux de nos compatriotes qui partagent notre vision et notre idéal politique.
 
Je salue cette initiative que j’appuie sans réserve. J’en remercie tous les initiateurs ainsi que les organisateurs. Je marque une attention particulière au professeur Armand Ouégnin qui a accepté d’assurer la présidence de cette nouvelle plateforme « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » dans un contexte particulièrement difficile, exprimant ainsi la constance de son engagement à nos côtés. A travers lui, j’entends toucher toutes les femmes et tous les hommes connus ou non qui, parce qu’ils ont cru en nous et en la justesse de notre combat politique, continuent de partager avec dignité, la souffrance et les pires formes d’humiliation que l’on nous inflige pendant plus d’un tiers de siècle depuis notre engagement dans la politique.

Toutes ces personnes occupent l’essentiel de mes pensées et sont régulièrement portées dans toutes mes prières. Pour elles et pour tous nos compatriotes, nous ne devons reculer devant aucun sacrifice pour porter jusqu’à son terme, l’idéal qui a justifié notre engagement politique et qui a fondé leur confiance en nous. Il s’agit d’un idéal de liberté totale pour notre peuple. Cet idéal de liberté auquel tous les peuples du monde aspirent doit être incorruptible pour nous. Rien ne doit pouvoir l’altérer. 

Notre conviction de départ n’a jamais changé. Malgré la violence de l’adversité, nous devons continuer de croire à la démocratie comme axe médium qui porte la liberté à son accomplissement total et renforce notre souveraineté en tant que composante de l’humanité. 
Seule la solidité de notre engagement fondée sur la foi en un avenir meilleur pour notre peuple peut cicatriser les blessures profondes que les différentes forces contraires nous ont portées. Nous avons le devoir moral de soulager les souffrances de nos compatriotes et d’activer leur espérance. Chaque fois que nous nous rassemblons dans la sincérité autour d’un idéal commun, nous renforçons le crédit de notre combat politique, et, ainsi, nous soulageons nos compatriotes. C’est pourquoi, j’en appelle à la compréhension et au bon sens de tous ceux qui s’identifient en nous et qui croient à l’idéal de notre combat politique afin qu’ils rejoignent ce mouvement de rassemblement.
Certaines valeurs constituent des référents solides de notre parcours politique commun. De toutes ces valeurs, l’humilité nous a permis de surmonter toutes les épreuves que nous avons traversées ensemble. Que chacun tire le maximum de notre expérience commune pour trouver à la fois les raisons et l’énergie du dépassement de soi. Les combats justes sont toujours difficiles à mener, mais ils se gagnent toujours pour peu que ceux qui les mènent ne se départissent jamais de l’idéal qui a qui justifié lesdits combats. Nous sortirons vainqueurs de cette épreuve. 
Ce n’est pas seulement une conviction, c’est une certitude que je voudrais partager avec chacune de vous et chacun de vous. Courage à vous hommes et femmes de bonne volonté. Bonne chance au mouvement « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté.
 
QUE DIEU BÉNISSE LA CÔTE D’IVOIRE .
Pour le Président Laurent GBAGBO"
 
(Source de la transcription : Le Combattant, avril 2017)
 
 
 

Questions aux candidats Posté le 26/02/2017 - Par Admin 1 Actualité politique

A l'origine de cette adresse aux candidats, la Plateforme Panafricaine est un "collectif d’organisations de la Diaspora africaine qui entend prendre à bras le corps les questions vitales pour les Africains afin de contribuer à peser sur le nécessaire rééquilibrage des relations futures de la France avec le continent africain".
Laurent Gbagbo a été écarté du pouvoir par la force, parce qu'il a toujours défendu une politique de souveraineté pour son pays, la Côte d'Ivoire, dans le cadre d'une coopération interafricaine. C'est pourquoi les Amis de Laurent Gbagbo soutiennent les initiatives telles que celle-ci.
 
 
Adresse de la Plateforme Panafricaine pour la présidentielle en France
 
A l’attention de :
Mesdames, Messieurs, Honorables candidates et candidats à la magistrature suprême,
 
Notre démarche citoyenne part d'un constat récurrent et tenace : combien de fois n'a-t-on pas entendu telle actrice ou tel acteur de premier plan de la classe politique française affirmer, avec faits et chiffres à l'appui, que "l'Afrique, c'est le continent d'avenir !"
 
La traduction en actes d'une telle phrase devrait conduire à des initiatives fortes pour redonner à la politique africaine de la France un nouveau souffle, des axes concrets de réflexion et d'action avec et en faveur des peuples africains.
 
Mais rien de tel ne s'est jamais produit ! Car, toujours, ces bons mots se sont noyés dans le marécageux marigot de la Françafrique.
 
Très vite, cette affirmation péremptoire disparaît toujours du logiciel des comités de rédaction des programmes de la campagne présidentielle quand l'heure arrive de dessiner une politique étrangère française, qui regarde et prend en compte les pays africains, notamment les anciennes colonies françaises, comme des alliés et des partenaires, avec qui on peut/on doit discuter et signer des contrats de coopération gagnant-gagnant, pour ensemble faire face aux nombreux défis de la mondialisation et du réchauffement climatique.
 
Très vite, chaque candidat à l'Elysée renoue avec les mêmes promesses farfelues et autres "déclarations d'amour à l'Afrique" qui sont vite oubliées... et remplacées par des circonvolutions d'allégeance aux régimes liberticides d'Afrique, au nom de la realpolitik !
 
En effet, une fois installés à l'Elysée, après avoir pris connaissance, avec faits et chiffres à l'appui, "des réalités, des jeux et enjeux d'alliance assurant la pérennité de la Grandeur de la France dans le Monde", tous les locataires de l'Elysée, de De Gaulle à nos jours, ont repris à leur compte la célèbre formule gaullienne suivant laquelle "La France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts".
 
Face à ce constat, notre démarche citoyenne reste cependant empreinte d'un vif optimisme qui se fonde sur les combats acharnés et toujours plus vigoureux des masses fondamentales africaines et des acquis de grande portée historique engrangés (certes encore fragiles) de ces luttes populaires, qui préfigurent, à un horizon pas si lointain, la fin de la Françafrique.
 
Nous voulons agir résolument, à travers les nombreuses activités de la Caravane Panafricaine 2017 (*), afin que l'affirmation selon laquelle "l'Afrique, c'est le continent d'avenir de la France" ne reste pas un simple slogan de campagne d'Hommes ou de Femmes politiques en manque d’idées alternatives, mais devienne une revendication politique, portée par une large opinion démocratique auprès de tous les candidats de la Présidentielle Française 2017, qui exige, ici et maintenant, l'élaboration et la réalisation d'une Politique Française de Coopération respectueuse de la Dignité et des Intérêts Fondamentaux des Peuples Africains.
 
A cet effet, le message de ralliement de toutes les citoyennes et de tous les citoyens qui adhèrent à notre initiative c'est "Mon candidat, c'est l'Afrique", pour bien afficher notre volonté collective de faire de l'Afrique, l'un des thèmes majeurs de cette campagne 2017, et non comme toujours, une question marginale, vite traitée par quelques vagues promesses humanitaires et/ou sécuritaires.
 
Face à ce statu quo de la politique africaine de la France qui perdure depuis le système de domination néocoloniale pensé et mis en place sous De Gaulle (au prix de quelques ravalements de façade), nous initions ce Questionnaire pour ouvrir, avec vous, et avec tous les citoyens de ce beau Pays des Droits de l'Homme, le nécessaire débat (toujours occulté ou minoré) sur les visions et les ambitions des candidats à la Présidentielle Française de 2017 vis à vis du continent africain, et plus particulièrement la nature des liens à tisser avec les anciennes colonies françaises d'Afrique et leurs citoyens, là-bas sur le continent et ici dans l'Hexagone.
 
(*) consulter le programme de la Caravane Panafricaine sur le lien suivant : http://www.ppanafricaine.org/index.php/fr/
 
Ce questionnaire fait l’hypothèse que vous soyez élu(e) Président(e) de la République le soir du 7 mai 2017.
 
 Q1. Le libre choix des dirigeants africains
 
Choisir leurs dirigeants est un droit universel et inaliénable des peuples. En Afrique, les dirigeants sont imposés aux peuples au prix d’innombrables vies humaines. Les forces vives africaines pointent du doigt la responsabilité de la France (au vu du déroulement des élections jusqu’à la période récente en Afrique francophone notamment au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Djibouti, Mauritanie…) ; le mode de tricherie est multiple et varié : la manipulation du corps électoral, la non publication des résultats en temps réel et par bureau de vote, la distribution sélective des cartes électorales, les différentes techniques d’inversion de résultats mises en place, etc.). Dans les autres pays de l’espace anglophone ou lusophone, les élections se passent mieux. Quelles dispositions prendriez-vous pour que cesse cette dérive si vous êtes élu(e) président(e) ?
 
Q2. La « dette » des pays africains
 
Les citoyens bien informés savent pertinemment que la prétendue « dette» des pays africains, notamment francophones, est la résultante d’actes engagés par des personnes imposées de force aux peuples africains comme dirigeants. Et ceci, dans une étroite collaboration entre le bailleur instructeur et le débiteur « bon élève ». Qu’envisageriez-vous, pour ce qui est du ressort de la France, afin de mettre un terme définitif à ce non-sens qui étouffe les peuples africains ?
 
Q3. La monnaie, un outil de souveraineté
 
Le franc CFA est, depuis sa création, un outil de domination des pays africains aux mains des autorités françaises. Sans monnaie indépendante, l’économie africaine ne pourra jamais décoller et devenir réellement concurrentielle. Les peuples africains francophones revendiquent la mise en place d’une monnaie commune souveraine. Qu’en pensez-vous ?
 
Q4. Les accords de défense, la coopération militaire et le terrorisme
 
Des accords de défense signés entre la France et ses anciennes colonies au lendemain des indépendances ont connu récemment, pour certains d’entre eux, quelques retouches, sans pour autant modifier fondamentalement la donne. En outre, ils restent toujours inconnus du grand public. L’armée française est omniprésente aux quatre coins de l’Afrique, dans des bases militaires et par le biais de la coopération militaire. Son rôle réel a toujours été et demeure, selon les situations, soit de veiller sur les dirigeants impopulaires et dictateurs imposés, « amis de la France » (Idriss Deby, Sassou N’Guesso, Ali Bongo, Alassane Ouattara, Aziz ...), soit d’évincer du pouvoir les dirigeants jugés insoumis aux intérêts de la France (Sylvanus Olympio, Thomas Sankara, Laurent Gbagbo,…). Aujourd’hui, au nom de la lutte contre un certain terrorisme instrumentalisé, la présence militaire française se propage un peu partout en Afrique et se pérennise. Et pourtant, parmi ces « amis de la France », un terrorisme d’Etat massacre la population civile dans un silence assourdissant. Quand et comment comptez-vous en finir avec ces accords de défense léonins et cette prétendue coopération militaire qui fait des forces françaises en Afrique une armée d’occupation et de déstabilisation ?
 
Q5. La coopération économique, les Accords de Partenariat Economique (APE)
 
 Des multinationales françaises font des bénéfices colossaux en Afrique (Bolloré, Total, Areva, Orange, etc.) pendant que les populations sombrent dans la misère. Au travers de multiples accords inégaux, la même exploitation économique continue : on cite les Accords de Partenariat Economique (APE) qui sont pour l’Afrique le pendant de TAFTA (traité de libre-échange transatlantique) pour l’Europe. Quelles dispositions prendriez-vous pour l’instauration de rapports économiques plus équitables et humains ?
 
Q6. La Justice climatique et les migrations
 
La pollution industrielle au Nord crée une instabilité climatique à l’échelle du monde, avec des conséquences dramatiques au Sud (désertification, sécheresse, etc.). Ceci est une des premières causes de la pression migratoire. De façon plus globale, la responsabilité des nations riches vis-à-vis de cette pression migratoire, quelles qu’en soient les raisons économiques, politiques et climatiques, est engagée. La moindre des choses pour ces nations, si promptes à mettre en avant les Droits de l’Homme lorsque la défense de leurs intérêts géostratégique est en jeu, serait de s’appliquer ces principes à eux-mêmes pour l’accueil des migrants. Quelles décisions mettriez-vous en œuvre pour apporter des réponses adéquates à cette question ?
 
Q7. La France, l’Afrique et les Institutions internationales
 
Dans la configuration de notre monde du XXIème siècle, les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale continuent de faire mains basses sur la gouvernance mondiale sans vraiment prendre en compte les autres, notamment l’Afrique, qui a pourtant sa part dans la victoire. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies reste un instrument aux mains de quelques pays, dont la France, qui se sont arrogés le droit de veto et l’utilisent comme bon leur semble. Le droit international et les instruments qui sont érigés pour l’incarner, notamment la Cour Internationale de Justice, pour ne citer que cet exemple, sont à géométrie variable. L’Afrique aspire légitimement à être membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Qu’en pensez-vous ?
 
Q8. L’image de l’Afrique, les discriminations raciales et les médias
 
Les discriminations frappent très singulièrement en France les personnes d’origine étrangère et plus particulièrement celles issues de l’Afrique ou d’ascendance. Une certaine légèreté de traitement des questions africaines par les médias y compris d’Etat, en est sans doute pour beaucoup dans cette déconsidération envers ces personnes. Entendez-vous y remédier et comment ?
 
Q9. Les pays africains traités encore comme des colonies
 
Plus d’un demi-siècle après les déclarations officielles d’indépendance des pays africains, les relations entre la France et ces pays sont empreintes d’un paternalisme qui rappelle le temps des colonies. En témoigne cette sorte de messe célébrée tous les deux ans que constitue le « Sommet Franco-Africain ». Dans l’actualité, on peut citer le rendez-vous de Bamako en janvier 2017, après celui d’Antananarivo en novembre 2016 sur la Francophonie. Ce dernier pose la question de l’évolution et l’émancipation culturelle de l’Afrique. Pour lever cette ambiguïté, seriez-vous prêt à changer de telles pratiques ?
 
Q10. La nécessaire intégration de l’histoire coloniale dans le récit national français
 
Alors qu’une partie de la République est toujours marquée par les stigmates de la traite des Noirs et de la période coloniale, l’Ecole de la République n’a toujours pas intégré cette dimension didactique historique dans le récit national. De même, l’appui de l’Etat fait défaut à un véritable travail de mémoire, à la recherche et à la diffusion de travaux scientifiques ainsi que la facilitation de l’accès aux archives nationales. Quelles mesures comptez-vous prendre pour rétablir la vraie histoire de la France ?
 
Merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions.
 
Paris, le 07/01/17
 
Pour La Plateforme Panafricaine, 
Raymond AYIVI
Référent
E-mail : ppanafricaine@gmail.com. 
 
Les premières Organisations signataires sont :
 
Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso (CCCDB), BurkinaComité Culturel pour la Démocratie au Bénin (CCDB), Coordination de la Diaspora Africaine de Bretagne (CDAB), Les Forces de Libération Africaine de la Mauritanie (FLAM), Togo Education Culture (TEC-France), Rassemblement National Républicain du Tchad (RNR), Agenda des Actions Africaines, Association Halte Génocide Côte d’Ivoire, Les Amis de Laurent Gbagbo, le Front Populaire Ivoirien (FPI, Côte d’Ivoire), Union pour le Salut National (USN),Djibouti, Ligue Panafricaine UMOJA. 
 
Pour toute correspondance postale, SVP : La Plateforme Panafricaine c/o M. Raymond AYIVI - 3, rue Dr Rouques 95870 Bezons
 
 
 

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