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Maître Rodrigue Dadjé, avocat de Simone Gbagbo et de plusieurs autres détenus politiques, fait le point sur le travail mené collectivement par l'équipe de la Défense et sur la mise en oeuvre pratique des mesures d'amnistie annoncées le 6 août 2018. Il rappelle également comment s'articulent les relations entre la Côte d'Ivoire, sa Justice et la Cour Pénale Internationale.
 
 
 
Vidéo mise en ligne le 16 août 2018 par Dnewstv
Mes 4 Vérités/Me Rodrigue DADJE, avocat de Simone GBAGBO :
« Que la CPI respecte nos pays »
Durée : 20:25 mn

 

 

 

 

 

Côte d'Ivoire : Ouattara sous pression, le peuple ivoirien respire un peu

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche
Paris, le 15 août 2018
 
L’annonce en a été faite le 6 août 2018 : libération de 800 prisonniers politiques dont quelques condamnés par contumace réfugiés à l’étranger et dont 300 encore en détention, mais dont sont exclus « une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ». Si nous nous réjouissons de ces libérations que nous avons à plusieurs reprises réclamées, nous ne pouvons nous joindre au concert de louanges adressées à cette occasion à Ouattara.
 
Car en libérant (d’ailleurs de façon parfaitement arbitraire et inconstitutionnelle) sans jugement des personnes emprisonnées sans jugement, la plupart étant maintenant gravement malades ou handicapées, Ouattara reconnaît son crime : avoir mis fin à l’expérience de la démocratie initiée par la deuxième République et avoir instauré une dictature qui ne dit pas son nom en Côte d’Ivoire depuis son renversement par la force du Président Gbagbo le 11 avril et sa prise de pouvoir officielle en mai 2011.
 
Ce régime est anti-démocratique et caractérisé par l’absence de tout débat démocratique avec une quelconque opposition dont il ne reconnaît pas l’existence. Ouattara après avoir prétendu respecter la limitation du nombre de mandats prévue par la Constitution, entretient dorénavant le doute sur ses intentions, une manière comme une autre de semer le trouble et de faire son petit chantage afin de résister aux pressions alors qu’il sait très bien que ce n’est ni possible, l’article concerné n’ayant pas été touché lors de la révision de Constitution de 2016, ni tolérable aux yeux de ceux qui l’ont installé dans son fauteuil.
 
Ce régime est prédateur et caractérisé par les largesses financières dont bénéficient les cercles du pouvoir ainsi que la déconnection croissante de la classe dirigeante par rapport aux réalités quotidiennes.
 
Ce régime est ségrégationniste en ayant élevé la préférence ethnique érigée en forme de gouvernement et en forme de structuration de la société ivoirienne. Seuls les ressortissants du Nord du pays ont tous les pouvoirs politiques en main, et dirigent toutes les institutions économiques, sociales, pédagogiques, sanitaires, militaires, et les représentations diplomatiques à l’étranger, ce qui n’empêche pas le petit peuple du nord laissé dans ses difficultés de la vie quotidienne, de lâcher le pouvoir de celui qu’il avaient pourtant soutenu.
 
Ce régime est affabulateur : dans son adresse officielle à la population de la Côte d’Ivoire le 6 août 2018 à la veille de la date anniversaire de l’indépendance du pays, Ouattara déclare être « heureux de constater les progrès significatifs […] dans le domaine de la hausse des revenus des paysans, des fonctionnaires et des salariés du secteur privé, du meilleur accès des populations aux services sociaux de base que sont l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation ». La réalité du pays ce sont les nombreux déguerpissements subis, l’augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, le manque d’eau potable, la hausse exagérée du prix de l’électricité ainsi que des coupures intempestives, la vie chère, l’état de délabrement des hôpitaux et les nombreux morts pour manque de soins, l’indifférence du régime au sort des victimes du scandale des déchets toxiques de Trafigura, des universités incapables de former la jeunesse, les enfants-microbes abonnés à la violence qu’ils subissent eux-mêmes de l’apartheid économique mis en œuvre par le régime.
 
Ce régime est indigne pour avoir vendu le pays aux étrangers. La réalité du pays est une extraversion économique intégrale prenant souvent la forme d’expropriations : les terres ivoiriennes sont données à des Burkinabés quand elles ne sont pas vendues à des Libanais ; la plus grande partie de l’économie et de l’industrie est entre les mains des Français.
 
Ce régime a fait de la Côte d’Ivoire, le pays du « miracle ivoirien » d’Houphouët-Boigny, le troisième pays subsaharien en nombre de migrants fuyant vers l’Europe !
 
Avec cette amnistie partielle et tardive, Ouattara dit favoriser la réconciliation nationale. Qu’il nous désigne qui exactement il veut réconcilier et qu’il présente son plan pour réussir cet objectif !
Qu’il annonce officiellement qu’il ne se représentera pas en 2020. Qu’il l’annonce maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ! Qu’il ne se contente pas d’annoncer une réforme de la Commission Electorale Indépendante mais qu’il la mette en œuvre à commencer par le départ de Youssouf Bakayoko son inamovible président depuis huit ans : 6,3 millions d’électeurs recensés pour un potentiel de 10 millions et ce malgré les recensements successifs et inopérants.
 
Nous dénonçons l’ignominie de ceux qui font de Dramane Ouattara un artisan de la paix parce qu’il libère sans jugement des adversaires politiques qu’il a emprisonnés durant sept ans sans jugement. Si l’on peut se réjouir d’une seule chose, c’est de la publication – certes tardive –du rapport commun des ambassadeurs de l’UE rédigé début juillet.
 
Ce rapport est accablant et mérite que nous en citions plusieurs extraits qui sont autoporteurs :
« La Côte d’Ivoire affiche l’image rassurante d’une stabilité retrouvée, portée par des taux de croissance élevés » (8% par an en moyenne depuis 2011), mais « les indicateurs sociaux stagnent (taux de pauvreté à 46% en 2015) » et « la population s’interroge de plus en plus ouvertement sur cette croissance qui ne lui semble pas ou peu bénéfique »,
« La population ivoirienne tolère d’autant moins les largesses financières dont bénéficient les cercles du pouvoir », « une ‘classe dirigeante’ dont l’enrichissement ces dernières années est parfois spectaculaire ».
« Les failles politiques importantes de la reconstruction » après la décennie de crise politico-militaire qui a divisé le pays dans les années 2000, et « les fragilités non résorbées d’un pays peut-être moins solide et démocratique que sa bonne image pourrait le laisser penser ».
« Face à ces difficultés, les autorités se montrent hermétiques aux critiques internes et externes, et semblent désireuses de ne laisser aucun lieu de pouvoir leur échapper ».
« La confrontation entre un pouvoir qui restreint progressivement les espaces d’expression, et une contestation sociale grandissante, n’augurerait rien de bon pour l’échéance de 2020 ».
Sur le plan politique, la création d’un « parti unifié » voulue par le président Alassane Ouattara, « annoncé comme la solution à l’instabilité passée (…) a été dès le début compris par tous comme une manière pour la coalition au pouvoir de s’assurer une réélection systématique, en reléguant les éventuels mouvements d’opposition à la périphérie du jeu politique ».
 
Les chefs de mission de l’UE estiment encore que « la relation de l’Union européenne avec la Côte d’Ivoire est affectée par le manque de dialogue politique », une « situation (qui) n’est pas compatible avec la relation forte entre l’Europe et la Côte d’Ivoire, dont témoigne notamment le haut niveau de soutien politique et financier apporté par l’Union européenne ».
 
« Au vu de ce constat, les Chefs de Mission de l’UE incitent (…) à une réflexion sur le soutien de l’UE à la Côte d’Ivoire », conclut le rapport. (L’aide de l’UE à la Côte d’Ivoire se monte à 273 millions d’euros pour la période 2014-2020, à quoi s’ajoutent les aides bilatérales, notamment de la France et de l’Allemagne).
 
La croissance ne résoudra pas tout de manière mécanique, en particulier si elle n’est pas inclusive et que la corruption demeure, affirment les auteurs, tandis que quelques lignes plus haut, ces derniers expliquent que la Haute autorité pour le bonne gouvernance est inactive et que l’Autorité de régulation des marchés manque de moyens et subit des pressions.
 
« Dans ce contexte, la relation entre l’UE et la Côte d’Ivoire est affectée par le manque de dialogue politique et une réticence à échanger sur les sujets majeurs ».
 
A Ouattara nous disons que nous ne sommes pas dupes des contraintes que ses bailleurs de fonds lui imposent au regard en particulier de ce rapport des chefs de mission de l’UE, contraintes qui le conduisent à faire preuve d’une générosité de façade parfaitement hypocrite.
 
A l’UE, nous disons qu’il faut tirer toutes les conclusions de ce rapport implacable et exercer les pressions financières et politiques sur le régime Ouattara même si le gouvernement français y fait obstacle ou fait montre d’inertie. C’est en s’attaquant aux sources du malheur social du peuple ivoirien et donc en cessant de soutenir ce régime vermoulu, que l’UE répondra le mieux à la question migratoire qui contraint des ivoiriens, contrairement à leurs traditions, à prendre le chemin de l’exil.
 
Au peuple ivoirien nous apportons notre soutien et notre encouragement dans sa lutte contre le régime en place et dorénavant sur la sellette. Pas de compromis avec ce régime d’ores et déjà lâché par ses maîtres et dorénavant par ses alliés politiques.
 
Pour que la Côte d’Ivoire appartienne à nouveau aux Ivoiriens !
Pour une résistance déterminée et forte à ce régime ignoble et manipulateur !
Pour la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé !
 
Pierre Boutry
 
In : AFPA (Alliance des Forces Progressistes pour l'Afrique), 15 août 2018

 

 

 


Amnistie, les analyses Posté le 11/08/2018 - Par Admin Actualité judiciaire

Conférence de presse de la FIDHOP
(Fondation Ivoirienne pour les Droits de l'Homme et la vie Politique)
Paris, 7 août 2018
Thème : "Un sursaut national pour sauver la Côte d'Ivoire"
 
 
Extraits des interventions :
(avec la participation de Raphaël Dagbo, président des Amis de Laurent Gbagbo)

 

 
Vidéo mise en ligne par Eventnewtv presse le 8 août 2018
Durée : 39.30 mn
 
 
Intervention complète du Dr Boga Sako Gervais :

 

 

 

Vidéo mise en ligne par Diaspotv Groupe 2GMK le 8 août 2018
Durée : 25.42 mn

 

 

 

 

L'analyse de Fanny Pigeaud

 

Côte d'Ivoire : lâché de toutes parts, le président Ouattara consent à quelques concessions

 

 

Extraits :

 
Le vent tourne en Côte d’Ivoire. Lundi 6 août, le président Alassane Ouattara a annoncé l’amnistie de huit cents personnes dont Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien président, libérée dès ce mercredi. Un scénario inimaginable il y a encore quelques mois.
 
Un magma bouillonnant et mouvant. C’est ce à quoi ressemble aujourd’hui la scène politique ivoirienne, en plein bouleversement après plusieurs années d’atonie. De manière stupéfiante, les rapports de force sont en train de changer, des alliances se désagrègent et d’autres se constituent dans un enchaînement d’événements qui semble s’accélérer. En ligne de mire, l’élection présidentielle de 2020. Et au milieu, le président Alassane Ouattara, 76 ans, et son parti, le Rassemblement des républicains (RDR), de plus en plus seuls.

(...)

 

Alassane Ouattara n’a pas fait ces quelques concessions délibérément. Il y a été contraint. Les ambassadeurs des pays de l’Union européenne, ses principaux partenaires, ont récemment laissé fuiter un rapport confidentiel dans lequel ils dressent un bilan catastrophique de sa présidence. Ils y évoquent des autorités qui se « montrent hermétiques aux critiques internes ou externes, et semblent désireuses de ne laisser aucun lieu de pouvoir leur échapper », un pouvoir qui est « trop faible politiquement pour accepter le jeu démocratique », la « rhétorique » du RDR qui est « guerrière », une « “classe dirigeante” dont l’enrichissement (…) est parfois spectaculaire ».
 
Soulignant eux aussi la nécessité de revoir la CEI, ils observent que la société ivoirienne est « de plus en plus agitée par un mécontentement perceptible », y compris au sein de la population, « principalement du nord », qui le soutenait en 2010. Les diplomates affirment que « le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté entre 2011 et 2016 », tout en s’inquiétant de la lenteur des réformes du secteur sécuritaire – l’année 2017 a été marquée par des mutineries à répétition.

 

À lui seul, ce rapport accablant, dont l’Agence France-Presse s’est fait l’écho le 2 août, est un événement et le signe d’un incroyable retournement de situation. Pendant sept ans, jamais les pays membres de l’UE n’ont émis la moindre critique publique sur la gouvernance d’Alassane Ouattara, bien que les maux dénoncés aujourd’hui aient existé dès ses débuts à la présidence – avec, en plus, d’innombrables violations des droits de l’homme.
 
Cela s’explique : c’est grâce au soutien politique, financier et militaire des États européens, la France en tête, qu’il a pu prendre les rênes de la Côte d’Ivoire. Il avait alors toutes leurs faveurs. En retour, il a facilité leurs affaires dans le pays. Mais, aujourd’hui, le pouvoir de celui qui fut directeur général adjoint du Fonds monétaire international est en train de s’effondrer. À tel point qu’il pourrait y avoir des conséquences sur les investissements étrangers, estiment les ambassadeurs de l’UE, qui écrivent : « L’enjeu est qu’en vue de l’échéance de 2020, les dérives constatées actuellement ne conduisent pas à de nouvelles difficultés majeures, qui seraient aussi dommageables aux citoyens ivoiriens qu’aux intérêts européens. » Ils reprochent aussi aux autorités d’être de plus en plus rétives à leurs demandes de dialogue et donc de ne plus obéir à leurs desiderata.
 
Alassane Ouattara n’a pas seulement perdu le soutien des Occidentaux et du nord ivoirien. Il est aussi, et c’est lié, lâché par son principal allié politique, l’ex-président Henri Konan Bédié, qui dirige le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Lors de la présidentielle de 2010, les deux hommes avaient formé une coalition contre le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Henri Konan Bédié, 84 ans, avait appelé à voter au second tour pour Alassane Ouattara. RDR et PDCI-RDA s’étaient ensuite partagé le pouvoir.
 
Mais depuis quelques mois, leurs relations sont devenues conflictuelles. Le lien semble même rompu depuis que la direction du PDCI-RDA a refusé, en juin, de créer un « parti unifié » avec le RDR. Ce projet était porté par Alassane Ouattara et devait lui profiter, le RDR ayant un poids politique bien moindre que le PDCI-RDA, ancien parti unique fondé par le président Félix Houphouët-Boigny (1960-1993).

(...)

 
Le PDCI-RDA sait que Laurent Gbagbo, qui jouit toujours d’une grande popularité, pourrait retrouver la liberté d’ici à quelques mois, à l’issue de l’examen de sa demande de non-lieu déposée fin juillet. En cas de libération de l’ex-président, son parti, le FPI, très affaibli par les années de présidence Ouattara, retrouvera de la vigueur, tout comme le reste de l’opposition qui a longtemps vécu dans un climat de peur. Le pouvoir aura du mal à survivre politiquement.
(...)
 
In : Médiapart, 8 août 2018
La lecture de l'article complet de Médiapart est réservée à ses abonnés.

 

 

 

 
Contribution
Lue sur Facebook, le 9 août 2018
 
BONJOUR À TOUS
C'EST VOTRE VICTOIRE, LA VICTOIRE DES DÉMOCRATES
 
J'ai décidé de faire cette contribution parce que quelqu'un, qui se reconnaîtra, a écrit ceci en réponse certainement à ceux qui disent que Ouattara n'avait pas le choix : " Ko «il n’avait pas le choix !» Il n'avait pas quel choix? S'il ne les avait pas libéré vous auriez fait quoi ? Dans ça là aussi vous allez être arrogants, comme si vous l'aviez obligé? Depuis plus 7 ans on parle, on bavarde, le Mr fait ce qu'il veut et puis ya rien ! "(sic).
 
Quelle était donc la situation avant la libération des prisonniers politiques et la décision de Ouattara de revoir la composition de la Commission Électorale Indépendante (CEI ) ?
 
D'abord, il faut dire que le statut des prisonniers politiques était nié, occulté, et des gens ont même été condamnés pour les avoir présentés objectivement comme tels. Adou Richard, le procureur au service de Ouattara, disait sur RFI qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Côte d'Ivoire.
 
Raphaël Lakpé, le patron du Conseil National de la Presse (CNP) sévissait sans retenue contre les journaux dits bleus qui se battaient pour éviter l'indifférence et l'oubli aux personnes injustement incarcérées. Ivre de puissance, le 26 juillet dernier, Ouattara voulait faire rejuger Simone Gbagbo qu'il maintenait pourtant en prison. Ouattara faisait donc croire qu'il n'y a pas de prisonniers politiques, que tout allait bien dans le pays. Il faisait aussi croire que tous les exilés étaient rentrés et qu'il ne restait plus en exil qu'une poignée d'irréductibles. Au cours d'une réunion du RDR, il annonçait de nouveaux mandats d'arrêt internationaux contre deux exilés Damana Pickass et Stéphane Kipre. Voilà pour les prisonniers politiques et les exilés.
 
Pour ce qui concerne la Commission Electorale Indépendante (CEI), Ouattara faisait dire et croire qu'elle ne changerait qu'après les prochaines élections (communiqué de Ahoussou Jeannot) parce qu'elle était selon lui consensuelle, il l'a encore répété dans son discours du 06 août avant de dire qu'il veut se conformer à l'arrêt de la Cour Africaine des Droits de l'homme et des Peuples qui avait jugé cette commission " illégale et impartiale ". Rappelons que, sûr de lui, il n'avait pas hésité à jeter en prison ceux qui ont manifesté pour réclamer une CEI consensuelle et conforme à la décision de cette cour africaine.
 
Voilà donc quelles étaient les dispositions de Ouattara mais les démocrates ivoiriens n'ont jamais abdiqué. Ils ont organisé des manifestations, fait des conférences pour bavarder, des colloques pour bavarder, écrit des livres pour bavarder, des articles pour bavarder, chanté, crié pour se faire entendre. Et c'est parce qu'ils n'ont pas baissé les bras que leur cause a trouvé de nouveaux défenseurs alors qu'après le 11 avril 2011, ils étaient ostracisés, méprisés, leurs douleurs et souffrances niées. Au fur et à mesure, des personnes qui ont une certaine audience les ont rejoints et ont pris position publiquement. Certains ont écrit des livres, et d'autres ont fait des conférences, des émissions. Des hommes politiques africains et européens ont interpellé sur l'injustice qui règne en Côte d'Ivoire. Même des organisations qui nous étaient hostiles ont dû emboucher la même trompette que nous pour dénoncer par exemple la justice des vainqueurs. Etc.
 
C'est parce que les démocrates ivoiriens ont dénoncé l'injustice et sont restés debout, parce qu'ils ont mis en avant leurs revendications démocratiques, c'est parce qu'ils ont dénoncé la CEI de Youssouf Bakayoko et boycotté régulièrement la mascarade électorale organisée, obligeant Ouattara et son homme de mission à inventer des taux de participation pour essayer de cacher le rejet de son régime et son impopularité que ceux qui fermaient les yeux ont fini par admettre les tensions liées à la question électorale et des tensions sociales en Côte d'Ivoire.
 
Autrement dit, si ces démocrates s'étaient couchés, s'ils avaient abandonné leurs leaders en se disant qu'on ne revient pas de l'enfer où l'impérialisme les a jetés en Côte d'Ivoire et en Europe, et que leurs efforts ne peuvent qu'être vains, s'ils n'avaient pas tenu comme le leur a demandé le président Gbagbo, leurs adversaires auraient eu beau jeu de faire croire que le pays est pacifié, que les tensions sociales sont apaisées et que la paix est revenue. Et ils auraient conclu sans crainte d'être contredits que le président Gbagbo et ceux qui ont travaillé avec lui étaient responsables de la situation de désordre à laquelle le pays a été confronté et que n'étant plus là, celui-ci a donc logiquement retrouvé son calme.
 
Non, c'est parce que les démocrates sont restés debout, hostiles à l'ordre injuste que le régime a établi dans le pays avec la confiscation des libertés, la justice des vainqueurs, le rattrapage ethnique, les licenciements sur des bases ethniques ou politiques, les concours de la fonction publique où les admis se ressemblent, les expropriations abusives, etc, que l'Union européenne et les observateurs de la vie politique et sociale ivoirienne ont conclu que Ouattara n'a pas réussi à réconcilier les ivoiriens là où lui-même tentait de faire croire à la réconciliation, à la stabilité et à la paix dont il serait le meilleur garant, ce qui devait même justifier une éventuelle nouvelle candidature.
 
Non, c'est parce que les démocrates sont restés mobilisés et n'ont pas arrêté de dénoncer le régime Ouattara que l'Union Européenne a parlé de " dérive autoritaire " alors qu'il y a longtemps que les démocrates ivoiriens subissent l'arbitraire des emprisonnements sans cause, de l'exil forcé, des comptes illégalement gelés, des violences de tous ordres.
 
Il faut donc prendre en compte cette réalité et ne pas penser que Ouattara s'est levé un matin et a voulu faire plaisir à on ne sait qui. Ces libérations ont été provoquées, et nous pouvons donc dire que c'est la victoire de tous ceux qui se sont battus pour les prisonniers politiques et pour la CEI, même si pour le deuxième point il faudra attendre encore un peu avant de tirer des conclusions.
 
IL FAUT RESPECTER LE COMBAT DE CEUX QUI FONT DES SACRIFICES.
Bonne journée à tous
 
 
 
 

Le 8 août 2018, Simone Gbagbo a quitté l'Ecole de la Gendarmerie nationale où elle était maintenue prisonnière depuis décembre 2014, après son transfert d'Odienné - où elle fut emprisonnée en avril 2011 - à Abidjan.
Une foule en liesse l'attendait devant son domicile où ses premiers mots furent adressés à ses amis politiques qu'elle remercia très chaleureusement, et tout particulièrement Aboudrahamane Sangaré, le président par intérim du Front Populaire Ivoirien.
Adou Assoa et Moïse Lida Kouassi ont été libérés le même jour.
 
 
 
 
 
 

Moïse Lida Kouassi-Simone Gbagbo-Adou Assoa

Le 8 août 2018

 
 

 


La Cour Suprême de Côte d'Ivoire veut traîner une nouvelle fois Simone Gbagbo devant les Assises

Acquittée le 28 mars 2017 par la Cour d'Assises d'Abidjan de l'accusation de crimes contre l'Humanité, Simone Ehivet Gbagbo est toujours incarcérée à l'Ecole de la Gendarmerie Nationale suite à une première condamnation (le 10 mars 2015) à 20 ans de prison pour complot contre l'autorité de l'Etat et divers troubles à l'ordre public.
 
Or le 26 juillet 2018, le verdict d'acquittement - qui pourrait certainement favoriser sa remise en liberté - fut ni plus ni moins cassé par la Cour suprême.
 
Au moment où il n'échappe à aucun observateur que le rapport de forces politique est en train de tourner en défaveur du régime en place (échec de la campagne pour l'enrôlement électoral, refus de la fusion RDR / PDCI par le parti d'Henri Konan Bédié, structuration de l'opposition, impasse de la CPI dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé... ), Simone Gbagbo, otage, est victime de représailles.
 

Rappel :

 

 

 


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