Contribution au rétablissement de la vérité Posté le 18/08/2018 - Par Admin 1 Actions de soutien

Il n'aura échappé à personne que les accusations rocambolesques et sans aucun fondement qui avaient fait florès contre Simone Gbagbo dans les colonnes de certains médias français, et ce dès l'élection de Laurent Gbagbo à la Présidence de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2000, si elles étaient devenues plutôt discrètes depuis son emprisonnement en avril 2011, se sont réveillées dans des termes identiques dès sa remise en liberté.
 
La contribution qui suit est une demande de rectificatif envoyée par une amie au journal La Croix.
 
"Bonjour,

Je me résous à vous écrire après avoir lu l'article du 08/08/2018 signé par Justine Benoit ayant pour titre "En Côte d'Ivoire, la "Dame de fer" sort de prison".

Cet article est partisan et les seuls termes qui décrivent Madame Gbagbo sont "dame de fer", réputation de dureté, influente épouse, crainte, présidente à poigne ; tous trouvés dans les premiers liens proposés quand on "googlise" son nom.

La journaliste a écrit un article très orienté laissant croire au lecteur de votre journal que Madame Gbagbo serait amnistiée par le Président Ouattara malgré sa culpabilité. Ainsi elle écrit que l'ancienne première dame avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison, mais elle oublie de préciser qu'en 2017, la cour d'assises d'Abidjan l'avait acquittée après un jugement de près de dix mois pour crime contre l'humanité lors de la crise post-électorale 2010-2011. De même, elle ajoute qu'elle reste poursuivie par la Cour Pénale Internationale sans préciser que certains responsables des forces "rebelles" côté Ouattara le sont également.

La journaliste écrit aussi que son mari (Laurent Gbagbo) reste incarcéré au centre de détention de la CPI depuis 2011 laissant entendre qu'il est coupable alors qu'il n'a pas encore été jugé et que le dossier d'accusation s'est révélé être vide (lire les articles Médiapart sortis ces derniers mois). Cette journaliste semble méconnaître le principe de la présomption d’innocence par ses sous-entendus. Justine Benoit cite encore un spécialiste de la géographie politique qui parle à l'occasion de cette amnistie "d'une forme d'impunité" pour les pro Gbagbo. Pourquoi n'est-il pas évoqué alors également l'impunité de tous les crimes des chefs de guerre rebelles de Ouattara (Duekoué, Nahibly... ) ? De même, elle revient sur la rumeur d'un lien entre Simone Gbagbo et les escadrons de la mort, alors que le 3 mai 2006 la justice française a condamné le journal Le Monde pour diffamation envers le président ivoirien Laurent Gbagbo et son épouse pour un article alimentant cette rumeur.

La photo de Simone Gbagbo choisie pour illustrer l'article va dans le même sens.

Je suis assez étonnée et déçue de constater que votre journaliste a rédigé un article partial qui ne prend absolument pas en compte l'évolution de la situation suite aux procès et aux travaux des journalistes d'investigations de ces dernières années (Fanny Pigeaud, François Mattéi, Théophile Kouamouo, Charles Onana).

J'espère vraiment qu'il y aura un rectificatif dans un prochain numéro de la Croix."
 
 


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