Témoignage d'un engagement aux côtés de Laurent et Simone Gbagbo Posté le 11/03/2018 - Par Admin 1 Mobilisation

Interview de Mariam Marie-France Cissé
 
Présentation par Le temps Infos :
Cissé Mariam Marie France : «Ce que le Président Gbagbo m’a confié à la Cpi»
La Secrétaire nationale Cissé Mariam Marie France a fait de la libération de l’ex-Première Dame Simone Ehivet-Gbagbo sinon une affaire personnelle, [du moins] sa raison de vivre depuis le 11 avril 2011. Elle nous dit ses motivations et rappelle par la même occasion, la mission que le Président Gbagbo a assignée à la jeunesse de Côte d’Ivoire depuis La Haye.
 
Interview
Cissé Mariam Marie France, vous êtes très engagée dans la lutte pour la libération de la Première Dame Simone Ehivet-Gbagbo. Qu’est-ce qui vous motive tant ?
 
La Première Dame Simone Gbagbo est une femme de combat, une femme d’honneur et de conviction qui s’est engagée pour la démocratie en Côte d’Ivoire. Elle a fait don de sa vie, consacré l’essentiel de son existence à la lutte pour un véritable Etat de droit en Côte d’Ivoire. Ce qui me fascine chez cette femme, c’est sa fidélité aux valeurs auxquelles elle a souscrit dès sa jeunesse. C’est une femme de foi, une femme de conviction, c’est la fidélité faite chair. Au plus fort de la crise postélectorale, elle est restée aux côtés de son époux, le Président Gbagbo sous les bombes des néo-impérialistes jusqu’à la fin. Parce que quand elle a une conviction, quand elle a fait le choix d’une valeur, aucun sacrifice n’est assez grand pour elle. Au péril de sa vie, elle résiste et dit NON, quand cela est la seule voie pour que vive l’intérêt général. C’est fascinant pour nous en tant que femme engagée au service [de] la Nation. Nous partageons cette vision qu’elle a du rôle de la femme ivoirienne.
 
Combien de fois êtes-vous allée la voir depuis qu’elle est en détention ?
 
Depuis son arrestation aux côtés de son époux sous les bombes françaises le 11 avril 2011, nous sommes en contact avec elle. Quand elle était en détention dans le Nord de la Côte d’Ivoire à Odienné, je suis entrée en contact avec son avocat sénégalais pour avoir de ses nouvelles. Nous avons communiqué par courriers jusqu’à ce que Me Dadjé soit rentré au pays. Avec lui aussi, j’avais de ses nouvelles. Malheureusement, nous n’avons pas eu de contacts physiques, parce qu’à cette époque, toutes mes tentatives d’aller la voir à Odienné ce sont soldées par un échec. Mais par la grâce de Dieu, elle est revenue à Abidjan. Ici, nous nous sommes rencontrées à plusieurs reprises à son lieu de détention à l’Ecole de gendarmerie. Et j’avoue personnellement qu’elle m’a donné une autre façon de voir au plan politique (...). Elle m’a appris beaucoup de choses !
 
Qu’avez-vous appris ?
 
Une semaine avant mon arrestation, j’étais allée la voir à l’Ecole de gendarmerie. Nous avons échangé longuement. J’avais le cœur beaucoup chargé face à nos bourreaux. Mais au cours de nos échanges, Simone Gbagbo m’a fait montre de tellement d’amour pour son pays, elle avait une telle disposition au pardon malgré les nombreux coups tordus qu’elle a encaissés, que j’étais dégagée de tous les ressentiments que j’avais au fond de moi. Elle m’a communiqué en quelque sorte sa force intérieure d’aller de l’avant pour une Côte d’Ivoire réconciliée, en tirant un trait sur le passé. Elle m’a fait comprendre sans dire un seul mot que l’essentiel c’est d’être debout et engagée pour le combat de la souveraineté nationale. Une semaine après cette rencontre, j’ai été mise aux arrêts et déférée à la Maca. Une fois en prison, la force intérieure que m’a communiquée Simone Gbagbo à l’Ecole de gendarmerie m’a été d’un apport inestimable. J’ai réalisé qu’elle m’a spirituellement préparée à vivre cette étape de ma vie de jeune femme engagée en politique. J’ai davantage compris que Mme Gbagbo est véritablement une femme de foi, qui est conduite par Dieu. Je ne sais pas ce que je serais en prison si je n’avais pas vu la Première Dame avant !
 
Quand vous voyez Mme Gbagbo, avez-vous l’impression que la prison a eu raison d’elle au fil des temps, qu’elle a perdu de son engagement au point où sa conviction serait édulcorée ?
 
Non, pas du tout, à en juger par sa façon d’être. Quand vous entrez dans son environnement, vous la trouvez plongée dans la lecture, en train de faire des recherches en lien avec l’avenir de la Côte d’Ivoire. Non, Simone Gbagbo n’est pas du genre à se renier face aux épreuves de la vie. Elle est plutôt déterminée à aller jusqu’au bout de ses convictions. Pour elle, la prison est une étape, c’est un canevas par lequel elle est plusieurs fois passée sur le difficile chemin de la démocratisation de la Côte d’Ivoire. Elle connaît la prison !
 
Est-il facile pour une jeune femme comme vous de prendre fait et cause pour une dame de la carrure politique de Simone Gbagbo dans la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara ?
 
Il n’y a pas de Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, il y a plutôt une Côte d’Ivoire des Ivoiriens qui souffrent de l’amateurisme politique d’Alassane Ouattara. Il appartient donc au peuple de Côte d’Ivoire de prendre son destin en main. Vous comprenez donc pourquoi nous avons pris Mme Gbagbo pour modèle. Elle lutte depuis les années de braise de l’administration Houphouët-Boigny, au moment où le parti unique crachait du feu. A cette époque, elle a été syndicaliste, Secrétaire général du Fpi dans la clandestinité ; et vous savez ce qu’est la clandestinité sous nos tropiques. Mme Gbagbo est une personnalité qui a fait don de sa jeunesse à son pays. Nous marchons dans ses pas, et quand vous prenez pour modèle un tel personnage, c’est que vous avez tué la peur ! Comme Simone Gbagbo reste notre modèle, nous n’avons pas peur, car au-delà de tout nous avons notre foi en Dieu !
 
Vos convictions politiques vous ont déjà fait séjourner derrière les barreaux. Votre parti vient de lancer un appel au dialogue en lien avec les futures élections locales et nationales. Allez-vous descendre dans l’arène, après ce que vous avez vécu en prison, si le pouvoir Ouattara répondait à la main tendue du président Sangaré par une sourde oreille ?
 
Cissé Mariam est totalement engagée comme tous les autres responsables et militants du parti de Gbagbo à mener toutes les batailles démocratiques, ayant pour fondement des meilleures conditions d’organisation des élections à venir. Nous sommes Secrétaire nationale, nous avons des responsabilités à assumer devant l’histoire. Pour l’heure, l’une des responsabilités ou du moins, l’un de[s] défis à relever, c’est la promotion du mémorandum édicté par la direction du parti. Il est de notre devoir de le relayer sur le terrain auprès des militants, afin que tout le monde soit au même niveau d’information. De sorte que le moment venu, chacun sache pourquoi il doit se lever pour son pays. Pour tout vous dire, toutes les fois que le devoir nous appellera, nous répondrons présente, peu importe le prix à payer ou le sacrifice à consentir.
 
Pouvez-vous revenir sur les raisons qui vous ont motivé à vous rendre à La Haye pour y voir le Président Gbagbo ?
 
Le Président Gbagbo c’est notre guide éclairé, c’est notre leader. En tant que militante du Fpi qui est un parti socialiste ayant pour valeur la solidarité, il nous est apparu naturel d’aller à La Haye lui témoigner notre solidarité. Pour nous, tout militant du Fpi qui a la possibilité d’aller à La Haye, se doit d’y aller pour apporter son soutien au Président Gbagbo qui est embastillé non pas pour avoir braqué une banque, mais parce qu’il n’a pas voulu brader son pays à des néo-impérialistes. Rien que pour cela, il mérite notre solidarité.
 
Quand vous l’avez rencontré à La Haye, quelle impression vous a-t-il fait ?
 
Avant de le voir dans sa cellule, nous l’avons vu dans la salle d’audience. Ici à Abidjan on le voit à l’écran et on s’imagine qu’il a du être préparé pour les caméras. Mais quand nous l’avons vu en salle d’audience où nous avons chanté l’hymne national, le Président nous est apparu comme un homme d’Etat debout avec le visage rayonnant d’amour. L’expression de visage reflétait l’amour du prochain, malgré tout ce qu’il a subi et qu’il continue d’ailleurs de vivre. Il est resté égal à lui-même. Il n’a pas un brin de haine.
 
Dans l’échange que vous avez eu avec lui en privé, qu’est-ce qu’il vous a dit et qui vous a marqué ?
 
Dans notre échange, le Président Gbagbo a marqué sa confiance en la jeunesse ivoirienne. Car quand je lui ai demandé : «Monsieur le Président, ce procès est la preuve que vous êtes en train de faire votre part de sacrifice pour la Côte d’Ivoire. Quelle est la suite du combat ? » Il m’a répondu : « la suite c’est la jeunesse, c’est la jeunesse ». Quand nous sommes revenues au pays, nous avons donné cette information au premier responsable de la Jeunesse du Parti. Il a pris des dispositions pour traduire en actes avec les autres jeunesses des partis politiques cette vision du Président Gbagbo.
Téhin
 
Source : LeTempsInfos.com, 7 mars 2018
 
(Source photo : Ivoirebusiness)
 
Mariam Marie-France Cissé (de la JFPI) fut arrêtée le 10 juin 2015 en même temps qu'Alain Durand Zagol (Jeunesse de l’UNG) et Letissia N’Guessan II (JFPI) alors qu’ils participaient à une conférence de presse sur le bilan des marches éclatées du 9 juin 2015 organisées par la Coalition Nationale de la Jeunesse pour le Changement (CNJC). Elle fut relâchée le 9 octobre 2015.
 
 

 



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