L'arrêt des poursuites contre Laurent Gbagbo,

la seule alternative

par Abou Drahamane Sangaré

 

 

 

 

 

 
L'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 
regroupe des personnes de toutes origines et sensibilités
souhaitant faire connaître la personnalité et l'oeuvre de Laurent GBAGBO
 

 

L'onde de choc qui a fait suite au dénouement violent de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire et le transfèrement tout aussi inattendu du Président Laurent GBAGBO à la Haye ont suscité une vague d'émotion qui s'est exprimée à travers de vives protestations en Côte d'Ivoire, en Afrique et quasiment partout dans le monde. Cela a donné lieu à des initiatives nombreuses et variées d'amis et d'associations patriotiques ou panafricaines.

Tous ceux qui se reconnaissent dans les idées et l'action de Laurent GBAGBO se sont organisés pour réclamer sa mise en liberté. Scandalisés par l'image sordide et volontairement haineuse véhiculée à son encontre, mais aussi par la négation éhontée et caricaturale des efforts inlassables qu'il a déployés pour maintenir la paix dans son pays dix années durant, ils ont décidé de mutualiser leur volonté d'agir pour faire découvrir ou redécouvrir l'homme, l'intellectuel et le dirigeant politique.

Cette volonté a donné naissance à l'Association des amis de Laurent GBAGBO. Elle se propose de sensibiliser l'opinion publique partout dans le monde sur le caractère injuste et infamant des accusations portées contre sa personne et de rétablir la réalité des faits sur son oeuvre, mais aussi sur son rôle, pour aboutir à sa réhabilitation par-delà sa libération.

Un examen, même rapide, de son action politique montre que rien n'a jamais été assez cher pour Laurent GBAGBO lorsqu'il s'est agi de faire triompher par la voie démocratique le respect de la pluralité des opinions dans son pays. De la même façon, rien n'a été trop cher à cet humaniste de conviction quand il s'est agi d'associer les Ivoiriens de toutes origines à la construction d'un destin national commun. Visionnaire dans une Afrique qu'il souhaite ne plus être, pour le monde, une simple variable d'ajustement politique et économique, il a proposé une intense coopération à l'échelle du continent pour intégrer les économies et accélérer l'émergence d'une identité africaine qui manque aujourd'hui.

L'Association, par la voix de son bureau, de son comité d'honneur et de l'ensemble de ses adhérents, agit pour que soit rétablie la vérité sur la personnalité et sur l'oeuvre de Laurent GBAGBO, fort éloignée de l'image qu'on a désespérément tenté d'imposer.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la place de Laurent GBAGBO n'est pas à la Cour Pénale Internationale. Le maintenir en détention comme c'est actuellement le cas demeure le plus sûr moyen de faire obstacle à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut en effet se construire que sur la confiance mutuelle.

Laurent GBAGBO est sans doute la chance de la Côte d'Ivoire actuelle, mais aussi de l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'à l'évidence il semble être le seul anticonformiste qui croit à un apport typiquement africain dans ce monde qui s'interroge sur son futur.

Dès lors, atteindre nos objectifs, à savoir sa libération et sa réhabilitation, contribuera à défendre les idéaux de dignité humaine et de vérité.

 

Raphaël DAGBO
Président de l'Association des amis de Laurent GBAGBO

 

 
 

Adhérer à l'Association des Amis de Laurent Gbagbo

 
 
 

De Bouaké à La Haye, le déni de justice

 

Par Nicoletta Fagiolo
 
Lorsqu’elle décide d’ouvrir une enquête sur des violations graves des droits de l’homme, la Cour pénale internationale (CPI) basée à la Haye rédige un rapport de situation qui analyse les formes de violence sur le terrain et identifie les principaux responsables des crimes d’une crise donnée.
 
Cependant, dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en cours à la CPI, un document diplomatique français qui a récemment fuité révèle que le 11 avril 2011, soit cinq mois avant l’ouverture d’une enquête, le Procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo avait demandé que Laurent Gbagbo, Président de la Côte d’Ivoire, un pays d’Afrique de l’Ouest, soit maintenu en détention jusqu’à ce qu’un pays renvoie l’affaire à la CPI. Le courriel a été envoyé par le directeur Afrique au ministère français des Affaires étrangères Stéphane Gompertz, avec copie à vingt diplomates français de haut niveau qui étaient ainsi au fait des manœuvres politiques en cours pour écarter de son pays Laurent Gbagbo, un Président très populaire.
 
La Côte-d’Ivoire a connu une crise électorale de cinq mois à la suite du second tour de l’élection du 28 novembre 2010[i] entre le Président sortant Laurent Gbagbo, historien, socialiste et père fondateur du multipartisme en Côte d’Ivoire, et Alassane Ouattara qui a été Premier ministre sous le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny de 1990 à 1993, puis a poursuivi une carrière dans la diplomatie internationale à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et au Fonds monétaire international.
 
Encore aujourd’hui, il est difficile de dire qui a remporté les élections, mais à l’époque Laurent Gbagbo avait été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel du pays et avait officiellement prêté serment en qualité de Président. Il avait également demandé un nouveau dépouillement des votes, que les Nations Unies ont refusé. Le Président Jacob Zuma, qui avait été mandaté à l’époque par l’Union africaine au sein d’un Groupe d’experts de haut niveau pour servir de médiateurs dans la crise ivoirienne, affirmait que Gbagbo avait remporté les élections. Pourquoi il n’a pas par la suite fait pression en faveur d’une solution pacifique à la crise demeure un mystère. Une intervention militaire de l’ONU et de la force française Licorne, ainsi que des rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara a chassé Gbagbo du pouvoir le 11 avril 2011 et l’a mis en état d’arrestation.
 
Quelques heures après l’arrestation de Gbagbo, le courriel compromettant du ministère français des Affaires étrangères avait été envoyé. L’objet du courriel révèle également une instruction aux diplomates français de nier toute implication de la France dans l’opération de délogement.
 
Commentant les fuites à la CPI, l’avocat en droit pénal international Joseph Bemba a déclaré à la radio française RFI : « c’est grave. Si c’est le cas, cela veut dire que la CPI n’a pas agi strictement dans le cadre du droit mais après des tractations politiques ». Le canadien Christopher Black, avocat en droit pénal international, a déclaré : « évidemment, s’il est authentique, ce courriel est explosif. Il montre que l’arrestation de Gbagbo avait des motivations politiques, que les charges retenues contre lui sont donc fabriquées ; la défense devrait demander l’arrêt du procès, appeler à la libération immédiate de Gbagbo et ouvrir une enquête sur cette criminalité ».
 
Le procureur Luis Moreno Ocampo a confirmé au magazine allemand Der Spiegel, membre du réseau European Investigative Collaborations (EIC) qui a révélé les fuites à la CPI, que ses courriels avaient été piratés.
 
Malgré la confirmation de l’authenticité des fuites de courriel, aucune mesure n’a été prise par une ONG ou une organisation des Nations Unies pour dénoncer la violation grave de la procédure régulière. Human Rights Watch, qui a même envoyé un témoin au procès à la CPI, a déclaré qu’elle n’avait aucun commentaire à faire[ii]. L’ONG Justice Monitor a également indiqué qu’elle n’avait rien à déclarer, dans la mesure où elle ne fait que suivre le procès (bien qu’elle ait arrêté d’écrire des dossiers sur ce procès, sans expliquer pourquoi elle n’assure plus le suivi du procès de plus haut niveau de la CPI).
 
Si l’affaire était biaisée dès le départ, les informations recueillies par la CPI étaient également trompeuses. En effet, un rapport du Greffe de la CPI relatif aux Représentations adressées à la cour par les victimes, daté du 29 août 2011 et rédigé par Silvana Arbia et Didier Preira, indiquait qu’ils n’étaient pas en mesure de donner à la Chambre des assurances ou même des estimations concernant la représentativité des informations collectées au cours de l’exercice. Par exemple, aucun réfugié – dont des milliers avaient fui le pays après l’attaque militaire des rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara – n’y figurait.
 
Quant aux crimes commis pendant la guerre par les rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara, tels que le massacre de 800 civils en un seul jour à Duékoué, le 29 mars 2011, qui est le plus grave incident de la crise révélé à l’époque par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la CPI n’a émis aucun mandat d’arrêt contre leurs auteurs.
 
Qui est Laurent Gbagbo ? Lorsque Gbagbo est devenu Président en 2000, il avait derrière lui 30 ans de lutte pacifique et avait vu la réalisation, en 1990, du premier point de son programme, un système multipartite. En 2008, alors que je travaillais sur un documentaire sur des bédéistes africains en première ligne de la défense de la liberté d’expression, les Résistants du 9ème Art, j’avais aussi des images du magazine satirique ivoirien Gbich!. Le rédacteur en chef adjoint Mendozza Y Caramba, m’a raconté une anecdote : un jour, il a reçu un appel téléphonique annonçant l’arrivée du Président Gbagbo. Mendozza, dont la bande dessinée Les Habits neufs du Président était très critique à l’égard de Gbagbo, se mit à rire en pensant d’abord que c’était une blague. Mais 10 minutes plus tard Laurent Gbagbo est arrivé dans leurs locaux ; il a fait l’éloge de leur travail et les a complimentés, en dépit de leur satire mordante contre lui. J’étais impressionnée. J’avais déjà entendu une anecdote similaire au sujet d’un autre président africain célèbre, Nelson Mandela, que j’ai décidé d’utiliser dans le film. Mandela avait appelé Jonathan Zapiro, qui a été un dessinateur à l’avant-garde de la lutte anti-apartheid, et lui avait dit « excellent travail, vous faites votre travail », même si Zapiro, maintenant que le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC) est au pouvoir, l’attaquait férocement avec ses caricatures. Mais je n’ai pas oublié que Gbagbo a eu le même esprit que Mandela.
 
Le Président sud-africain Thabo Mbeki, qui était médiateur dans la crise en 2004 et en 2010, a écrit l’article intitulé What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire (En quoi le monde s’est trompé en Côte d’Ivoire) dans lequel il rappelle comment l’ambassadrice des États-Unis à Abidjan, Wanda L. Nesbitt, avait déjà prévenu son gouvernement en 2009 que si certaines conditions de base n’étaient pas remplies – la réunification territoriale et fiscale du pays, la restauration de l’administration nationale dans le nord et, en particulier, le désarmement total des rebelles des Forces Nouvelles implantés dans le nord depuis 2002 – aucune élection démocratique ne pourra être organisée. Plus récemment, Mbeki a souligné la décision illégale de la CPI qui n’a pas abandonné les poursuites contre Gbagbo, bien que deux juges sur trois aient déclaré à la phase préliminaire qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve à charge pour entamer un procès.[iii]
 
Le projet du réseau d’investigation European Investigative Collaborations (EIC), Les Secrets de la Cour, a publié des articles sur un éventuel dîner qu’Angelina Jolie voulait organiser pour servir d’appât et capturer le rebelle de l’Armée de résistance du Seigneur Joseph Kony ; sur les comptes off shore du Procureur Ocampo, très probablement légaux ; et sur un de ses nouveaux clients libyens qui a des liens avec le Général Khalīfa Haftar (que tous les articles qualifient déjà de criminel de guerre, violant ainsi la présomption d’innocence). Les efforts d’Ocampo, après son départ de la CPI, pour faire retirer le dossier du Président Uhuru Kenyatta pour manque de preuves, sont également rapportés par l’EIC comme un manque d’intégrité de la part de l’ancien Procureur ; et pourtant, les journalistes du réseau ne continuent pas ensuite pour mettre en question la légalité de l’arrestation de Kenyatta en premier lieu. La violation manifeste de la procédure établie de la part de la CPI dans le procès Gbagbo en cours, qui devrait selon certains experts exiger la clôture immédiate du procès, n’a été signalée que par le site d’enquêtes français Mediapart et n’a été reprise par aucun des autres grands médias européens du réseau de l’EIC, à telle enseigne qu’on se demande pourquoi on privilégie les rumeurs par rapport aux dernières nouvelles.
 
En octobre 2017 la CPI a rejeté pour la douzième fois une demande de liberté provisoire de Gbagbo. Ce qu’Amnesty International (AI) a dénoncé comme une violation de la présomption d’innocence de l’accusé qui a déjà passé sept ans derrière les barreaux pour son procès. Toutefois, AI a minimisé l’importance de l’illégalité de cette détention, suite à la preuve d’une machination révélée pour la première fois par les fuites à la CPI.
 
Le changement de régime survenu en avril 2011 en Côte d’Ivoire, fortement dénoncé à l’époque par la Russie et l’Inde au Conseil de sécurité des Nations Unies, était en réalité une poursuite des précédentes tentatives de renversement de Gbagbo, en 2002 -quand des rebelles franchissant la frontière du Burkina Faso ont occupé la partie nord du pays- et de nouveau en 2004.
 
Étant donné que les rebelles des Forces Nouvelles refusaient de déposer les armes depuis 2002 malgré l’accord de paix qui avait exigé leur désarmement, Gbagbo avait pour projet de libérer le nord des rebelles et de réunifier le pays. Il réussissait à désarmer les rebelles après deux jours seulement d’intervention militaire quand, le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoi 25 appartenant aux Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses ont bombardé le camp militaire français de Bouaké. L’attaque a causé la mort de neuf soldats français et d’un civil américain, et blessé quarante neuf soldats français. Accusant Gbagbo de l’incident, les français ont détruit toute la force aérienne du pays. Il s’en est suivi une autre tentative française de coup d’État qui n’a été stoppée que grâce au mouvement extraordinaire de résistance pacifique mené par le leader des jeunes Charles Blé Goudé, qui a appelé des millions de personnes à descendre dans les rues[iv]. Les forces françaises ont ouvert le feu sur les manifestants ivoiriens aux mains nues, faisant 67 morts et plus d’un millier de blessés, mais n’ont pas pu mener une intervention militaire à cause des foules qui protégeaient le Palais présidentiel.
 
Le 31 octobre 2017, l’avocat Jean Balan, qui représente 22 des familles des victimes françaises du bombardement de Bouaké survenu en 2004, a envoyé une lettre à l’Assemblée nationale française pour attirer l’attention sur ce qu’il considère, après treize ans d’enquête, comme une manipulation orchestrée par la France et qui demande une attention juridique immédiate. Balan a demandé à ce que l’Assemblée nationale française prenne des mesures, étant donné qu’il a le sentiment qu’il y a eu une grave entrave à la procédure, et que bien qu’ils aient établi que l’ancienne ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie avait menti sous serment, aucune autre mesure n’a été prise et l’affaire est toujours pendante, sans aucune date de procès en vue au Tribunal de grande instance de Paris.
 
La juge d’instruction Sabine Kheris a demandé que soient également renvoyés devant la Cour de Justice de la République Dominique de Villepin (alors ministre de l’Intérieur), Michèle Alliot-Marie (alors ministre de la Défense) et Michel Barnier (alors ministre des Affaires étrangères). Cette demande aussi est restée pendante jusqu’ici, treize ans après l’incident.
 
[i]Informations sur les élections de novembre 2010 http://www.resetdoc.org/story/laurent-gbagbo-and-the-right-to-difference/ et un film en deux parties sur les élections https://www.youtube.com/watch?v=xwDLCb2UkXE et https://www.youtube.com/watch?v=-_gvhoG0lu8
 
[ii] Du rôle de HRW dans ce procès https://nsnbc.me/2016/06/23/what-is-human-rights-watch-watching/
 
[iii]Thabo Mbeki parle du cas Gbagbo (commence 10 minutes après le démarrage de la vidéo) https://www.youtube.com/watch?v=ov2dx7Qpn5I&feature=youtu.be
 
[iv]https://discoversociety.org/2015/06/03/things-still-fall-apart-the-politics-of-memory-in-cote-divoire/
 
Translated from English by Maymouna KA
 
 
Surtitre de la Rédaction.
 
 
 
Version anglaise
 
From Bouaké to The Hague, justice denied
 
Nicoletta Fagiolo
3 décembre 2017
 
The Hague-based International Criminal Court (ICC), when it decides to open an investigation into grave human rights abuses writes up a situation report, which analyses the patterns of violence on the ground and identifies those most responsible for committing the crimes within a given crisis.
 
In the current Laurent Gbagbo and Charles Blé Goudé ICC case however a recently leaked French diplomatic document reveals that on the 11 April 2011, five months before the opening of an investigation, the ICC’s Prosecutor Luis Moreno Ocampo requested that Laurent Gbagbo, the President of the west African country Cote d’Ivoire, be kept imprisoned until a country refers the case to the ICC. Twenty high level French diplomats were copied on the e-mail sent by the Africa director of the French Ministry of Foreign Affairs Stephane Gompertz, and were thus aware of the political manoeuvring taking place to discard Laurent Gbagbo, a very popular President, from his country.
 
Cote d’Ivoire saw a five months post-election crisis which followed the 28 November 2010 election run-off[i] between the incumbent President Laurent Gbagbo, a historian, socialist and the founding father of the multi-party system in Côte d’Ivoire and Alassane Ouattara, who was Prime Minister under the dictatorial regime of Félix Houphouët-Boigny from 1990-1993 and then pursued a career in international diplomacy at the Central Bank of West African States and the International Monetary Fund.
 
To this day it is still not clear who won the elections, but Laurent Gbagbo at the time had been declared the winner by the country’s Constitutional Council and was officially sworn in as President. He had also asked for a recount of the votes, which the United Nations refused. President Jocob Zuma, who was mandated at the time by the African Union as part of a high level Panel of Experts to act as mediators in the Ivorian crisis, was claiming Gbagbo had won the elections. Why he subsequently did not push for a peaceful solution to the crisis remains a mystery. A military intervention by the UN and French Licorne forces, as well as Ouattara’s Forces Nouvelles rebels ousted Gbagbo on the 11 of April 2011 and arrested him.
 
Hours after Gbagbo’s arrest the incriminating French Foreign Ministry e-mail was sent. The subject of the e-mail is also revealing: an instruction to French diplomats that they should deny any French involvement in the dislodging operation.
 
Commenting on the ICC leaks international criminal law lawyer Joseph Bemba said on French radio RFI, “it's serious. If this is the case, it means that the ICC did not act strictly within the framework of the law, but followed political negotiations.” Canadian International criminal law lawyer Christopher Black commented: “of course this e-mail, if it is authentic, is explosive. It shows that Gbagbo's arrest was for political reasons, that the charges against him are thus fabricated, the defence team should demand a halt to the trial, call for Gbagbo’s immediate release and open an investigation into this criminality.”
 
Prosecutor Luis Moreno Ocampo confirmed to the German magazine Der Spiegel, part of the European Investigative Collaborations (EIC) network that revealed the ICC leaks, that his emails had been hacked.
 
Despite the confirmed authenticity of the email leaks no action has been taken by any NGO or UN organisation to denounce the grave breach of due process. Human Rights Watch, who even sent a witness to the ICC trial, also stated they had no comment to make[ii]. NGO Justice Monitor also said they had nothing to say, as they are only following the trial (although they have stopped writing briefs on this trial, with no explanation as to why the most high-level ICC trial is no longer monitored by them).
 
If the case was flawed from the beginning also the information collected by the ICC was misleading. In fact a ICC Registry report on Victims’ Representations dated 29 August 2011 by Silvana Arbia and Didier Preira stated they were not able to provide the Chamber with any assurances or even estimates regarding the representativeness of the information gathered during the exercise. For example no refugees - thousands of whom had fled the country after the military attack of Ouattara’s Force Nouvelles rebels - were included.
 
As for the crimes committed during the war by Ouattara’s Forces Nouvelles rebels such as the Duékoué massacre of 800 civilians in just one day on 29 March 2011, the worst incident of the crisis, exposed at the time by the International Committee of the Red Cross (ICRC), the ICC has not issued any arrest warrants against these perpetrators.
 
Who is Laurent Gbagbo? When Gbagbo became President in 2000, he had 30 years of nonviolent struggle behind him and had witnessed the achievement in 1990 of the first point of his program, a multi-party system. In 2008 when I was working on a documentary about African cartoonists on the frontline in the defence of freedom of expression, Résistants du 9ème Art (Rebels of the 9th Art), I also had some images of the Ivorian satirical magazine Gbich!. The deputy editor Mendozza Y Caramba, told me an anecdote: one day he received a phone call that announced the arrival of the President. Mendozza, whose comic strip was very critical of Gbagbo, Les Habits neufs du Président (“The President’s new clothes”) laughed, thinking at first that it was a joke. Instead Laurent Gbagbo arrived after 10 minutes at their office, praised their work, complimenting them, despite their biting satire against him. I was struck. I had already encountered a similar anecdote about another famous African president, Nelson Mandela, which I decided to use in the film. Mandela had called Jonathan Zapiro, who had been a cartoonist in the forefront of the anti-apartheid struggle and told him “great work, you’re doing your job” even if Zapiro, now that Nelson Mandela’s party, the African National Congress (ANC), was in power, attacked it fiercely with his cartoons. But I did not forget that Gbagbo had had the same spirit as Mandela.
 
South African President Thabo Mbeki, who was a mediator in the crisis in 2004 as well as 2010, wrote the article What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire, where he recalls how the United States ambassador in Abidjan, Wanda L. Nesbitt, had already warned her government in 2009 that without some basic requirements fulfilled – a territorial and fiscal reunification of the country, the return of the national administration to the north, and especially the total disarmament of the Forces Nouvelle rebels implanted in the north since 2002 – no democratic elections could be held. More recently Mbeki pointed out the illegal decision on the part of the ICC, which did not drop the case against Gbagbo although two judges out of three had in 2014 declared at the pre-trail stage that there was not sufficient incriminating evidence to begin a trial.[iii]
 
The European Investigative Collaborations (EIC) Court Secrets project published articles on an eventual honey trap dinner that Angelina Jolie wanted to organise in order to capture rebel Lord's Resistance Army Joseph Kony; Prosecutor Ocampo’s off shore accounts, most probably legal and as new Libyan client of his which has ties to General Khalīfa Haftar (whom all articles already define as a war criminal, thus breaching the presumption of innocence).  Ocampo’s efforts, after he left the ICC, to have President Uhuru Kenyatta case withdrawn for lack of evidence, is also reported by the EIC as a lack of integrity on the part of the former Prosecutor, yet the EIC journalists do not then go on to question the legality of Kenyatta’s arrest in the first place. The clear breach of due process on the part of the ICC in the on-going Gbagbo trial, which should according to some experts call for an immediate closure of the trial, was only reported by French investigative site Mediapart and not picked up by any of the other major European newspapers of the EIC network, leaving one to wonder why gossip is privileged over breaking news.
 
In October 2017 the ICC denied for the twelfth time an interim release to Gbagbo. Amnesty International (AI) denounced this as a violation of the presumption of innocence of the accused that has already spent seven years behind bars for his trial. Yet the illegality of his detention, following the evidence of a machination revealed for the first time by the ICC leaks, was downplayed by AI.
 
The April 2011 regime change in Cote d’Ivoire, heavily denounced at the time by Russia and India at the United Nations Security Council, was actually a continuation of previous attempts to reverse Gbagbo in 2002 - when rebels crossing the boarder from Burkina Faso occupied the northern part of the country- and again in 2004.
 
Since the Forces Nouvelles rebels had refused to disarm since 2002 despite the peace agreements that had called for their disarmament, Gbagbo planned to liberate the north from the rebels and reunify the country. He was successfully disarming the rebels after just two days of military intervention when on November 6, 2004, two Sukhoi 25 aircraft belonging to the Ivorian armed forces (FANCI) and piloted by Belarusian mercenaries bombarded the French military camp in Bouaké killing nine French soldiers, an American civilian, as well as injuring forty-nine French soldiers in the attack. The French, accusing Gbagbo of the incident, destroyed the country’s entire aviation force. What followed was another attempted French coup d’état stopped only due to the extraordinary non-violent resistance movement led by youth leader Charles Blé Goudé’s who called millions of people onto the streets[iv]. The French forces shot at Ivorian demonstrators à mains nues (unarmed), which saw the death of 67 people and injuring over one thousand, but could not intervene militarily due to the crowds of people protecting the Presidential residence.
 
On the 31 of October 2017 lawyer Jean Balan, who represents 22 of the families of the French victims of the 2004 Bouaké bombing incident, sent a letter to the French Parliament to raise attention on what he thinks, after thirteen years of investigations, was a French orchestrated manipulation that begs urgent legal attention. Balan asked that the French Parliament take action as he feels the proceedings were gravely hindered, and although they had established that former Defence Minister Michèle Alliot-Marie had lied under oath, no further action was taken and the case still remains pending, with no trial date in sight at the high court of Paris.
 
The examining magistrate Sabine Kheris has requested to also hear Dominique de Villepin (then Interior Minister), Michèle Alliot-Marie (then Defence Minister) and Michel Barnier  (then Foreign Affairs Minister) before the Court of Justice of the Republic. This is also pending to this day, thirteen years after the incident.
 
[i] Background on the November 2010 elections  http://www.resetdoc.org/story/laurent-gbagbo-and-the-right-to-difference/  and a two part film on the elections https://www.youtube.com/watch?v=xwDLCb2UkXE and https://www.youtube.com/watch?v=-_gvhoG0lu8
 
[ii] On HRW role in this trial https://nsnbc.me/2016/06/23/what-is-human-rights-watch-watching/
 
[iii] Thabo Mbeki  on Gbagbo case (after minute 10) https://www.youtube.com/watch?v=ov2dx7Qpn5I&feature=youtu.be
 
[iv] https://discoversociety.org/2015/06/03/things-still-fall-apart-the-politics-of-memory-in-cote-divoire/
 
 
Première version publiée le 30 November 2017 dans The Mercury and Cape Times, South Africa, https://www.pressreader.com/similar/281852938889305
 
 
 
 
 

 


Les audiences de l'année 2017 ont pris fin. Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devrait reprendre le 17 janvier 2018, avec l'audition du dernier témoin de l'accusation.
La faiblesse des témoignages produits par la Procureure Fatou Bensouda a porté à la Cour Pénale Internationale un grave coup auquel vient de s'ajouter - le 29 novembre 2017 - le suicide en pleine audience d'un accusé croate (de Bosnie), Slobodan Praljak, qui comparaissait dans le cadre du conflit en ex-Yougoslavie (1992-1995).
 
Ci-dessous, un extrait de l'article de Fanny Pigeaud dans Le Monde diplomatique de décembre 2017, p. 20.
 
LA COUR PENALE INTERNATIONALE DE NOUVEAU EN ECHEC
Débâcle de l'accusation contre M. Gbagbo
 
Le procès de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo devait sceller le triomphe du droit international sur la violence politique. Mais, révélant les carences d’une instruction à charge, les audiences mettent en lumière les responsabilités françaises dans le conflit et la puissance du réseau du président Alassane Ouattara.
 
LE 30 NOVEMBRE 2017, l’ancien président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo a entamé sa septième année de prison dans le quartier pénitentiaire de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye (Pays-Bas). Avant cette incarcération, il avait vécu près de huit mois enfermé, sans possibilité de voir la lumière du jour, dans le nord de son pays. Malgré la durée anormalement longue de cette détention provisoire, deux des trois magistrats de la CPI chargés de le juger refusent qu’il comparaisse libre.
 
Pourtant, tout indique que son procès, ouvert le 28 janvier 2016, se terminera par un cuisant échec pour le bureau de la procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, qui a instruit à charge ce dossier, présenté comme le plus important de la CPI depuis sa création, en 2002 (1) . La procédure a été émaillée de plusieurs incidents et les débats ont été souvent suspendus. Le juge-président de la chambre de première instance qui mène les audiences se retranche derrière un manque de moyens, mais le mal est plus profond.
 
M. Gbagbo est poursuivi pour avoir conçu un «plan commun» destiné à «conserver le pouvoir par tous les moyens, y compris par l’emploi de la force contre des civils», lors du conflit postélectoral de 2010-2011 qui l’a opposé à M. Alassane Dramane Ouattara, actuel président de la Côte d’Ivoire. L’accusation assure qu’il est responsable de la mort d’au moins 167 personnes lors de quatre événements : la répression d’une manifestation le 16 décembre 2010, celle d’une marche de femmes pro-Ouattara le 3 mars 2011, le bombardement d’un marché le 17 mars 2011, des violences commises le 12 avril 2011 au lendemain de l’arrestation de M. Gbagbo par les troupes de M. Ouattara, appuyées par l’armée française. Officiellement, cette crise politico-militaire a fait plus de trois mille morts (2).
 
Toutefois, aucun des quelque quatre-vingts témoins de l’accusation, dont l’audition doit s’achever en ce début de mois de décembre 2017, n’a apporté d’éléments probants sur l’existence d’un «plan commun» et sur la culpabilité de l’ancien chef d'Etat ivoirien, 72 ans, et de son coaccusé, M. Charles Blé Goudé, 45 ans, fondateur du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (Cojep) et ancien ministre de la jeunesse. Leurs propos ont été soit confus, soit contradictoires, et de nombreux témoignages ont tourné à l'avantage des accusés. Des généraux de l'armée ivoirienne de l'époque ont notamment expliqué que la manifestation du 16 décembre 2010 n'avait en fait rien de pacifique. Selon eux, des hommes armés agissant pour le compte de M. Ouattara s'y étaient infiltrés pour attaquer les Forces de défense et de sécurité (FDS).
 
(...) A la barre de la CPI, les officiers ont tous livré la même analyse : la crise postélectorale de 2010-2011 n'a été que le prolongement de la tentative de coup d'état de 2002 menée contre M. Gbagbo par la rébellion des Forces nouvelles de M. Guillaume Soro, un allié de M. Ouattara. On ne connaîtra pas la version des autorités militaires, diplomatiques et politiques françaises : aucun de leur représentant n'a été appelé à la barre. (...)
 
(1) Lire Francesca Maria Benvenuto, "Soupçons sur la Cour pénale internationale", Le Monde diplomatique, avril 2016.
(2) Lire Vladimir Cagnolari, "Croissance sans réconciliation en Côte d'Ivoire", Le Monde diplomatique, octobre 2015.
 
 
 

 


Dans un texte s'appuyant à la fois sur l'histoire de son pays et sur des données d'ordre juridique, le Président par intérim du Front Populaire Ivoirien, Abou Drahamane Sangaré, expose les raisons pour lesquelles l'arrêt des poursuites contre le Président Laurent Gbagbo est la seule solution s'imposant aujourd'hui à la CPI.
 
L’ARRÊT DES POURSUITES CONTRE LAURENT GBAGBO : SEULE ALTERNATIVE POUR LA CPI APRES LES REVELATIONS DE MEDIAPART SUR LE PROCUREUR OCAMPO

 

 

Selon Médiapart, une collusion politico-judiciaire indéniable s’est établie entre la diplomatie française et le Procureur de la CPI, dès le 11 avril 2011, relativement au sort du Président Laurent Gbagbo qui venait ce jour même d’être renversé et arrêté par les forces françaises suppléant les forces rebelles d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro. En effet, alors même qu’il n’existait pas à cette époque de mandat d’arrêt ni d’enquête à l’encontre du Président Laurent Gbagbo, le procureur de la CPI, Moreno Ocampo, va demander aux autorités françaises et à Alassane Ouattara de le garder prisonnier, ainsi que cela ressort du mail adressé par Stéphane Gompertz, responsable de la direction Afrique du ministère français des affaires étrangères, à plusieurs diplomates à l’Elysée et au Quai d’Orsay : « un collaborateur français du procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, vient de m’appeler. Le procureur souhaite que Ouattara ne relâche pas Gbagbo et qu’un Etat de la région renvoie l’affaire à la CPI au plus vite. Ocampo va essayer de joindre Ouattara ou un de ses proches ».
 
Ainsi, l’intervention directe du procureur dans le dossier Laurent Gbagbo démarre-t-elle, dans la précipitation, la collusion et en totale violation du statut de la CPI, laissant apparaître dès cette étape le parti-pris manifeste de celui-ci en faveur du camp Ouattara, lequel n’a jamais été inquiété à ce jour par la Haute Cour en dépit des nombreux crimes documentés depuis septembre 2002 et pendant la crise postélectorale. Par la suite, le transfèrement du Président Laurent Gbagbo, dans l’illégalité totale et dans la précipitation, de même que le déroulement des audiences à la Haye, tant au stade de la confirmation des charges que du procès en cours, révèlent aux yeux de l’opinion internationale une procédure judiciaire fortement biaisée, aux relents politiques de plus en plus apparents au fur et à mesure que l’audition des nombreux témoins à charge qui se succèdent au prétoire, confirme la vacuité du dossier « le procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo ».
 
Le mérite des révélations de Médiapart est de confirmer le fait que le procès du Président Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale Internationale n’est que le prolongement de la collusion politico-industrialo-militaire internationale conduite par la France qui l’a chassé du pouvoir et qui s’évertue par CPI interposée de l’éloigner durablement de la Côte d’Ivoire en vue de permettre à Alassane Ouattara de gouverner à sa guise.
Il convient pour mémoire de rappeler à grands traits la phase politico-militaire de ce vaste complot (première partie), afin de mieux démontrer que le procès en cours n’en est que la phase judiciaire logique (deuxième partie).
(...)
 
Table des matières :
 
PREMIERE PARTIE-LA PHASE POLITICO-MILITAIRE DU COMPLOT
1-LE COMPLOT DIPLOMATIQUE : MARCOUSSIS-KLEBER
2-LE COMPLOT ELECTORAL : DES ELECTIONS SANS DESARMEMENT
3-LE COMPLOT MILITARO-DIPLOMATIQUE : LA RESOLUTION 1975 DES NATIONS UNIES
 
DEUXIEME PARTIE- LA PHASE POLITICO-JUDICIAIRE DU COMPLOT
1ère étape - La collusion politico-judiciaire en dehors de toute procédure
2ème étape- la collusion politico-judiciaire au stade de l’engagement des poursuites
3ème étape- La collusion politico-judiciaire au stade de la confirmation des charges
4ème étape- La collusion politico-judiciaire au stade du procès
 
CONCLUSION
 
 
 
 
 
 
 
 

 


Parti Communiste Français

 
COMMUNIQUE DE PRESSE 

Emmanuel Macron veut-il réellement mettre un terme à la politique africaine de la France ?

Lors de son passage au Burkina Faso, le président Macron a tenu un discours qui ne change pas, invariablement quelle que soit la latitude. Il s'est fait VRP d'un modèle entrepreneurial, libéral, inégalitaire qui, depuis des décennies a démontré l'incapacité à répondre aux défis humains et environnementaux. Le continent africain en a fait la douloureuse expérience avec l'endettement, les politiques d'ajustement structurel, le démantèlement des services publics et le délitement des Etats au profit d'une économie de prédation utile aux transnationales. Considérer l'Afrique comme une start-up n'assure pas un avenir à une jeunesse en quête d'avenir, d'emplois, de progrès social et de paix. 

Les annonces de quelques aides sonnantes et trébuchantes sont le corollaire de l'offensive d'une diplomatie économique assumée. Paradoxe d'un président qui assure qu'il n'y aurait plus « de politique africaine de la France »...  Alors dans ce cas, des actes doivent suivre. Les occasions ne manquent pas. A commencer par la restitution des œuvres d'art à l'Afrique. Mais également à l'ouverture des archives comme l'exigent les parlementaires communistes. M. Macron promet que les « documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè qui aura accès à tous les documents sur l'affaire Sankara ». Cela constitue une avancée à la condition que toutes les archives soient ouvertes, c'est-à-dire les documents classés « confidentiel défense »,  bien sûr, mais également les documents de haut degré de classification, ceux que l'Etat n'ouvre jamais, classés « très secret défense ». 
Et, puisque M. Macron fait une halte à Abidjan, il aura l'occasion de parler des droits humains malmenés et de plaider pour la libération des très nombreux prisonniers politiques qui croupissent en prison en Côte d'Ivoire. Parmi ceux-là, il y a Assoa Adou, figure historique de la gauche ivoirienne, 72 ans, ancien syndicaliste et ancien ministre, et Samba David, dirigeant de la Coalition des indignés, embastillés en toute illégalité. 
Enfin, Emmanuel Macron passe par le Ghana, frontalier du Togo. Ce dernier pays est une dictature installée et soutenue par l'État français depuis 50 ans. Le peuple togolais multiplie les manifestations depuis le mois d'août pour réclamer le départ de la dynastie des Gnassingbé. Des conseillers militaires, du financement et du matériel français sont utilisés par les forces armées togolaises tenues pour responsables d'exactions. La vente au Togo d'hélicoptères français de type Gazelle est envisagée par le premier ministre, pour un contrat de 20 M€. Sous la précédente mandature, Jean-Marc Ayrault avait suspendu cette vente, de peur que le matériel soit utilisé contre des civils. M. Macron va-t-il mettre en œuvre son propre discours ou faire la démonstration que la France garde une politique africaine, celle visant au soutien explicite d'un régime autoritaire et corrompu pour préserver des intérêts dans le cadre d'une diplomatie économique aveugle ? 

Parti communiste français

Paris, le 29 novembre 2017​
 
 

ADRESSE DE LA DIASPORA AFRICAINE AU

5ème Sommet Union Africaine (UA) - Union Européenne (UE) à Abidjan (Côte d'Ivoire) des 29 et 30 novembre 2017

 

Au moment où est prévu pour se tenir le cinquième sommet UA-UE les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan,
 
Nous, Africaines et Africains de la Diaspora,
 
Signataires de la présente avons l’extrême obligeance et l’insigne honneur de nous adresser à vous à cette occasion, en raison de la gravité des situations auxquelles les Filles et Fils de l’Afrique font face du fait surtout des relations asymétriques entre les pays du Nord et ceux du Sud ET DE L’URGENCE DES DECISIONS A PRENDRE.
 
     Des rapports inégaux Nord-Sud
 
Chaque pays défend ses intérêts ; Les Occidentaux défendent leurs intérêts ; les Africains défendent les leurs. L’espace de la coopération UE-UA doit être celui de la réciprocité et du gagnant-gagnant, le seul qui peut répondre aux nouvelles tendances de la mondialisation. Il ne peut pas, il ne peut plus être question que les pays européens au moyen de leur puissance mettent les pays africains en coupe réglée. Il est venu le temps de traiter l’Afrique comme partenaire et sur un pied d’égalité.
 
     De la saignée financière de l’Afrique de l’espace francophone par le Franc FCA interposé
 
Le franc CFA imposé par la France à ses anciens pays colonisés est le puissant instrument de sujétion économique au profit des intérêts français. Beaucoup de chefs d’Etats africains n’osent pas aborder le sujet de peur de subir le triste sort de ceux qui les ont précédés. La monnaie qui est un enjeu économique et un instrument de souveraineté nationale ne peut pas, ne doit plus être aux mains d’une autre puissance mais plutôt aux mains des Africains eux-mêmes. L’UE et l’UA ne doivent pas assister passivement à l’asphyxie des économies africaines par la France qui continue de saigner financièrement l’espace francophone africain par la monnaie coloniale, le franc FCA interposé. Le temps est venu d’y mettre ensemble un terme.
 
     De la CPI comme instrument de soumission des leaders africains souverainistes
 
La CPI, point n’est besoin de le démontrer est un instrument aujourd’hui aux mains des puissances occidentales pour soumettre les dirigeants des petits pays et surtout les dissuader de l’option de souveraineté. Le procès actuel du Président Gbagbo et de son ministre Blé Goudé devant le CPI en est une preuve patente. Le Président Gbagbo qui a subi une guerre injuste amenée par la France au profit de Ouattara, est victime de son audace d’avoir voulu tenir tête à la France notamment. Un procès qui se poursuit avec une insuffisance flagrante de preuves et où les témoins peinent à convaincre de l’existence d’un plan commun contre les civils pro-Ouattara ; mais qui s’avère plutôt la mise en place d’une volonté manifeste de la France de sortir définitivement le Président Laurent Gbagbo du jeu politique ivoirien (Voir dernières révélations de Mediapart). Il faut tout remettre à plat en ce qui concerne la CPI et pour l’heure rendre leur liberté à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.
 
     De la crise migratoire comme conséquence des rapports asymétriques entre le Nord
     et le Sud
 
Dans des embarcations défiant toute imagination, des milliers et des milliers de ressortissants des pays du Sud et notamment d’Afrique perdent la vie dans la mer méditerranée dans l’indifférence de l’Europe qui se barricade. L’Europe sait pourtant que ces hommes et ces femmes fuient soit la dictature soit la misère ambiante de leur pays d’origine, souvent la conséquence des rapports tutélaires avec les pays de l’UE.
 
     Du drame que vivent nos frères en Libye
 
La Libye d’aujourd’hui, vidée d’elle-même par les pays de l’OTAN qui ont mis ses richesses en coupe réglée après avoir liquidé son guide suprême, est triste à voir. La principale responsabilité de cette dramatique situation incombe à l’Europe. L’indignation sélective ne saurait être admise. Après par exemple Charly Hebdo et le Bataclan, où nous avons vu des chefs d’État africains se déplacer pour aller manifester en France, des députés ivoiriens organiser une marche à Abidjan, l’inaction et l’indifférence de l’Europe ne peuvent plus être tolérées. Non à l’esclavagisme des temps modernes si vivace aujourd’hui en Libye.
 
          Honorables chefs d’Etats et de gouvernement réunis en sommet,
 
La liste des maux que traversent nos pays dans l’indifférence générale ne saurait être exhaustive. Elle suffit cependant pour appeler votre attention sur l’urgence de vos engagements pour réparer les injustices que l’Afrique et d’illustres Africains continuent de subir. Les Africains n’ont pas besoin qu’on pense à leur place. Les Africains connaissent leurs problèmes et en ont les solutions. Pourvu qu’on respecte leur personnalité et leur souveraineté.
 
     C’est en conséquence de tout ce qui précède que par la présente Adresse,
 
     Nous appelons votre aimable attention sur l’urgence des décisions à prendre pour redonner confiance aux Africains dans leurs rapports avec l’Europe. Il s’agit entre autres des mesures urgentes suivantes :
 
  • La renégociation des rapports UE-UA sur la base d’une coopération gagnant-gagnant ;
  • La fin du Franc CFA pour une ou de nouvelles monnaies africaines affranchies de la mainmise occidentale, française notamment ;
  • La liberté pour Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé ;
  • La liberté pour les prisonniers politiques Ivoiriens ;
  • Le retour sécurisé des exilés ivoiriens.
     Fait à Paris le 27 novembre 2017
 
 
Les Signataires sont des économistes ; des médecins ; des spécialistes du droit ; des psychologues ; des hommes et femmes de lettres et de la culture ; des ingénieurs ; des chimistes ; des physiciens ; des historiens et sociologues ;…
 
Raymond Ahivi (Togo, Plateforme panafricaine en France) ; Ardiouma Sirima (Ligue des Droits de l'Homme Burkina Faso en France) ; Professeur Raymond Koudou Kessié (Côte d'Ivoire, ex-Ambassadeur en exil au Royaume Uni) ; Docteur Ahoua Don Mello (Côte d'Ivoire, ex-Ministre en exil) ; Professeur Balan Facho (Tchad, en exil en France) ; Justin Koné Katinan (ex-Ministre, en exil au Ghana) ; Zadi Zokohi (Côte d'Ivoire, Enseignant en exil au Maroc) ; Didier Ouédraogo (Ligue des Droits de L'Homme, Burkina Faso en France) ; Professeur Pascal Kokora (Côte d'Ivoire, ex-Ambassadeur aux USA)  ; Docteur Claude Koudou (Côte d'Ivoire, ONG Convergences pour la Paix et le Développement de l'Afrique, Enseignant en France) ; Richard Inago (Côte d'Ivoire, Effort humanitaire, en France) ; Clotilde Ohouochi (Côte d'Ivoire, ex-Ministre en exil en France) ; Demba Traoré (Côte d'Ivoire, ex-Directeur général du VITIB, en exil aux USA) ; Docteur Nicolas Agbohou (Côte d'Ivoire, Enseignant en France) ; Professeur Balou Bi Toto Jérôme (Côte d'Ivoire, ex-Secrétaire général de l'Université d'Abidjan, en exil en France) ; Célestine Dabah (Halte aux Génocide, en France) ; Docteur Raphaël Dagbo (Côte d'Ivoire, Association des Amis de Laurent Gbagbo, Enseignant en France) ; Klah Popo (Côte d'Ivoire, Consultant en économie solidaire, en Guadeloupe) ; Docteur Gervais Boga Sako (Côte d'Ivoire, Fondation ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique, en exil en Italie) ; Tano Félix(Côte d’Ivoire, Professeur agrégé de droit, ancien Membre du Conseil constitutionnel en exil au Ghana) ; Thomas N’guessan Yao (Côte d’Ivoire, ex-Ministre en exil au Ghana) ; Professeur Jacques Lorou (Côte d’Ivoire, Enseignant aux USA) ; Komlan Rigobert (Bénin, Ingénieur en France) ; Eric Edi (Côte d’Ivoire, Comité d’action pour la Côte d’Ivoire aux USA) ; Docteur Lazare Koffi Koffi (ex-Ministre, en exil au Ghana) ; Maître Téti Gervais (Côte d'Ivoire, Avocat en France) ; Docteur Issa Coulibaly Malick (ex-Ministre, en exil au Bénin) ; Docteur Hervé Zogoé Abié (Côte d'Ivoire, ex-Ambassadeur, en exil en Afrique du Sud) ; Emile Guiriéoulou (ex-Ministre, en exil au Ghana) ; Théophile Kouamouo (Ivoiro-Camerounais, Journaliste en exil en France) ; PHD Papé Marc Adoux (Côte d'Ivoire, Enseignant aux USA) ; Nestor Koffi (Côte d'Ivoire, Membre du Bureau politique du PDCI) ; Paul Ngassa (Cameroun, Enseignant en France) ; Docteur Jean-Claude Djéréké (Côte d'Ivoire, en exil aux USA) ; Maître Habiba Touré (Côte d'Ivoire, Avocat en France) ; Darnasse Benace (Bénin, en France) ; Jean-Hilaire Yapi (Côte d’Ivoire, Congrès ivoirien du Canada) ; Sidi Tidiane Gueye (Sénégal, Fédération des Travailleurs africains en France). Issopha Isangou (Cameroun, Ingénieur commercial chargé de projet événementiel en France).
 
 
 
 
Ambassade de Côte d’Ivoire en France ;
Parlement européen ;
Commission de l’Union européenne ;
Commission de l’Union africaine ;
Elysée ;
Comité de pilotage du Sommet UA-UE.
 
 
 
 

 

 

 

 


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