Une organisation de défense des droits de l'Homme réclame

une enquête indépendante "sur les dérives de la CPI"

 

 

 

 

 

 
L'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 
regroupe des personnes de toutes origines et sensibilités
souhaitant faire connaître la personnalité et l'oeuvre de Laurent GBAGBO
 

 

L'onde de choc qui a fait suite au dénouement violent de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire et le transfèrement tout aussi inattendu du Président Laurent GBAGBO à la Haye ont suscité une vague d'émotion qui s'est exprimée à travers de vives protestations en Côte d'Ivoire, en Afrique et quasiment partout dans le monde. Cela a donné lieu à des initiatives nombreuses et variées d'amis et d'associations patriotiques ou panafricaines.

Tous ceux qui se reconnaissent dans les idées et l'action de Laurent GBAGBO se sont organisés pour réclamer sa mise en liberté. Scandalisés par l'image sordide et volontairement haineuse véhiculée à son encontre, mais aussi par la négation éhontée et caricaturale des efforts inlassables qu'il a déployés pour maintenir la paix dans son pays dix années durant, ils ont décidé de mutualiser leur volonté d'agir pour faire découvrir ou redécouvrir l'homme, l'intellectuel et le dirigeant politique.

Cette volonté a donné naissance à l'Association des amis de Laurent GBAGBO. Elle se propose de sensibiliser l'opinion publique partout dans le monde sur le caractère injuste et infamant des accusations portées contre sa personne et de rétablir la réalité des faits sur son oeuvre, mais aussi sur son rôle, pour aboutir à sa réhabilitation par-delà sa libération.

Un examen, même rapide, de son action politique montre que rien n'a jamais été assez cher pour Laurent GBAGBO lorsqu'il s'est agi de faire triompher par la voie démocratique le respect de la pluralité des opinions dans son pays. De la même façon, rien n'a été trop cher à cet humaniste de conviction quand il s'est agi d'associer les Ivoiriens de toutes origines à la construction d'un destin national commun. Visionnaire dans une Afrique qu'il souhaite ne plus être, pour le monde, une simple variable d'ajustement politique et économique, il a proposé une intense coopération à l'échelle du continent pour intégrer les économies et accélérer l'émergence d'une identité africaine qui manque aujourd'hui.

L'Association, par la voix de son bureau, de son comité d'honneur et de l'ensemble de ses adhérents, agit pour que soit rétablie la vérité sur la personnalité et sur l'oeuvre de Laurent GBAGBO, fort éloignée de l'image qu'on a désespérément tenté d'imposer.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la place de Laurent GBAGBO n'est pas à la Cour Pénale Internationale. Le maintenir en détention comme c'est actuellement le cas demeure le plus sûr moyen de faire obstacle à la réconciliation en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut en effet se construire que sur la confiance mutuelle.

Laurent GBAGBO est sans doute la chance de la Côte d'Ivoire actuelle, mais aussi de l'Afrique. Pourquoi ? Parce qu'à l'évidence il semble être le seul anticonformiste qui croit à un apport typiquement africain dans ce monde qui s'interroge sur son futur.

Dès lors, atteindre nos objectifs, à savoir sa libération et sa réhabilitation, contribuera à défendre les idéaux de dignité humaine et de vérité.

 

Raphaël DAGBO
Président de l'Association des amis de Laurent GBAGBO

 

 
 

Adhérer à l'Association des Amis de Laurent Gbagbo

 
 
 
Dans la continuité de la conférence de presse qu'il avait tenue le 6 février 2018 sur les Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire, Michel Larive, député de La France Insoumise (Ariège), a interpellé le 27 mars le Gouvernement sur sa position concernant la situation politique en Côte d'Ivoire, dans le cadre des sujets ayant trait à la politique extérieure de la France.
 
Question écrite n° 6910 publiée dans le Journal Officiel [Débats parlementaires, Questions-Réponses] du 27 mars 2018, p. 2492 :
 
Politique extérieure
Situation politique en Côte d'Ivoire
 
6910. - 27 mars 2018. - M. Michel Larive attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation politique ivoirienne. La situation en Côte d’Ivoire, d’où il revient, est marquée depuis 2011 par une fracture de la société entre les vainqueurs et les vaincus, avec toutes les atteintes au respect des droits de l’Homme qu’elle a engendré. Selon les témoignages qu’il a recueillis, les opposants à M. Ouattara et leurs familles sont persécutés. Six ans après le changement de régime, près de 200 prisonniers politiques sont détenus dans des conditions avilissantes. Ils sont incarcérés dans une promiscuité insupportable. Plus de la moitié d’entre eux sont détenus, sans jugement. Selon ces témoignages, tortures et mauvais traitements sont monnaie courante dans les geôles de la Dst. En découlent des conséquences dramatiques : aux maladies s’ajoutent les morts, 7 en prison et 5 juste après des « libérations » précipitées. Ces faits lui ont été rapportés par les femmes et les enfants de prisonniers. C’est ainsi que la famille de l’ancien Président Laurent Gbagbo est régulièrement persécutée. Son épouse, très affaiblie, a été condamnée à une lourde peine de prison par une justice aux ordres. Son fils, Michel Gbagbo, a subi une pénible peine de prison à cause de son seul patronyme. Il est né à Lyon, il est donc ressortissant français. Mais il ne peut pas revenir en France, pour répondre à la convocation de juges français, parce que le gouvernement ivoirien lui interdit de quitter la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo en est à sa septième année de détention. 82 témoins présentés par l’accusation n’ont pas suffi à certifier les charges qui pesaient contre lui. Les magistrats de la Cour pénale internationale ont enjoint au procureur d’abandonner ou de requalifier les charges contre l’ancien président ivoirien. La France est un partenaire privilégié de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il voudrait connaître la position du Gouvernement sur la situation politique et sociale ivoirienne, et sur la cohérence de l’incarcération de M. Gbagbo, au regard de la faiblesse des charges reconnues contre lui.
 
 

Côte d'Ivoire : Ouattara réprime et verrouille
 
Déclaration  de la Commission Afrique du Parti de Gauche
 
La coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), avait appelé à une manifestation pacifique pour demander la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) ; les autorités l’ont dispersée violemment. Plus de 40 personnes, dont Jean Gervais Tcheidé, vice-président du Front patriotique ivoirien (FPI, opposition) et Oula Anselme du même parti, ont été arrêtées. Dans la soirée, une partie des manifestants a été libérée, cependant 18 personnes demeurent encore en détention. La manifestation n’avait pas été autorisée, nonobstant les discussions entre l’opposition et les autorités pour décider de son itinéraire. Ce n’est que la veille, assez tard dans la soirée, que l’interdiction a été communiquée.
 
C’est la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) qui est dans le collimateur des opposants à Alassane Ouattara et il n’existe plus de consensus autour de la formation de cette instance déséquilibrée. Sur les dix-sept personnes qui composent cette instance, quatre représentent des membres du gouvernement – dont le président de la République – et quatre autres le parti au pouvoir. Et comme les quatre membres supposés représenter l’opposition ne sont pas reconnus par elle, les autorités emportent mécaniquement la majorité. Ouattara  a une volonté manifeste de tout verrouiller. Cette commission est tout entière au service de l’exécutif. Aucune élection juste et crédible ne peut se tenir dans ces conditions.
 
Ajoutons à cela le fait que président de la CEI, Youssouf Bakayoko, en place depuis plus de six ans alors que la loi l’interdit formellement est celui qui est à la base de la crise de 2010 en ayant annoncé les résultats proclamant Ouattara vainqueur de la présidentielle depuis son QG et hors du temps imparti à la commission électorale.
 
Les pressions internationales se sont pourtant intensifiées depuis la dernière élection présidentielle en 2015. Dans un arrêt daté du 18 novembre 2016, la Cour africaine des droits de l’Homme a ainsi estimé que « l’organe électoral ivoirien ne présente pas les garanties d’indépendance et d’impartialité ». Récemment, les représentants de plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne, la Belgique et les États-Unis, ont fait part de leur préoccupation. Mais rien n’y fait.
 
Ces manœuvres visant à mettre sous contrôle du régime le processus électoral, sont-elles les préparatifs d’une future présidentielle truquée ou d’un troisième mandat  illégal ?
 
Dans l’immédiat, l’élection de sénateurs ressemble à une pantomime dénuée de sens, sauf à considérer l’intérêt qu’a Ouattara à fidéliser sa clientèle en créant ce Sénat inutile et budgétivore.  Un tiers des sénateurs est en effet choisi directement par le président, les deux autres tiers par un collège de grands électeurs, acquis à la coalition au pouvoir. Le résultat de l’élection n’est donc pas surprenant : la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) remporte 50 des 66 sièges en jeu aux premières sénatoriales de Côte d’Ivoire, en l’absence de l’opposition qui boycottait le scrutin. Cependant, la surprise est venue de Bouaké, fief de la rébellion qui soutenait Ouattara, et de Yamoussoukro, la capitale administrative, patrie de l’ancien président Félix Houphouët-Boigny dont le RHDP se réclame. Dans les deux cas hautement symboliques, le RHDP y a été battu par la liste des indépendants, les ADOrateurs de la première heure sont aussi les premiers à lui signifier son inanité.
 
Le Parti de Gauche dénonce les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution ivoirienne, car elles montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente.
Le Parti de Gauche soutient le peuple ivoirien dans sa volonté de défendre la démocratie contre un régime qui révèle au grand jour sa vraie nature.
 
Le Parti de Gauche proteste contre le maintien en détention des 18 personnes arrêtées le 22 mars, pour avoir simplement participé à une manifestation pacifique et exige leur libération.
 
Pierre Boutry
 
 

 


La Côte d'Ivoire doit redevenir un Etat démocratique
 
La Côte d’Ivoire continue de connaître des reculs démocratiques inquiétants. C’est par centaines que se comptent les personnes disparues ou emprisonnées pour des raisons politiques pour la plupart d’entre elles sans jugement. D’autres sont condamnées à l’issue de procès confinant au grotesque. Et pour celles et ceux qui peuvent sortir des geôles, le lot commun est souvent la liberté conditionnelle sous la menace d’un retour en prison à la moindre expression oppositionnelle. Pire, les comptes de nombreux opposants sont par ailleurs bloqués sans aucune raison valable, tentant de les réduire ainsi à l’indigence. Les atteintes contre la liberté de la presse sont monnaie courante. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens sont contraints à l’exil.

Plus grave encore, pour conforter son régime autoritaire quasi-féodal et soumis aux multinationales, le chef de l’Etat Alassane Ouattara met en place un Sénat avec des candidatures décidées à l’avance. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, un tiers des membres est désigné par le Président de la République !
 
Quant à la Commission électorale indépendante (CEI - organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, qui n’est indépendante que de nom), la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a rendu le 18 novembre 2016, un arrêt qui remet en cause sa légalité.
 
Sur la base de ces éléments, l’opposition ivoirienne, réunie dans la plateforme politique « Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté » (EDS) et ses partenaires, a manifesté à plusieurs reprises au mois de mars en vue d’interpeller les autorités ivoiriennes sur la nécessité d'ouvrir des discussions politiques avec elle et la société civile.

Le 22 mars 2018 environ 50 personnes qui s’apprêtaient à manifester dans ce cadre ont été arrêtées avec une grande brutalité, dont 18 sont toujours en détention. Amnesty International estime à ce sujet que « les restrictions systématiques au droit à la manifestation pacifique, droit garanti par la constitution, montrent la détermination des autorités à réduire au silence toute voix dissidente ». 

Le PCF partage ce point de vue tout en pointant l’urgence à libérer ces personnes, tout comme l’ensemble des autres prisonniers politiques. Il exige d’arrêter d’utiliser le mécanisme de la liberté conditionnelle comme d’un outil contre la liberté d’expression et de cesser les intimations contre les journalistes. 
La Côte d’Ivoire doit redevenir un Etat de droit, condition primordiale pour que les milliers d’Ivoiriens en exil puissent revenir.

Parti communiste français
26 mars 2018
 
Source : PCF, 27 mars 2018

 


Au lendemain de la répression violente de la marche organisée le 22 mars à Abidjan à l'appel de l'EDS (Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté), celle-ci a convié les journalistes ainsi que ses partenaires politiques à une Conférence de presse pour tirer le bilan et réaffirmer les objectifs de l'action.
 
(Source photo : APA)
 
Déclaration du Pr Georges Armand Ouegnin, président de EDS, le 23 mars 2018
 
« Le samedi 17 mars 2018, à l’appel de la Plateforme politique Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), de ses partenaires l’URD de Mme Danièle BONI CLAVERIE et le MFA de M. Innocent ANAKY KOBENAN, nombreux ont été les combattants de la liberté et les démocrates de tous bords qui ont pris activement part au grand rassemblement à la Place CP1 de Yopougon, où nous avons crié notre indignation et notre ferme opposition à l’organisation de quelque élection que ce soit, par la Commission actuelle en charge des élections, devenue illégale et illégitime, au regard de l’arrêt de la Cour Africaine des droits de l’Homme et des peuples rendu le 18 novembre 2016 à Arusha, siège de cette institution judiciaire de l’Union Africaine.

Depuis l’annonce des élections sénatoriales et locales à travers le communiqué du Conseil des ministres du 14 février 2018, la plateforme politique Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) et ses partenaires n’ont eu de cesse d’interpeller les autorités actuelles sur la nécessité d’ouvrir des discussions politiques inclusives, avec l’opposition et la société civile en vue de doter notre pays d’un organe électoral consensuel impartial, crédible et véritablement indépendant.
 
C’est pour amplifier cette interpellation que nous avons lancé, à l’issue du meeting du 17 mars dernier, un mot d’ordre pour une marche pacifique, expression de la démocratie, pour le jeudi 22 mars 2018 dès 7 heures à partir de la Place des martyrs à Adjamé jusqu’à la Place de la République, au Plateau.
 
Pour ce faire nous avons, par courrier en date du lundi 19 mars 2018, informé les autorités préfectorales et policières.

Lesdits courriers ont été déchargés ce même lundi 19 mars au service courrier de la Préfecture d’Abidjan sous le numéro 395 ainsi qu’à la préfecture de police.
 
Par un appel téléphonique ce lundi 19 mars, la préfecture d’Abidjan nous a invité à une séance de travail dans les locaux de cette institution, le mardi 20 mars 2018 à 11heures avant de reporter, au cours de la même journée la réunion à 16 heures.

Nous y avons mandaté une délégation conduite par le directeur de cabinet et porte parole de EDS Monsieur Tcheidé Jean Gervais, aujourd’hui interpellé et comprenant Messieurs MPONON Etienne et Maurice LOROUGNON.
 
Après plus de 2 heures de discussion soit de 16h00 à 18h30, avec Mme la Secrétaire Générale de la Préfecture d’Abidjan, et Monsieur le Préfet de Police, la réunion a été à nouveau reportée au mercredi 21 mars 2018.
Cette séance de travail a duré 3 heures de temps soit de 11 heures à 14 heures sans que les deux parties ne parviennent à s’accorder sur le parcours de la marche et surtout le lieu de rassemblement. La volonté des autorités préfectorales et policières étant de nous voir organiser un rassemblement, meeting dans un autre lieu.
C’est alors que la Secrétaire Générale de la Préfecture qui présidait la séance a mis un terme à la réunion en demandant à la délégation d’EDS de rester à l’écoute et que les discussions se poursuivraient.

Comment, dans ces conditions peut-on accorder du crédit aux déclarations du porte parole du Gouvernement qui, au sortir du Conseil des ministres du mercredi 21 mars a affirmé, que « le Gouvernement n’a pas été informé de la marche projetée par EDS » ?

Ce même mercredi 21 mars, par un appel téléphonique à 17 heures, la Secrétaire Générale de la Préfecture d’ Abidjan a invité la délégation d’EDS à une autre séance de travail à 18heures dans ses locaux.

Ladite délégation n’a été reçue qu’à 18 heures 30 minutes pour se voir remettre, à son grand étonnement, copie de l’arrêté N° 21/PA/ CAB portant « interdiction de la marche projetée par la Plate forme politique dénommée Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), le 22 mars 2018 de la Place des Martyrs à la Place de la République ».
 
La remise de ce document qui n’a pu jouir d’un caractère de publicité et qui s’est faite en dehors des heures ouvrables, ne peut produire, de toute évidence, les effets escomptés en droit, dans la mesure où un arrêté, pour être applicable, doit avoir été publié par affichage dans les lieux destinés à cet effet, nonobstant toute notification à un destinataire comme la Direction de EDS.

Surtout qu’il porte sur l’interdiction d’une activité démocratique à laquelle devraient participer, dès le lendemain à 7 heures, les nombreux militants d’EDS éparpillés sur le territoire du district d’Abidjan et dans les départements qui constituent la ceinture d’Abidjan.
 
Vous conviendrez avec nous, mesdames et messieurs, que les autorités préfectorales et policières, ont usé du dilatoire pour tenter de décourager les organisateurs de la manifestation.
 
En tout état de cause, la marche qui avait un caractère pacifique et qui est aussi l’expression d’un moyen démocratique, pour demander dialogue constructif et inclusif en vue de s’accorder sur le mode de participation de tous les citoyens, au travers d’un scrutin démocratique, à la vie publique , ne pouvait revêtir ni un caractère belliqueux ni constituer un quelconque trouble à l’ordre public, comme tente de faire croire les autorités.
 
La marche du 22 mars 2018 n’ a pu se tenir, vu que les manifestants qui se dirigeaient tôt le matin vers la place des Martyrs, lieu de départ de la manifestation ont été violemment dispersés et réprimés par la police en toute illégalité.

Il a été enregistré, paradoxalement, 02 blessés à l’arme blanche, à moins que le Gouvernement veuille nous apprendre que notre police nationale porte désormais des armes blanches pour le maintien de l’ordre.
De nombreuses arrestations, environ 50 personnes arrêtées ont été aussi effectuées en toute illégalité.
 
Cette situation déplorable et condamnable aurait pu être évitée si le Gouvernement avait agi dans un cadre légal et légitime, c’est-à-dire s’il avait procédé à la réglementation et à l’encadrement de cette manifestation, comme l’impose le régime de déclaration ou d’information en vigueur dans notre pays.
 
Le Gouvernement, au regard des dispositions de la Constitution, n’avait donc pas à interdire une manifestation démocratique, mais à la réglementer, sauf dans le cas d’une situation exceptionnelle dont la proclamation obéit à des procédures prescrites par notre Constitution. Ce qui n’était pas le cas.
 
L’arrêté N° 21/PA/CAB du 21 mars 2018, pour n’avoir pas respecté les conditions de publicité requises est donc nul et de nul effet.

En outre, au regard des circonstances de sa remise tardive et indue à la délégation de EDS, effectuée dans la nuit, aux environs de 18 h 30, alors que la manifestation devrait se tenir le matin à partir de 07 h, il est évident qu’il ne pouvait raisonnablement produire les effets escomptés.
 
Mais ce n’est pas la première fois que nous nous trouvons devant des actes illégaux auxquels le pouvoir est coutumier et qui montre bien sa nature dictatoriale.
 
Mesdames et messieurs,

Ce qui s’est passé le jeudi 22 mars 2018 et que le gouvernement tente de justifier, montre bien aux yeux de l’opinion nationale et internationale que la Côte d’Ivoire, sous le régime actuel est véritablement un Etat de non-droit.

Mais, ce ne sont pas ces manœuvres qui amèneront le vaillant peuple de Côte d’Ivoire, les organisations politiques et les forces sociales à renoncer à leurs droits et leur profonde aspiration aux valeurs de liberté et de démocratie, de justice et de paix.
 
Aussi EDS entend maintenir son mot d’ordre jusqu’à l’obtention par le dialogue et la négociation, la réforme de la CEI pour des élections justes et transparentes en Côte d’Ivoire, gage d’une alternance démocratique et pacifique, préalable au développement et à l’avenir lumineux et radieux de notre pays.
 
A ce stade de mon propos, je voudrais très sincèrement remercier tous les militants et tous nos partenaires pour leur grande mobilisation.

Je voudrais féliciter toutes les forces du changement, les combattants de la liberté et les démocrates de tous bords, pour leur détermination et leur engagement en faveur d’une Côte d’Ivoire de paix, une Côte d’Ivoire démocratique et réconciliée pour le bonheur de tous ses enfants sans exclusive.
 
J’associe à ces remerciements les membres des partis politiques fréres, en particulier certains militants du PDCI-RDA, les mouvements Houphouetistes, certains militants du RDR, toutes les organisations de la société civile qui nous ont soutenus et accompagnés.

Mes remerciements vont aussi et surtout à tous les journalistes de la presse nationale et internationale, tous les hommes et femmes des médias qui ne ménagent aucun effort pour nous accompagner dans cette noble bataille dont l’issue ne nous sera que favorable, parce que, nous en sommes certains, la vérité est forcement du côté des forces du changement que constituent EDS et ses partenaires.

Je demande donc à tous et à toutes de demeurer à l’écoute des mots d’ordre à venir dans les tout prochains jours.
 
Dans l’intérêt supérieur de notre pays, nous n’abandonnerons pas, nous irons jusqu’au bout, nous obtiendrons du pouvoir le Dialogue politique que nous réclamons pour une réforme consensuelle de la CEI, pour des élections transparentes, régulières, juste gage d’une alternance démocratique et pacifique.

Aucun sacrifice n’est assez grand pour la Réconciliation et la Paix dans notre Cote d’Ivoire bien aimée, notre patrimoine commun.
 
Que Dieu qui est amour, justice et vérité, nous y aide et bénisse la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.
 
Pr Georges-Armand Ouegnin
Président de la coalition EDS »
 
(Source de la transcription : presse)
 
 

 


Après la violente répression de la marche du 22 mars 2018 organisée par EDS (Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté) à Abidjan
 

Comme la critique est aisée et l’art difficile !

 
Pendant la campagne pour les présidentielles en 2010, l’un des slogans de l’opposition d’alors était la promesse faite aux ivoiriens « d’une bonne gouvernance ». Cela laissait supposer que le régime du Président Laurent GBAGBO au pouvoir ignorait ou méprisait les principes de ce mode de gestion de l’Etat. Il nous semble que ce qui caractérise l’humain, c’est la capacité qu’il a de s’exprimer pour signifier son approbation ou non lorsqu’il est face à une situation. Lui reconnaître cela, c’est reconnaître dans le même temps son appartenance à la communauté humaine. C’est pour cela, nous semble-t-il, que l’un des principes fondamentaux de la démocratie est la liberté d’expression. La bonne gouvernance d’une communauté humaine, quelle qu’elle soit, ne peut donc pas faire l’impasse sur ce constituant essentiel. Le Président Laurent GBAGBO qui en avait fait un comportement a garanti aux Ivoiriens la liberté d’expression quelle qu’en soit la forme. Le 22 mars 2018, le régime en place dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui a montré une fois de plus par la répression féroce d’une simple manifestation de l’opposition qu’il n’était pas capable de traduire dans les faits sa critique du non-respect des principes démocratiques. Comme la critique est aisée et l’art difficile !
 
C’est le lieu de nous joindre ici à l’écrivain malien Seydou BADIAN qui disait dans son roman Sous l’Orage, et nous le citons de mémoire : un chef qui n’a que la force pour se faire respecter est comme un tronc d’arbre qui barre le chemin. Les passants le contournent jusqu’à ce qu’un jour, fatigués de faire le détour, ils arrivent en grand nombre pour le dégager de leur passage.
 
Tout notre soutien aux Ivoiriens qui ont compris que leur liberté dépend d’abord et avant tout d’eux et d’eux seuls.
 
Raphaël DAGBO
Président de l'Association des Amis de Laurent GBAGBO
 

 

 


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